Bahreïn : le pouvoir réprime durement la contestation chiite

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Alors que le pays est désormais sous la loi martiale, les autorités ont violemment réprimé les manifestants chiites. Au moins six morts sont à déplorer.

Les forces de sécurité bahreïnies appuyées par des hélicoptères ont lancé ce mercredi une violente attaque contre les manifestants antigouvernementaux qui ont été chassés de la place de la Perle à Manama, lieu symbolique du mouvement de protestation qui dure depuis un mois.

Les affrontements, au lendemain de la proclamation de la loi martiale, ont fait au moins six morts, trois policiers et trois civils, a-t-on appris de source hospitalière. Un élu de l'opposition a fait également état de centaines de blessés.

Il ne semble pas que les forces étrangères appelées en renfort en début de semaine par Manama aient été impliquées dans ces opérations.

Des jeunes opposants prévoyaient une grande manifestation dans la journée dans le nord de la capitale mais y ont apparemment renoncé, pour "éviter toute confrontation avec les forces de sécurité". Un journaliste de Reuters a vu des chars et des véhicules blindés se diriger vers la rue Boudaya, dans le nord de la ville, où les jeunes comptaient manifester, et les rues du quartier étaient vides dans l'après-midi.

Peu après, un officier est apparu à la télévision publique pour annoncer que tous les rassemblements et défilés étaient désormais interdits et qu'un couvre-feu courait de quatre heures de l'après-midi à quatre heures du matin dans une grande partie de la capitale.

Bahreïn, qui abrite la Vème Flotte américaine, est secoué depuis un mois par un mouvement de contestation sans précédent depuis les années 1990, inspiré des soulèvements populaires tunisien et égyptien. Les chiites, qui représentent plus de 60% de la population, se disent victimes de discriminations de la part de la famille régnante.

Après l'assaut des forces de l'ordre contre les manifestants, les rues de Manama étaient pratiquement désertes et les magasins fermés. Des files d'attente se sont formées devant les distributeurs d'argent.

L'accès à l'hôpital de Salmania, où de nombreux civils étaient soignés, a été bloqué, ainsi que celui à d'autres hôpitaux. Les trois ponts reliant l'aéroport de Bahreïn à l'île principale ont également été bloqués, selon un habitant.

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