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ÉconomieInternational

La BCE entre dans un difficile jeu d'équilibriste

Robert Jules

Publié le 05 juillet 2011 à 14:52 - Mis à jour le 05 juillet 2011 à 14:54

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La Banque centrale européenne (BCE) compte continuer à accepter de la dette grecque en collatéral pour prêter au système bancaire grec tant qu'une agence de notation au moins ne prononce pas un défaut dans le cadre de la participation volontaire des investisseurs privés à une aide grecque sur la base du plan français.

Quelle sera l'attitude de la Banque centrale européenne (BCE) si le plan de participation «volontaire» des porteurs de titres grecs, soit surtout des banques européennes, avancé par la France est validé ?

Selon l'édition du Financial Times de ce mardi, l'institution de Francfort devrait continuer à accepter la garantie des obligations émises par l'Etat grec pour assurer les liquidités du système bancaire de la république hellène à condition que l'ensemble des agences de notation ne les déclarent pas en défaut. Dans ce cas, elle tiendrait compte de la meilleure note en cours de la dette grecque.

Pour le moment, sur les quatre établissements pris comme référence par la BCE, seule Standard & Poors (S&P) envisage, en se basant sur le plan français, la probabilité d'un prochain non remboursement de l'Etat, en évoquant un «défaut sélectif». Pour leur part les agences de notation Moody's, Fitch et la moins connue, la canadienne DBRS, ne se sont pas prononcées pour le moment, même si au regard de l'expérience passée, elles tendent à converger, tôt ou tard, dans leur avis.

Avec cette décision, la BCE contribue à faciliter la recherche d'un accord européen sur une nouvelle aide à la Grèce. Car pour le moment, le plan français - qui consiste à réinvestir 70% des remboursements venant à échéance dans de nouveaux titres grecs à long terme et un fonds financier - est loin de faire l'unanimité.

Mais avec le vote du plan d'austérité des députés grecs, les membres de la zone euro ont gagné du temps pour affiner une proposition acceptable pour les investisseurs privés à leur participation à une deuxième aide à la Grèce qui devrait atteindre un niveau similaire aux premiers 110 milliards d'euros décidés en 2010 par les membres de l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

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Par ailleurs, dans cette crise, la BCE ne dispose que d'une marge de manoeuvre étroite, car elle doit agir en respectant les principes qui régissent l'Union économique et monétaire. L'un d'eux est le principe de «non renflouement» d'un pays membre, qui fait l'objet d'une plainte outre-Rhin devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe. La BCE a pour le moment contourné la difficulté en rachetant des titres grecs, mais aussi portugais et irlandais, sur le marché secondaire, et non primaire, ce qui s'apparenterait à une aide financière directe.

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Last but not least, il y a l'équation politique. « Etant donné que les dettes sont largement dépendantes des politiques gouvernementales, tandis que l'euro est d'abord influencé par la politique monétaire conduite par la BCE, nous ne devrions pas être trop surpris de voir l'euro relativement solide même si plusieurs marchés obligataires dans la zone ont chuté. Mais la tâche devrait devenir encore plus difficile pour la BCE si le «rollover» de la dette grecque est classé comme un défaut par les agences», explique Steve Barrow, analyste chez Standard Bank.

Robert Jules

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