Mohamed Elbaradeï met en garde Washington

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Interrogé par l'agence Reuters, cet opposant historique de Moubarak ne cache pas son irritation alors que Washington semble avoir tranché en faveur d'un scénario de transition favorisant le vice-Président égyptien Omar Souleimane.

Mohamed ElBaradeï l'affirme sans détour. Si les Etats-Unis se prononçaient officiellement pour la désignation du président égyptien Hosni Moubarak ou de son vice-président Omar Souleimane à la tête d'un gouvernement de transition, il serait "très, très" déçu. 

"Si c'est vrai, il s'agit d'un revers majeur, je peux vous le dire" a même ajouté cet opposant historique, prix Nobel de la Paix 2005, interrogé par l'agence Reuters Mohamed ElBaradeï. "Si les choses que j'entends aujourd'hui (sont vraies), elles vont tomber comme du plomb sur les gens qui manifestent. Entendre (...) que Moubarak doit rester et conduire le changement, et que le processus du changement reposerait essentiellement sur son plus proche conseiller militaire, qui n'est pas la personnalité la plus populaire en Egypte, sans partage du pouvoir avec les civils, serait très, très décevant", a-t-il poursuivi.

Faut-il redouter une radicalisation du mouvement ?

Interrogé sur un éventuel essoufflement de la contestation, l'ancien directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique répond par la négative et dit redouter au contraire une aggravation de la situation. "Il y a évidemment un peu de fatigue partout", reconnait Mohamed ElBaradeï, mais, selon lui, le "noyau dur" de la contestation ne baissera pas les bras tant que Moubarak sera au pouvoir : "Ce pourrait ne pas être quotidien, mais, ce que j'entends, c'est qu'ils pourraient organiser des manifestations d'un jour sur l'autre. La différence, c'est qu'elles pourraient être plus déterminées et plus violentes et je ne voudrais pas voir cette magnifique révolution pacifique devenir sanglante"

Pour Mohamed ElBaradeï, la seule issue viable est celle d'une démission immédiate de Moubarak et de la formation d'un gouvernement de transition chargé d'organiser des élections. Si l'actuel chef de l'Etat se maintient comme il en a l'intention jusqu'à la fin de son mandat, qui expire en septembre, "la colère va s'accentuer et les gens seront plus déterminés à poursuivre leurs manifestations", prédit-il.

Que fauit-il faire ?

"Mon idée est d'établir un conseil présidentiel formé de trois personnes. Il y en aurait une issue de l'armée, mais les deux autres seraient des civils. On aurait un gouvernement intérimaire en bonne et due forme, comme Obama l'a déjà évoqué. Il y aurait un virage démocratique", a assuré Mohamed Elbaradeï, qui n'exclut pas de se présenter à la présidentielle de septembre.

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Commentaires
a écrit le 07/02/2011 à 13:28 :
Nous avons réagi avec espoir à l?élection de Barack Obama pour en finir avec la politique de George W. Buch uniquement intéressé par les possibilités pour les Etats Unis de s?approprier le pétrole dans certaines régions du monde (dont l?Irak).
Aujourd?hui, notre crainte est que le nouveau président tarde à prendre ses distances avec Hosni Moubarak compte tenu de la dépendance énergétique d?Israël en gaz (l?Egypte lui fournit en effet 40 % de ses besoins). Or, les islamistes ont déjà indiqué qu?ils mettraient fin à ces ventes de gaz à Israël.
Or, c?est aussi l?occasion de faire comprendre à Israël qu?ils doivent quitter les territoires occupés si l?on ne veut pas embraser toute cette région. L?argument des islamistes deviendrait sans effet puisque leur revendication essentielle serait satisfaite. Parallèlement, le nouveau gouvernement d?Egypte pourrait reprendre les négociations sur tous les fronts sans être entravé par cette question

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