Après la Grèce, la défaillance italienne menace la zone euro

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Un deuxième plan d'aide à la Grèce pourrait être nécessaire avant la fin de l'été pour rassurer les investisseurs. Et ce dans un contexte difficile : les marchés sont déjà en train de tester la solidité financière de la troisième économie de la zone euro, l'Italie.

Les marchés financiers, tels les dieux de l'Olympe, sont en train de transformer l'Union européenne (UE) en moderne Sisyphe. À peine les plans d'austérité votés en Grèce et au Portugal, conditions exigées pour le versement d'argent frais de l'UE et du FMI pour ces pays dans l'incapacité de se financer sur les marchés, les Européens doivent trouver rapidement une solution à l'incendie qui est en train de prendre en Italie. Depuis vendredi, les marchés sont en train de tester la solidité du pays, comme le montrent les écarts de taux entre l'Italie et l'Allemagne qui ont atteint des records historiques. Ces écarts augmentaient également pour l'Espagne. Pour ces deux pays - troisième et quatrième économie de la zone euro -, il va devenir plus cher d'emprunter sur les marchés pour financer leurs besoins budgétaires et réduire leur marge de manoeuvre. Cette inquiétude a pesé lundi sur les marchés actions, qui accusaient des baisses allant jusqu'à 3 %, entraînés par les valeurs bancaires.

L'exécutif européen a également pris la mesure du risque. Herman Van Rompuy. président du Conseil européen, a réuni en urgence lundi à un déjeuner de travail les principaux responsables économiques européens : les présidents de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet et de la Commission européenne José Manuel Barroso. Au menu, la nécessité de mieux coordonner les efforts européens pour éviter la contagion, qui menacerait l'ensemble de la zone.

C'est en effet les modalités de la participation des investisseurs privés, en majorité des banques européennes, détenteurs d'obligations, à un deuxième plan d'aide de la Grèce pour 2012-2014 qui fait toujours débat au sein de la zone euro. Lundi, à la réunion à Bruxelles des ministres des Finances de la zone euro, deux camps s'opposaient, d'une part celui mené par l'Allemagne et les Pays-Bas qui souhaitent une participation importante du privé, de l'autre, celui de la France et de l'Espagne, soutenu par Jean-Claude Trichet, qui veulent éviter que cette participation soit assimilée à une restructuration qui entraînerait notamment le paiement des CDS (contrats d'assurance pour se prémunir du risque de défaillance d'un pays), et un effet domino sur l'ensemble de la zone. Surtout, il pourrait remettre en cause le calendrier qui prévoyait un accord sur l'aide grecque, qui pourrait avoisiner comme la précédente 110 milliards d'euros, à la fin de l'été.

Face à ces divisions, l'idée d'un défaut sélectif de la Grèce est à l'étude, selon des diplomates cités par l'AFP. Il pourrait prendre la forme d'un rééchelonnement du remboursement de la dette grecque et d'un rachat partiel par le biais du Fonds d'aide financière mis en place par l'Europe. De son côté, le patron de la Commerzbank propose dans une tribune à paraître ce mardi de procéder à une restructuration rapide dont il estime le coût, pour le secteur privé, à plus de 50 milliards d'euros. Car, comme souligne Raoul Ruparel, du think tank Open Europe, « le coût de la restructuration va également augmenter avec le temps, car le poids de la dette grecque va croître dans les prochaines années. Pour la ramener aujourd'hui à un niveau supportable, la moitié devrait être effacée. En 2014, il faudra annuler deux tiers de la dette pour atteindre un tel objectif ».

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a écrit le 12/07/2011 à 20:47 :
Roulement de tambours .... Mesdames et messieurs, l'Italie a besoin de 69 milliards d'euros d'ici l'automne. Nous acceptons les chèques, cartes de crédits, tickets-restaurant, bouteilles à recycler, bouchons du c?ur.... Nos amis les commissaires européens vont passer parmi vous pour vous extorquer vos maigres biens.
a écrit le 12/07/2011 à 19:30 :
La solution existe : un Glass-Steagall !
C?est l?un des instruments clés du dispositif de Franklin Roosevelt, qui permit de castrer légalement Wall Street et d?ouvrir la voie à une relance massive de l?économie physique américaine. Dès sa victoire présidentielle de novembre 1932, Franklin Roosevelt donna son appui à la Commission bancaire du Sénat pour faire juger Wall Street sur la place publique. En missionnant auprès de la commission le procureur de New-York Ferdinand Pecora, les représentants du peuple disposaient soudain des pouvoirs judiciaires nécessaires à une investigation méticuleuse. Les révélations furent stupéfiantes : les banques new-yorkaises s?étaient infiltrées au plus haut niveau de l?Etat, elles finançaient les régimes fascistes en Europe et leurs pratiques financières avaient délibérément provoqué le krach de 1929 et la misère et la faim qui s?abattaient sur le peuple américain. Ce fut un pari gagnant pour Roosevelt : en faisant connaître la vérité au peuple, il avait désormais la pleine légitimité pour remettre Wall Street à sa place. Promulguée le 16 juin 1933, la loi Glass-Steagall permit de briser les oligopoles bancaires et de dresser un coupe-feu entre activités de banque et spéculation. Elle établit une séparation stricte entre les banques d?affaires et les banques de dépôt.
a écrit le 12/07/2011 à 11:15 :
Grèce , Italie , Espagne , Portugal : pays corrompus formés par des peuples fainéants
Réponse de le 12/07/2011 à 13:53 :
... et bientôt la France .... merci l'Europe et merci l'Euro !!
Réponse de le 12/07/2011 à 14:06 :
il ne faut pas s'en prendre à l'europe ou à l'euro, c'est le citoyen qui n'a pas voulu voir qu'on ne peut longtemps dépenser plus que ce qu'on gagne pour financer du fonctionnement. raymond BARRE l'avait dit il y a 30 ans.......
Réponse de le 13/07/2011 à 6:05 :
@ludo,tou n'est pas gentillé avec les italiens et les autres! de l'europa, mais dit toi que les dames FRANCAISE aiment bien les italiens, car nous autres sommes pas courageux! mais aux lit nous sommes des volcans en fusion! ont peux pas être bon dans tous les domaines!!!!!!!!! CIAO BANBINO!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Réponse de le 13/07/2011 à 6:31 :
@ricco, je confirme Ricco, que l'italien et un volcan comme le STOMBOLI , le charme ,la beauté de l'ITALIE, le sensualité de ce pays ou il fait bon vivre, comment ne pas aimer? je vous invite ludo a connaitre l'Italie, les Italiennes aussi ont du charmes, vacances en ITALIE ludo!!!!!!!!!!!!!!!!
a écrit le 12/07/2011 à 8:02 :
En clair , le problème d'arithmétique est de trouver la formule efficace pour défaire le Système mondialisé mis en place dans les années 1980 , sans en avoir l'air puisque les acteurs au pouvoir, gouvernants et financiers sont les mêmes qui répètent sans cesse le dogme de la pensée unique sans possibilité de solution alternative et qui s'exonèrent de toute responsabilité en accusant une crise imprévisible tombée du ciel .

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