Kadhafi souffle le chaud et le froid

Alors que l'Onu se penche ce soir sur la résolution déposée par Paris, Londres et Beyrouth, le colonel Kadhafi assure que ses forces armées cesseront le combat ce dimanche pour laisser une chance aux insurgés de se rendre. Mais il menace aussi les pays qui interviendraient militairement en Libye de représailles touchant aussi les civils.

3 mn

Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Les efforts en cours depuis des semaines pour enrayer la crise libyenne ont pris un tour nouveau ce jeudi avec le ralliement clair des Etats-Unis à une forme d'intervention militaire étrangère. "Il nous faut être prêts à envisager des étapes qui comprennent une zone d'exclusion aérienne, mais peut-être qui aillent au-delà", a dit à la presse l'ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations unies, Susan Rice. Les Etats-Unis redoutent notamment que Kadhafi "revienne au terrorisme" s'il parvient à se maintenir au pouvoir.

Ce revirement américain devrait satisfaire Alain Juppé, présent ce jeudi au Nations unies à New York pour défendre le vote de la résolution du Conseil de sécurité déposé par la France, le Royaume-Uni et le Liban. Le texte prévoit de nouvelles sanctions contre Tripoli et une zone d'exclusion aérienne. La France souhaite que le vote intervienne dans la soirée. On parle de 23h00, heure de Paris.

Kadhafi menace l'occident de représailles y compris sur des cibles civiles

Mais si les Etats-Unis semblent désormais prêts à rejoindre la Grande-Bretagne et la France, notamment pour protéger des zones civiles, la Russie et d'autres Etats membres du Conseil de sécurité demeurent réticents. Hillary Clinton semble néanmoins assez confiante. La chef de la diplomatie américaine a notamment déclaré ce jeudi que la question de la participation des forces armées des pays arabes était en discussion.

Réagissant à ces annonces, Tripoli a fait savoir dans un communiqué officiel que "tout acte militaire étranger contre la Libye exposera l'ensemble du trafic aérien et maritime de Méditerranée à des dangers, et des (installations) civiles et militaires deviendront des cibles de la contre-attaque libyenne." Et le clan Kadhafi de préciser que "le bassin méditerranéen sera confronté à un risque non seulement à court, mais aussi à long terme."

Tripoli propose un cessez le feu à compter de dimanche et promet une amnistie générale

En attendant le vote onusien, les forces du colonel Kadhafi s'approchent inéxorablement de Benghazi, deuxième ville de Libye et fief des insurgés. Les rebelles et l'armé régulière libyenne s'affrontent autour de la ville d'Ajdabiah, qui occupe une situation stratégique. Elle commande les voies d'accès vers Benghazi, 170 km plus au nord, et, plus à l'est, vers Tobrouk, à la frontière avec l'Egypte.

La bataille de Benghazi, d'où est parti il y a un mois le soulèvement contre le régime de Mouammar Kadhafi, pourrait être décisive. Mais avant de lancer l'assaut final, le colonel Kadhafi entend, assure-t-il, laisser une chance aux insurgés d'éviter un bain de sang. Ce jeudi après-midi, dans un communiqué diffusé par l'agence officielle Jarna, le ministère libyen de la Défense a annoncé que "les opérations militaires contre les bandes terroristes armées" seraient interrompues à compter de dimanche minuit (23H00 heure de Paris). Le clan Kadhafi promet dans ce message aux rebelles que s'ils remettent leurs armes, ils profiteront "d'une décision d'amnistie générale".

Dans une interview au Figaro, le colonel Kadhafi affirme de son côté que "(son) souci est de libérer la population des bandes armées qui occupent Benghazi. Ces rebelles risquent de se servir de ses habitants comme bouclier humain".

Pour le moment, le calme règne à Benghazi

Jeudi matin, des habitants rapportaient que le calme régnait à Benghazi, dont se sont retirées les équipes du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et de Médecins sans frontières (MSF) par souci pour leur sécurité. Moustafa Gheriani, porte-parole des insurgés à Benghazi, souligne que la progression des forces régulières de Kadhafi se heurte aux difficultés de réapprovisionnement. "Ses lignes de ravitaillement sont étirées et il ne peut donc pas lancer ses troupes à partir d'Ajdabiah", affirme-t-il, ajoutant: "Nous avons quelques surprises en magasin. Nous allons nous battre et nous allons gagner."

3 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.