La croissance africaine éveille l'appétit des investisseurs

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Infographie La Tribune/BHEDOUIN
Infographie La Tribune/BHEDOUIN
Selon Ernst & Young, les projets d'investissements ont bondi de 87 % sur le continent noir entre 2003 et 2010.

"L'heure de l'Afrique a sonné !" A l'occasion du Forum économique mondial consacré au continent noir qui a eu lieu cette semaine au Cap (Afrique du Sud), Ernst & Young publie la première enquête sur son attractivité. Le consultant y révèle que le nombre de projets d'investissements directs étrangers (IDE) a bondi de 338 à 633 entre 2003 et 2010, une progression de 87 % en sept ans. De plus, un sondage réalisé auprès de 562 dirigeants dévoile que 42 % des responsables de multinationales envisagent d'investir davantage dans la région et que 19 % y maintiendront leurs activités.

Compte tenu d'une croissance économique annuelle attendue à 5 % au cours des quatre prochaines années, Ernst & Young estime que les flux d'IDE y atteindra 150 milliards de dollars d'ici à 2015, stimulant la création de 350.000 emplois par an. Le consultant note qu'avec 4,5 % des IDE mondiaux captés en 2010, l'ensemble des pays africains attirent moins que la Chine et l'Inde, mais davantage que la Russie et le Brésil.

En charge du département juridique et fiscal pour l'Afrique subsaharienne francophone chez Ernst & Young Société d'Avocats, Joseph Pagop-Noupoué juge que les récents événements ayant agité des pays du continent ne modifieront pas cette vertueuse dynamique. "L'issue de ces crises rendra certainement ces marchés plus attractifs car la gouvernance s'y améliorera, que ce soit en Afrique du Nord ou en Côte d'Ivoire", affirme le responsable.

La Banque africaine de développement souligne qu'au cours des dix dernières années, le nombre de consommateurs issus de la classe moyenne - dépensant de 2 à 20 dollars par jour - a augmenté de 60 %, à 313 millions de personnes. Cela représente 34 % de la population du continent et une classe moyenne aussi développée que celles de l'Inde et de la Chine. Cela n'a pas échappé aux multinationales comme Wal-mart qui a offert 2,4 milliards de dollars pour une participation de 51 % dans le géant sud-africain de la distribution Massmart. Ni au spécialiste de la restauration rapide Yum Brands qui considère l'Afrique comme son prochain joyau et compte y doubler le nombre de ses restaurants KFC, à 1.200 d'ici à 2014.

"De nombreux secteurs d'activité sont saturés dans les marchés développés, il est bien plus facile d'identifier les opportunités de croissance en Afrique", remarque Leslie Rance, directeur général de British American Tobacco pour l'Afrique de l'Est. Les entreprises des pays émergents sont aussi sensibles aux attraits du continent où leurs projets d'investissements ont représenté 38 % des IDE en 2010.

Bien que les investissements se soient diversifiés au cours des dernières années (finance, consommation...), charbon, pétrole et gaz sont restés prioritaires, représentant 17 % des IDE sur la période étudiée. Ernst & Young note en outre que dix pays ont attiré 70 % des projets, parmi lesquels figurent l'Afrique du Sud, l'Égypte et le Maroc.

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Commentaires
a écrit le 11/01/2014 à 11:26 :
Du travail d orfevre, merci pour ce bon plaisir.
Travailler a Domicile http://past.is/IDB5
a écrit le 09/05/2011 à 4:37 :
La définition retenue pour la classe moyenne africaine (les consommateurs dépensant de 2 à 20 dollars par jour) n'est pas sérieuse. Cette fourchette de dépenses est beaucoup trop large pour définir une catégorie sociale digne de ce nom, c'est-à-dire un groupe d'individus ou de foyers ayant une certaine homogénéité en termes de comportements, d?attitudes et de style de vie. A 2 dollars par jour et par individu, on ne consomme quasiment pas, alors qu?à 10 ou 20 dollars par jour et par individu, on se situe déjà dans une consommation effective.

Ce manque de professionnalisme vient sans doute à la fois d?une méconnaissance de la sociologie et des études de marché et du désir de présenter l?Afrique comme possédant déjà une classe moyenne significative. « La grenouille et le b?uf », ça ne vous rappelle rien ? Ce n?est pas très sérieux.
a écrit le 08/05/2011 à 10:40 :
J'ose esperer que nos jeunes vont courir développer ce continent car ,si les entreprises pensent faire du chiffre ,eux aussi pourront en faire avec ces fameuses boites !
a écrit le 07/05/2011 à 6:47 :
Quand vous parlez "d'Afrique", il serait intéressant de préciser quelle partie de l'Afrique est concernée, est-ce tous les états, ou une petite partie du type Afrique du sud qui concentre ce regain de croissance. Par ailleurs, quand vous partez de niveaux très bas, il est facile de générer des taux de croissance élevés. Pour comparer à d'autres états/pays, il serait utile de retenir le PIB par habitant et là nous serions peut-être surpris. mais laissons les africains nous démontrer qu'ils peuvent aussi prendre le train de la mondialisation et de la croissance. Quand vous regardez ce qui se passe au Nigéria, en Côte d'ivoire ....et j'en passe, heureusement que la présence de grands groupes étrangers, voire français sont présents pour expliciter cette nouvelle croissance....
Réponse de le 07/05/2011 à 9:30 :
Oui mais tu crois que la présence des grands groupes ou multinationales profitent bien aux population locales ?? combien de citoyens africains ont été embauché dans ces groupes ??

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