La BCE entre dans un difficile jeu d'équilibriste

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La Banque centrale européenne, à Francfort
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La Banque centrale européenne (BCE) compte continuer à accepter de la dette grecque en collatéral pour prêter au système bancaire grec tant qu'une agence de notation au moins ne prononce pas un défaut dans le cadre de la participation volontaire des investisseurs privés à une aide grecque sur la base du plan français.

Quelle sera l'attitude de la Banque centrale européenne (BCE) si le plan de participation «volontaire» des porteurs de titres grecs, soit surtout des banques européennes, avancé par la France est validé ?

Selon l'édition du Financial Times de ce mardi, l'institution de Francfort devrait continuer à accepter la garantie des obligations émises par l'Etat grec pour assurer les liquidités du système bancaire de la république hellène à condition que l'ensemble des agences de notation ne les déclarent pas en défaut. Dans ce cas, elle tiendrait compte de la meilleure note en cours de la dette grecque.

Pour le moment, sur les quatre établissements pris comme référence par la BCE, seule Standard & Poors (S&P) envisage, en se basant sur le plan français, la probabilité d'un prochain non remboursement de l'Etat, en évoquant un «défaut sélectif». Pour leur part les agences de notation Moody's, Fitch et la moins connue, la canadienne DBRS, ne se sont pas prononcées pour le moment, même si au regard de l'expérience passée, elles tendent à converger, tôt ou tard, dans leur avis.

Avec cette décision, la BCE contribue à faciliter la recherche d'un accord européen sur une nouvelle aide à la Grèce. Car pour le moment, le plan français - qui consiste à réinvestir 70% des remboursements venant à échéance dans de nouveaux titres grecs à long terme et un fonds financier - est loin de faire l'unanimité.

Mais avec le vote du plan d'austérité des députés grecs, les membres de la zone euro ont gagné du temps pour affiner une proposition acceptable pour les investisseurs privés à leur participation à une deuxième aide à la Grèce qui devrait atteindre un niveau similaire aux premiers 110 milliards d'euros décidés en 2010 par les membres de l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).


Par ailleurs, dans cette crise, la BCE ne dispose que d'une marge de manoeuvre étroite, car elle doit agir en respectant les principes qui régissent l'Union économique et monétaire. L'un d'eux est le principe de «non renflouement» d'un pays membre, qui fait l'objet d'une plainte outre-Rhin devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe. La BCE a pour le moment contourné la difficulté en rachetant des titres grecs, mais aussi portugais et irlandais, sur le marché secondaire, et non primaire, ce qui s'apparenterait à une aide financière directe.


Last but not least, il y a l'équation politique. « Etant donné que les dettes sont largement dépendantes des politiques gouvernementales, tandis que l'euro est d'abord influencé par la politique monétaire conduite par la BCE, nous ne devrions pas être trop surpris de voir l'euro relativement solide même si plusieurs marchés obligataires dans la zone ont chuté. Mais la tâche devrait devenir encore plus difficile pour la BCE si le «rollover» de la dette grecque est classé comme un défaut par les agences», explique Steve Barrow, analyste chez Standard Bank.
 

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a écrit le 06/07/2011 à 8:45 :
M. Trichet (et ses acolytes du conseil des gouverneurs de la Banque Centrale) se sont engagés dans une fuite en avant incompréhensible. D'abord en faisant acheter ferme par la BCE et les banques centrales des pays de l'UEM de la dette de pays en difficulté appartenant à l'UEM, dont bien entendu un paquet de dette grecque, tout ça quasiment dans aucun haircut/décote et ensuite en acceptant de prêter aux banques de l'UEM avec des garanties constituées elles mêmes de titres obligataires émis par ces même pays. Quand on voit ça on a peur c'est là raison pour laquelle aucune information véritablement transparente n'est diffusée au grand public par la BCE sur ses engagements.
Réponse de le 06/07/2011 à 11:46 :
Dette achetée à 100% de sa valeur faciale alors que le marché les décôte de facto de 40%... Mais qu'importe, ce n'est jamais que notre argent. Le leur provient de sources intarissables aux doux noms de taxe contre le carbone, pour la biodiversité, pour la diversité tout court, contre le capitalisme ou la spéculation, contre le trop gros et le trop petit. On finance en sous-main les ONG qui vont plaisamment indiquer les bonnes raisons incontournables pour justifier le tout au nom de la charité, de l'équité, de l'avenir du genre humain... et même de l'avenir de l'Europe et de ses institutions si précieuses!
a écrit le 06/07/2011 à 0:53 :
Achetez de l'or vite !!
a écrit le 05/07/2011 à 22:10 :
C'est très drôle. Prenez connaissance des notations de Dagong. Vous allez voir qu'ils sont plutôt bons et qu'ils considèrent l'ensemble des pays européens comme perdus.
a écrit le 05/07/2011 à 20:43 :
quelqu'un peut il nous expliquer par quels génies les banques françaises sont elles les plus exposées aux dettes grecque , portugaise espagnole ?
Réponse de le 05/07/2011 à 22:08 :
Il me semble que la réponse est dans la question.
a écrit le 05/07/2011 à 19:14 :
Alan JohnVous avez raison d'utiliser le terme equilibriste. L'Europe et la BCE ressemblent de + en + a un cirque avec leurs equilibristes, leurs illusionistes et....leurs clowns
a écrit le 05/07/2011 à 17:39 :
Que d'hypocrisie dans cette histoire... Et on nous cache que la participation des banques serait "garantie" par l'UE? c'est à dire que les banques privées ne prendraient aucun risque : en cas de pertes, elles seraient remboursées par l'UE, c'est à dire par les contribuables !!! Encore une fois, sauvetage des banques par les états, au détriment des populations, qui pourtant ne sont pas du tout d'accord avec ce perpétuel sauvetage des banques. De là à se sentir trahi, il n'y a qu'un petit pas...
Réponse de le 05/07/2011 à 18:34 :
Beurk, oui, vous avez raison c'est une trahison ! Certains ont voté Sarkosy car il devait mettre au pas , et la France dans l'ORDRE des choses. Rien de tout cela ce sont les banques au pouvoir et Sarkosy , bling,bling, qui laisse notamment il se pointe un organisme au niveau de l'UE qui va contrôler et donner le cas échéant les finances pour chaque pays de la zone euro !!! plus de France ! Cela fait penser à Le Pen lorsqu'il disait que nous serions sous un état supranational !!
Réponse de le 05/07/2011 à 22:09 :
Bin oui. Mais en 2012, il y a des élections. Alors, on repart comme durant trente ans à regarder nos enfants et nous-mêmes crever pour le royaume d'utopie ou on change ?

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