La Finlande accepte, sous conditions, d'aider le Portugal

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Les conservateurs au pouvoir et les sociaux-démocrates sont parvenus à un accord sur l'aide européenne au Portugal. Un échec pour le parti populiste des Vrais Finlandais, la troisième force politique du pays, qui, dans la foulée, a annoncé son refus de faire partie de la coalition gouvernementale.

Il y a moins d'un mois, l'Union européenne (UE) avait les yeux rivés sur la Finlande. Un spectacle très inquiétant s'y déroulait : la possible victoire du parti des Vrais Finlandais aux élections législatives. Cette formation populiste et nationaliste à l'ascension politique fulgurante talonnait dans les derniers sondages les deux principaux partis. Son leader, le charismatique Timo Soini, promettait en cas de victoire la sortie de la zone euro  -"Ces élections seront le référendum sur l'euro que la Finlande n'a jamais eu" se plaisait-il à marteler - et un refus catégorique d'aider le Portugal et les pays en crise du sud de l'Europe  - "les Finlandais n'ont pas à payer pour des pays dépensiers qui ne savent pas gérer leurs finances".

Or, un accord unanime des dix-sept pays de la zone euro est nécessaire pour valider le plan d'aide de 78 milliards d'euros nécessaire au Portugal pour lui éviter la faillite. Et la Finlande est le seul pays qui doit obtenir l'accord de son Parlement pour approuver le plan de sauvetage financier du Portugal.

Le parti des "Vrais Finlandais" n'entrera pas au gouvernement

Quelques semaines plus tard, les pays de la zone euro peuvent pousser un "ouf" de soulagement. Arrivés en troisième position aux élections, les Vrais Finlandais n'ont pas réussi à imposer leurs idées. Le parti conservateur, chargé de former une coalition gouvernementale avant le 19 mai, a trouvé mercredi soir un accord avec le Parti social-démocrate, le principal parti d'opposition du pays. Jyrki Katainen, le ministre des Finances et chef des conservateurs au Parlement, a ainsi déclaré devant la presse que "la Finlande est prête à soutenir le plan d'aide".

La décision sera validée vendredi, après la réunion de la commission parlementaire chargée de la politique européenne finlandaise, et annoncée le 16 mai par Jyrki Katainen lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro qui doit entériner le plan de soutien à Lisbonne.

L'accord sera annoncé le 16 mai

Mais la campagne législative tendue et l'hostilité d'une part importante de l'opinion à l'aide aux pays endettés de la zone euro a laissé des traces. La Finlande demande ainsi que le Portugal entame des pourparlers avec des investisseurs privés pour s'assurer que leurs fonds restent dans le pays avant le versement des sommes convenues au titre du plan de sauvetage. Le ministre Jyrki Katainen souhaite également que les créanciers du Portugal soient remboursés avant les investisseurs privés. Mais selon la presse, l'annonce du soutien du parti social-démocrate ne laisse plus de doutes sur la validation de l'accord.

Néanmoins, pour François Cabau, économiste chez Barclays, le fait que la Finlande n'ait pas joué un rôle actif dans les négociations qui ont eu lieu entre le Portugal, le FMI, la Commission européenne et la Banque centrale européenne, empêche le pays de pouvoir bloquer, par des contreparties trop exigeantes, l'accord vis-à-vis du Portugal. Dans une étude publiée jeudi, l'économiste met en garde pour d'éventuelles nouvelles aides. "Nous pensons qu'il va être encore plus difficile à l'avenir de convaincre les membres de la zone euro d'apporter leur soutien à de nouvelles aides, notamment pour la Grèce, qui pourrait demander un supplément de 60 milliards d'euros".

La Finlande, partenaire crucial dans les plans de sauvetage européen

Le parti des Vrais finlandais avait affirmé qu'il refuserait de participer à un gouvernement qui accepterait de soutenir les plans européens d'aide financière. Il a confirmé ce jeudi qu'il ne fera pas partie de la prochaine coalition gouvernementale. "Nous serons un parti d'opposition strict et dur", a promis Timo Soini. "Il est dommage que le seul vainqueur des élections du 17 avril n'entre pas au gouvernement". La Finlande, qui est l'un des six pays de la zone euro qui bénéficie de la note AAA de la part des agences de notations financières, reste un partenaire crucial pour les plans de sauvetage européens.

Le meilleur élève de la zone euro affiche pour 2010 une croissance de 3,1% (2,1% en France), des déficits publics corrects (2,5% du PIB, 7% pour la France) et une dette maîtrisée (48,4% du PIB contre 81,7% pour l'Hexagone). Si le blocage sera certainement évité pour le Portugal, la plupart des économistes considèrent que la montée en puissance des égoïsme nationaux dans plusieurs pays du centre, de l'est et du nord de l'Europe (Allemagne, Slovénie, Pays-Bas) est une menace sérieuse pour l'avenir de la zone euro, à l'heure où la Grèce, en proie à des rumeurs de restructuration de sa dette, pourrait refaire appel à la solidarité européenne.

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Commentaires
a écrit le 06/06/2011 à 12:46 :
les vrais Français disent non aussi et il faudra bien régler les comptes un jour prochain .
a écrit le 13/05/2011 à 9:41 :
C'est un bonne chose pour l'Europe qui se replie face à la mondialisation.
à remarquer que la Finlande a un euro flottant.
a écrit le 12/05/2011 à 15:00 :
Ouf! Quel article politique engagé, si peu économique et digne d'un éditorialiste des années sombres. La question est que la Finlande n'a aucunement les moyens de soutenir la zone euro. Il lui faut donc poser la politique secrète des "compensations" sur la table, car personne de sérieux ne signe un accord dans le vide. Ces éclaircissements n'ont visiblement pas été donnés à tous et la Finlande plonge dans l'anti démocratie. Est-ce ce qui est souhaitable ?

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