Les dirigeants grecs entre colère de la rue et pressions de l'Europe

Le mouvement des "Indignés" continue de fédérer, avec des slogans de plus en plus agressifs. Le gouvernement grec est dans une position délicate, entre la pression de plus en plus forte de la rue contre l'austérité, et celle de l'Europe, qui pousse Athènes à accentuer la rigueur.
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Etouffés par ce qu'ils appellent la "barbarie antisociale" imposée par leurs créanciers de la troïka (Union européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne), les Grecs sont encore descendus en masse dans la rue samedi 4 juin, pour protester contre le nouveau plan d'austérité de 6,4 milliards d'euros, contrepartie du deuxième plan d'aide. Mais si les syndicats n'ont attiré qu'un millier de personnes, le mouvement spontané des "Indignés", qui se réunit tous les soirs depuis deux semaines devant le parlement, ne cesse de prendre de l'ampleur (lire aussi l'enquête de La Tribune du 3 juin).

Les slogans tendent à se radicaliser. Leur cible : les dirigeants, députés ou ministres. Les "Indignés" les accusent d'avoir spolié le pays en acceptant l'aide internationale, qui aurait précipité la Grèce dans la crise. Il n'est plus rare de voir des personnalités prises à partie et insultées par la foule, comme le porte-parole du gouvernement Georges Pétalotis jeudi. La rupture est profonde. Selon un sondage du journal ?To Vima réalisé la semaine dernière, les Grecs sont 57% à "approuver ou plutôt approuvent" les agressions verbales et physiques contre les responsables politiques... Et seulement 40% jugent qu'un "gouvernement élu démocratiquement" est capable de faire face à la crise.

Pressions de l'Union européenne

Malgré la fronde et un appel à la grève générale pour le 15 juin, le gouvernement ne peut reculer. La validation par le parlement des mesures d'austérité annoncées, après approbation du conseil des ministres, ne devrait être qu'une formalité. Surtout que l'Europe maintient la pression sur Athènes.

En Allemagne, le nouveau plan d'aide à la Grèce est loin d'avoir fait l'unanimité. Au sein de la coalition d'Angela Merkel, les dents commencent à grincer, au point que le ministre-président de Bavière, Horst Seehofer, par ailleurs président de la CSU, s?ur de la CDU d'Angela Merkel, a même mis en doute l'accord du Bundestag à un nouveau soutien allemand à Athènes. "Il ne pourra y avoir de solidarité avec la Grèce que si le pays entreprend les efforts les plus importants", a-t-il déclaré, s'opposant à tout "chèque en blanc". Samedi, le chef du groupe parlementaire libéral et ancien ministre de l'économie, Rainer Brüderle, avait formulé comme condition pour l'accord de son parti, la participation du Bundestag à l'élaboration du plan d'aide. "Le budget fédéral n'est pas un magasins en libre-service", avait-il martelé. Vendredi soir, la chancelière avait tenu une première réunion avec les chefs des partis de sa coalition pour trouver un consensus.

Quant au commissaire européen Olli Rehn, il a exhorté Athènes à remplir ses engagements, estimant qu'il en allait de l'avenir économique de l'Europe tout entière.

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Commentaires 4
à écrit le 07/06/2011 à 12:10
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Pas contents les grecs ? Ils n'ont qu'à demander à devenir une province Turque.

à écrit le 07/06/2011 à 8:50
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Pour ceux qui connaissent la Grece et qui y vivent, ces affirmations des reporters en mal de scoops sont fausses (pays au bord de l'implosion, revoltes,..). 80,000 personnes pour la derniere grande manif, c'est rien. C'est un echec cuisant pour les o...

à écrit le 06/06/2011 à 12:30
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heureuse ment qu'il y a la crise greque, sinon l'euro serait tellement cher que l'on ne pourrait plus rien exporter. Les allemands plus gros exportateurs europeens y trouvent leur compte.

à écrit le 06/06/2011 à 10:49
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Tant que l'on trouve des prêteurs, c'est facile de ne pas regarder à la dépense, et cela devient encore plus facile quand ce sont les successeurs qui héritent conjointement du poids de la dette et de l'habitude d'une dépense sociale au dessus des moy...

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