Israël touchée par la dégradation de la note américaine
Pascal Lacorie, à Jérusalem
Pascal Lacorie, à Jérusalem
Israël a très mal pris la décision de Standard & Poor's (S&P) d'abaisser la note de son grand allié américain. Un vent de panique a aussitôt soufflé dimanche à la Bourse de Tel Aviv, qui a chuté de 7% avant de se reprendre par la suite.
Autre signe inquiétant : S&P a réduit sa note pour les emprunts de 5,9 milliards de dollars qu'Israël a levés ces dernières années avec la garantie du Trésor américain.
Cette dépendance s'exprime aussi par une aide militaire de 3 milliards de dollars par an qui permet à l'Etat hébreu de s'équiper sans frais en armements "made in USA". Les Etats-Unis sont également les premiers partenaires commerciaux d'Israël.
"Tout ce qui affecte les Etats-Unis, ne peut qu'affaiblir Israël", reconnaît un responsable de la Banque d'Israël. Youval Steinitz, le ministre des Finances, s'est pour sa part empressé d'exprimer "sa confiance dans les capacités des Etats-Unis à surmonter la crise".
Une déclaration, qui tient avant tout du v?ux pieux et ce d'autant que la tempête sur les marchés survient au moment où le gouvernement israélien est confronté sur le front intérieur à une révolte sociale sans précédent provoquée par la hausse effrénée du prix des logements.
Les experts de S&P, qui sont en train de plancher sur leur rapport annuel concernant Israël, s'inquiètent d'ailleurs d'une possible implosion d'une "bulle immobilière". Autre incertitude de taille ; la tension provoquée par le projet des Palestiniens de déclarer l'indépendance de leur Etat à l'ONU en septembre pourrait provoquer des violences et une augmentation du budget de la défense.
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Pour une partie des économistes, ce sombre tableau mérite toutefois être nuancé. Israël dispose de réserve monétaires record de 77,9 milliards de dollars, de quoi couvrir très largement sa dette publique. De plus l'abaissement de la note des futurs emprunts israéliens avec la garantie américaine ne peut porter à l'avenir que sur un montant limité à 3,8 milliards de dollars ce qui devrait se traduire par un modeste surcoût de 10 millions de dollars. L'économie israélienne est en outre en excellente santé avec un croissance prévue de 5% cette année, un chômage au plus bas depuis plus de 20 ans Des performances qui ont permis depuis trois ans à l'Etat d'Israël de rester avec la mention "stable" dans la catégorie des "A" aussi bien auprès de S&P, que de Fitch et de Moody's.
Pascal Lacorie, à Jérusalem
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