Corruption et hausse des matières premières : deux risques explosifs pour 2011

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Le World Economic Forum, dans son rapport annuel sur les risques, s'inquiète de la flambée des prix des matières agricoles et de la croissance du commerce illégale.

Les récentes émeutes en Algérie, qui ont fait au moins trois morts, sont venus le rappeler : la combinaison de la corruption, des difficultés économiques et de la hausse des prix des matières premières est explosive. Ce sont justement ces trois thèmes que le World Economic Forum, l'instance qui organise le forum de Davos, tire la sonnette d'alarme.

Dans son rapport annuel sur les risques, publié ce mercredi matin, deux semaines avant le sommet annuel de Davos, il identifie trois dangers majeurs : le crime organisé, la corruption et la fragilité des États ; les risques liés à l'eau, à l'alimentation et à l'énergie ; les dangers des déséquilibres macroéconomiques mondiaux. Or, rappelle le rapport, le monde est actuellement particulièrement vulnérable : "la crise financière a épuisé la capacité des pays du monde à faire face aux chocs".

L'explosion du prix des matières premières est particulièrement délicate. Le pétrole frôle à nouveau les 100 dollars le baril et les produits agricoles s'envolent. Selon le WEF, ce sont les symptômes d'un problème de long terme : "les demandes d'eau, d'alimentation et d'énergie devraient augmenter entre 30% et 50% pendant les deux prochaines décennies." Malheureusement, note le rapport, les gouvernements ne semblent pas se préparer au long terme : "les déficits budgétaires chroniques menacent les investissements dans les infrastructures essentielles", signale John Drzik, président d'Oliver Wyman Group, l'un des auteurs du rapport.

Face à ces dangers, le WEF propose une solution qui promet d'être controversée : retirer les aides aux produits de première nécessité pour laisser le marché dicter leur "vrai prix" et réduirait la demande. Le rapport admet cependant que cela aurait des "effets sociaux négatifs" et qu'une telle décision doit être mise en place "progressivement".

Concernant le crime organisé -drogue, prostitution, contrefaçons...- le rapport rappelle que 7% à 10% du commerce mondial vient de trafics illégaux : "un monde fortement connecté, des défauts de gouvernance et des disparités économiques font le lit d'activités criminelles. (...) Il est donc urgent de mettre sur pied une forme de coopération internationale efficace." Entre autres remèdes, le rapport en appelle à un échange automatique d'informations fiscales pour "tous les non-résidents, les entreprises et les trusts".

Enfin, le dernier grand risque est le plus évident depuis le début de la crise : le déséquilibre économique mondial. Mais derrière le problème du monde émergent créditeur face au monde développé débiteur, le rapport rappelle aussi que se cache une "fragmentation sociale" croissante, elle aussi porteuse de graves risques.

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