Créer deux dettes, la bleue et la rouge

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(Crédits : DR)
Le français Jacques Delpla et son collègue allemand Jakob von Weizsäcker, tous deux membres du "think tank" européen Bruegel, proposent de distinguer la dette en deux parties. Tout ce qui est émis en deçà du critère de Maastricht de 60% du PIB serait fusionné et garanti collectivement par les Etats de la zone euro. C'est ce qu'ils appellent la dette bleue. Quant à la rouge - celle qui dépasse les 60% - elle resterait une dette nationale.

Jacques Delpla et Jakob von Weizsäcker viennent de part et d'autre du Rhin, ce qui est en soi une bonne nouvelle tant l'incompréhension semble grande entre économistes français et allemands.

Leur proposition, publiée par le "think tank" européen Bruegel, est originale. Ils divisent en deux parties les dettes publiques de la zone euro : la dette bleue, moins risquée, et la dette rouge, plus risquée. Ce risque différent tiendrait au fait que la dette bleue, composée de tout ce qui est émis en deça du critère de Maastricht de 60% du PIB, serait fusionnée et garantie collectivement par les Etats de la zone euro, tandis que la dette rouge, tout ce qui dépasse les 60%, serait nationale.

Autrement dit, la dette bleue serait aussi bonne que la dette allemande (taux d'intérêt bas) et formerait un vaste marché de 6000 milliards d'euros équivalent au marché de la dette publique américaine. L'euro serait renforcé et les taux du "bleu" baisseraient pour tout le monde, même l'Allemagne (de 0,30% selon les auteurs). La dette rouge ne vaudrait que ce que vaut la signature de chaque pays, et les taux d'intérêt monteraient en conséquence : ce serait un puissant facteur de discipline.

En cas de crise de type grec, un défaut sur la dette rouge serait envisageable sans que le défaut s'étende à la dette bleue. De plus, chaque année, tous les pays devraient obtenir le vote des parlements pour la garantie de leur dette de l'année suivante : le Bundestag, par exemple, aurait son mot à dire sur la crédibilité des budgets de ses voisins, et réciproquement. Aucun pays ne serait forcé d'adhérer au mécanisme. Les auteurs parient que les marchés se rueraient sur la "dette bleue zone euro".

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Commentaires
a écrit le 16/05/2010 à 13:00 :
j'ai cru d'emblée que la dette rouge serait en rapport avec les junk bonds ou qqe chose comme ça, mais ce n'est pas explicite. le quota national de dette rouge stigmatiserait comme l'appartenance à l'euro du sud ou du nord...
a écrit le 14/05/2010 à 12:08 :
Excellente idée. De facto, elle nécessitera un contrôle des déficits.
a écrit le 14/05/2010 à 6:50 :
excellente idée, mais il faudrait y inclure les anglais, ensuite que la situation actuelle soit "épurée" et enfin cela devrait entrer dans le cadre d'une politique de république fédérale européenne (en 2020) étape provisoire de "l'Empire Europ" (en 2040) la Méditerranée portant enfin son vrai nom: "mer interrieure"
a écrit le 13/05/2010 à 9:09 :
Plutôt déçu par un titre prometteur, je pensais y trouver une mesure a laquelle je crois fortement: une refonte des critères du pacte de stabilité scindant les dettes d'investissement de la dette de fonctionnement. Il serait temps de simplifier les choses peut on comparer pour un ménage, un Credit pour un investissement locatif d'un paiement de télé en 10 fois?
a écrit le 12/05/2010 à 10:13 :
il aurait fallu y songer plus tôt ! puisque notre dette est colossale : étant donné la faiblesse de l'économie 0,1 % de croissance au 1er trimestre la "dette" risque de perdurer ... ramener le déficit à 3 % du PIB me semble être du domaine du Père Noel ..
a écrit le 12/05/2010 à 5:02 :
Sauf que :
Un défaut de paiement concerne l'emetteur, pas la dette subordonnée ou non.
Un PIB fluctue
Si l'on donne aux états la capacité de labeliser bleu ou rouge, les 60% vertueux de dette bleue deviendront plus que 60% et vireront au violet
a écrit le 11/05/2010 à 17:05 :
J'ai mieux à proposer à ces apprentis sorciers: associer la dette européenne rouge à la dette américaine qui dépasse 80% duPIB US. Et encore mieux :faire racheter secrètement la dette rouge par le FMI et la BCE quand elle se négocie à vil prix et décharger les Etats concernés de la différence entre le nominal et le prix de rachat. Cela calmerait la spéculation baissière.

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