Accord européen pour une aide à l'Irlande

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L'Union européenne est parvenue dimanche soir à un accord pour une aide à l'Irlande, plombée par les déficits de ses banques. Le gouvernement irlandais s'était réuni dimanche pour formuler sa demande d'aide auprès de l'Europe.

L'Union européenne est parvenue ce dimanche soir à un accord pour une aide à l'Irlande, plombée par les déficits de ses banques. Le montant de l'aide européenne sera inférieure a 100 milliards d'euros, a indiqué dimanche soir le ministre belge des Finances, Didier Reynders dont le pays assure la présidence de l'Union européenne. Selon certaines sources diplomatiques, le montant sera de 80 à 90 milliards d'euros, sans doute autour des 90 milliards.

Les ministres des Finances de l'Union européenne ont accepté dimanche soir la demande d'aide financière présentée par l'Irlande, a annoncé Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires. "Nous accueillons favorablement la demande d'aide financière adressée par le gouvernement irlandais à l'Union européenne et au Fonds monétaire international", a dit le commissaire. "Apporter une aide à l'Irlande se justifie par la nécessité de préserver la stabilité financière en Europe", a expliqué Rehn.

Le programme d'aide de l'UE et du FMI, dont la mise au point devra être bouclée fin novembre, sera échelonné sur trois ans, a-t-il ajouté. Le montant de ce programme d'aide sera décidé lorsque le plan de l'UE et du FMI aura été mis au point, a-t-il précisé. "Le plan en cours de préparation répondra de façon décisive aux défis budgétaires de l'économie irlandaise et aux besoins potentiels en capitaux du secteur bancaire", a résumé Rehn.

Le gouvernement irlandais s'était réuni dimanche après-midi et le ministre irlandais des Finances, Brian Lenihan, avait confirmé que Dublin allait demander l'aide de créanciers internationaux. Les ministres des Finances de l'UE, estimant que les fondamentaux de l'Irlande étaient solides, ont déclaré dans un communiqué dimanche soir que la mise en oeuvre du plan d'aide UE-FMI s'appuierait sur celle, en Irlande, d'un plan d'austérité sur quatre ans. Selon les ministres, ce plan d'austérité irlandais sur quatre ans permettra de retrouver une croissance économique robuste.

Le gouvernement irlandais s'était réuni ce dimanche pour formuler leur demande d'aide auprès de l'Europe. Le Premier ministre irlandais, Brian Cowen, a fait une déclaration ce dimanche soir à Dublin, à la suite de la réunion de son gouvernement qui a eu lieu dans l'après-midi. Le ministre irlandais des Finances Brian Lenihan a confirmé un peu plus tôt que l'Irlande allait demander l'aide de créanciers internationaux, et qu'il allait présenter un programme d'austérité sur quatre ans à ses collègues.

"L'objectif principal de cette conférence téléphonique est de permettre au gouvernement irlandais de nous expliquer sa position après la réunion du conseil des ministres à Dublin" avait expliqué à l'AFP une source diplomatique. Après les ministres de la zone euro et ceux de l'Union Européenne, ce sont les ministres des finances du G7 qui mènent des consultations par téléphone au sujet de l'Irlande dimanche soir.

Le gouvernement irlandais se réunissait initialement ce dimanche pour élaborer un plan de rigueur destiné à renflouer le déficit public. La dette du pays s'est considérablement creusée (32% du PIB) après que le gouvernement soit venu en aide au secteur bancaire menacé de faillite.

Dublin réclame désormais une aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI). "Mais cela ne sera certainement pas un nombre à trois chiffres" a tenu à préciser le ministre des finances irlandais, Brian Lenihan, ce dimanche à la radio. La Grèce s'était vue accorder un prêt de 110 milliards d'euros sur trois ans au printemps.

Les analystes estiment que l' Irlande aurait besoin d'une aide de 45 à 90 milliards d'euros, selon qu'elle est destinée uniquement aux banques ou également à la dette publique. Le mois dernier, le gouvernement irlandais a porté à 15 milliards d'euros, soit le double de la précédente estimation, le montant jugé nécessaire pour enrayer le déficit budgétaire d'ici 2014 et éviter le recours à un plan de sauvetage, mais l'initiative n'a pas apaisé les marchés financiers.

Les banques sont plombées par l'éclatement d'une bulle immobilière qui a vu les prix de l'immobilier chuter de moitié. La crise en Irlande a eu pour effet de faire grimper les taux obligataires de plusieurs autres pays considérés comme fragiles en zone euro, comme le Portugal, l'Espagne et la Grèce, faisant craindre une contagion.

Répondant à Nicolas Sarkozy qui s'exprimait samedi en marge du sommet de l'OTAN à Lisbonne, le ministre des Finances a écarté l'idée d'un relèvement de l'impôt sur les sociétés.

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