Les élites n'ont pas pardonné aux banques

La cote de confiance accordée aux institutions financières par les "leaders d'opinion" a encore plongé en 2010, aussi bien en France qu'aux Etats-Unis, selon le dernier baromètre Trust Edelman. La politique en revanche profite de la crise et devient même une valeur refuge.
Sara Sampaio

Si les banques sont de longue date familiarisées avec la défiance des classes moyennes et populaires à leur égard, elles devront en revanche s'habituer à ne pas être en odeur de sainteté auprès des décideurs et des hauts revenus, après la crise financière qui a secoué la planète.

Selon le baromètre de la société Edelman communiqué ce jeudi, les leaders d'opinion (*) continuent d'exprimer leur défiance vis-à-vis des institutions financières : la cote de confiance de ces dernières a ainsi reculé de 39 points aux Etats-Unis en trois ans (68% en 2007 ; 29% en 2010) et de 16 points sur la même période en France (41% en 2007 ; 21% en 2010).

Ces décideurs craignent de plus,  à 68% d'entre eux, que les entreprises reviennent à leurs vieilles habitudes, le fameux business as usual ; ce chiffre est plus marqué encore en France (74%).

A ce titre, l'intervention de Nicolas Sarkozy hier mercredi, dans son discours au forum économique de Davos, est emblématique. La finance a oublié qu'elle "devait être au service de l'économie", a rappelé Nicolas Sarkozy. "Des banques ne faisaient plus leur métier", a-t-il estimé, remettant en cause les rémunérations des banquiers en général, "sans rapport avec le mérite".

La politique, "valeur refuge"

Inversement, la politique redore son blason, devenant une "valeur refuge". Sa cote de confiance gagne 9 points en France en 2009 par rapport en 2008. Aux Etats-Unis, pays pourtant peu friand de l'interventionnisme d'Etat, elle gagne 16 points - l'effet Obama jouant à plein.

La confiance accordée aux entreprises marquent elle aussi une (légère) embellie en 2009 par rapport à 2008, de 4 points au niveau mondial, soit 54% des 4.875 leaders d'opinion interrogés.

Ces leaders sont par ailleurs de plus en plus nombreux à citer la transparence, les pratiques responsables en ressources humaines et l'attitude citoyenne comme les facteurs qui construisent la réputation d'une entreprise.

Les entreprises "qui démontrent leur capacité à travailler en synergie avec les gouvernements ou les ONG en tirent en général un réel bonus en termes d'image et de réputation", affirme Antoine Harary, directeur de StratégyOne, la filale d'Eldelman qui a mené l'étude. Reste à voir s'il s'agit d'un effet de mode ou d'une tendance de fond.

 

(*) L'étude Edelman définit les leaders d'opinion comme des personnes diplômées, disposant de hauts revenus et marquant un intérêt fort pour la vie des entreprises et la politique.

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Commentaires 3
à écrit le 29/01/2010 à 14:42
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A Wall street 60% des actions sont détenues par 4 ou 5 banques !! Imaginez le pouvoir qu'elles puissent tirer !!!! Ruiner n'importe quelle multinationale, n'importe quel secteur et n'importe quel pays quand ils le veulent. Une idée persistante ...

à écrit le 28/01/2010 à 20:14
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Démagogie, quand tu nous tiens... C'est la -politique- budgétaire américaine qui a poussé les banques dans cette direction, l'emprunt, le gonflement de la masse monétaire. C'est Clinton qui a demandé aux banques de prêter aux pauvres (les subprimes);...

à écrit le 28/01/2010 à 15:19
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"Les banques ...", "les institutions financières ...", "la finance ..." mais nous parlons de qui ? Elles englobent des gens et des faits si variés que c'est ne rien désigner que d'en parler. Montre-t-on du doigt l'intérimaire de passage,le smicard, ...

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