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ÉconomieInternational

Après l'Irlande, le Portugal et l'Espagne sur la sellette

latribune.fr

Publié le 22 novembre 2010 à 07:02 - Mis à jour le 22 novembre 2010 à 07:03

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L'objectif est d'éviter que les inquiétudes sur la dette irlandaise ne se portent ensuite sur d'autres pays confrontés à d'importants déficits budgétaires, tels que l'Espagne et le Portugal, au risque de déclencher une crise de toute la zone euro.

L'aide de l'Union européenne à l'Irlande peut apaiser les marchés à court terme mais elle ne devrait pas les empêcher de contraindre le Portugal, voire l'Espagne, à réclamer à leur tour une assistance de l'UE, sauf si une solution plus générale est rapidement trouvée pour l'ensemble des pays de la zone euro.

La pression continue d'ailleurs de se maintenir ce lundi. L'euro est reparti faiblement à la hausse. Et Moody's a jugé que le plan de suavetage de l'Irlande aurait un impact négatif sur la note du pays, puisqu'il transfèrerait sur le secteur public le fardeau de la crise bancaire et creuserait la dette souveraine.
L'agence de notation devrait procéder à une dégradation de plusieurs crans.

Pour Peter Chatwell, stratégiste au Crédit Agricole à Londres, le plan d''aide à l'Irlande ne devrait "permettre en aucune manière au Portugal ni peut-être à l'Espagne de sortir de la ligne de mire."

Wolfgang Schäuble, ministre allemand des Finances, a exprimé dimanche l'espoir exactement inverse. "Si nous apportons maintenant la bonne réponse au problème irlandais, nous aurons de grandes chances d'éviter des effets de contagion", a-t-il dit à l'antenne de la ZDF.

"Un peu de temps pour respirer "

L'effet pourrait être de courte durée. "Cela empêchera-t-il la contagion? A court terme, mais pas à moyen terme. Cela ne fait que calmer les marchés et accorder aux autres pays un peu de temps pour respirer. Le Portugal, notamment, n'est pas encore tiré d'affaire", prévient Carsten Brzeski, économiste à ING.

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Les problèmes de dette de l'Irlande et du Portugal ont des origines différentes: l'Irlande a dû voler au secours de son secteur bancaire frappé de plein fouet par l'effondrement du marché immobilier tandis que le Portugal souffre d'une croissance faible et d'un manque de compétitivité.

Mais au bout du compte, le résultat est le même: une dette que les marchés jugent difficile à supporter.

"Je pense que cela veut dire que le Portugal sera le prochain (à demander une aide)", commente l'économiste portugais Filipe Garcia, de la société de consultants Informaçao de Mercados Financeiros à Porto.

"J'ignore si cela se produira avant la fin de l'année ou après, mais c'est presque inévitable, maintenant", poursuit-il. "Je pense que nous avons probablement franchi le point de bascule au niveau de ce qu'il est supportable de payer en taux d'intérêt de la dette."

Si les marchés s'attaquent au Portugal, l'Espagne pourrait se retrouver rapidement en première ligne à son tour.

"Si le Portugal est contraint de passer par un renflouement, ils (les marchés) porteront ensuite leur attention sur l'Espagne et j'ignore quelle sera la réaction du gouvernement", avance Pedro Schwartz, de l'université San Pablo à Madrid.

"L'Allemagne pointée du doigt"

La méfiance des marchés à l'égard de la dette de certains pays de la zone euro pourrait n'être vraiment apaisée que par le biais d'une solution rapide et détaillée pour tous les pays de la zone euro, plutôt que par une approche au cas par cas, jugent des économistes.

Le problème, c'est que la zone euro semble faire fausse route depuis le début.

Pour de nombreux économistes et dirigeants politiques, la crise actuelle est de la responsabilité de l'Allemagne en raison de la volonté allemande de créer un mécanisme de soutien dans la zone euro au sein duquel les investisseurs privés seraient sollicités, ce qui a effrayé les investisseurs et porté les écarts de rendement entre les emprunts portugais ou espagnols et ceux allemands à des niveaux trop élevés.

"Je persiste à penser que la principale cause de contagion vient de la proposition allemande d'inclure le secteur privé dans un futur mécanisme permanent de règlement des crises", dit Carsten Brzeski.

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"Tant que cette question restera dans le flou, la spéculation et le risque de contagion resteront vivaces", ajoute-t-il. "Les dirigeants européens devraient maintenant profiter de la courte fenêtre d'opportunité que leur procure le renflouement de l'Irlande pour présenter un plan clair et détaillé de mécanisme permanent de règlement des crises."

Les dirigeants de l'UE doivent examiner à la mi-décembre les contours d'un tel mécanisme dessinés par la Commission européenne.

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