Les dernières heures du régime Kadhafi. Suivez l'évolution heure par heure

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Les rebelles ont pris ce week-end le contrôle de plusieurs villes libyennes. La fin du régime Kadhafi semble à présent inéluctable. L'évolution de la situation en direct.

La fin du régime de Kadhafi semble imminente. Suivez l'évolution de la situation heure par heure.

18h50 - La Banque mondiale déclare qu'elle est prête à renouer le dialogue avec la Libye.

18h40 - L'avenir de Seif al-Islam Kadhafi, le fils du colonnel, dépendra d'un vote de la part du Conseil National de la Transition. Ce dernier décidera s'il doit être remis à la Cour pénale internationale, qui doit le juger pour crimes contre l'humanité, ou s'il sera jugé en Libye.

18h30 - La fin du régime de Kadhafi est "une question d'heures ou de jours au grand maximum" selon une source officilelle française, citée par l'AFP.

18h27 - L'Autorité palestinienne a reconnu le Conseil national de transition, formé par les rebelles, en tant que gouvernement légitime de la Libye.

18h00 - Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon annonce la convocation d'un sommet cette semaine sur la situation du pays. Les protagonistes attendus seront la Ligue arabe et l'Union africaine New-York.

17h26 - Selon le Pentagone, Mouammar Kadhafi serait toujours présent sur le sol libyen.

17h01 - Silvio Berlusconi devrait rencontrer l'un des chefs des rebelles libyens dans les prochains jours. Le président du Conseil italien s'est entretenu avec Mahmoud Jibril, le premier ministre du Conseil national de transition, ce lundi, pour évoquer l'après-Kadhafi.

16h50 - La télévision publique libyenne a cessé sa diffusion vers 16h (heure de Paris).

16h40: - Le colonel Kadhafi aurait projeté un attentat contre une ambassade à Tunis, selon un représentant du ministère de la Défense tunisien. "Ce projet d'attentat a été programmé par Kadhafi, il visait à faire dérailler la révolution tunisienne", a déclaré un militaire rebelle libyen présent aux côtés du porte-parole tunisien lors d'une conférence de presse.

16h20: - Le ministre des Affaires étrangères turc Ahmet Davuto?lu s'envolera pour Benghazi mardi.

16h01 : - Les rebelles libyens déclarent occuper le siège de la chaîne de télévision publique Jamahiriya à Tripoli.

15h50 : - Le drapeau du Conseil national de transition (CNT), l'autorité designée par l'opposition au régime de Mouammar Kadhafi, flotte sur les ambassades libyennes à Rabat, Alger et Prague. Tunis et Le Caire reconnaissent la victoire des rebelles. 

"Cela me fait plaisir en cette occasion historique d'annoncer que l'Egypte reconnaît le nouveau régime en Libye et le Conseil national de transition qui le représente", a déclaré le ministre égyptien des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse conjointe au Caire avec l'envoyé du CNT auprès de la Ligue arabe Abdel Moneim al-Houweini.

15h02: Mustapha Abdeljalil, représentant du Conseil national de transition libyen à Paris conclut sa conférence de presse par ces mots: "Le jour de la capture de Muhammar Kadhafi sera le jour de la véritable victoire pour le peuple libyen".

14h50: "Le colonel, s'il est capturé vivant, sera livré à la Cour Pénale Internationale afin que le monde entier puisse voir le plus grand dictateur du monde faire face à ses responsabilités", déclare Mustapha Abdeljalil.

14h45:   "Nous entretiendrons une relation privilégiée avec les pays qui nous sont venus en aide." "Nous n'avons aucune certitude quant fait que Mouhammar Kadhafi ait quitté le pays", explique Mustapha Abdeljalil, représentant du CNT en conférence de presse à Benghazi, fief de la révolution libyenne.

14h28: L'émissaire du Conseil National de transition à Paris, Mansour Saif al-Nasra déclare qu'un procès pourrait se tenir en Libye contre le fils de Kadhafi, Seif al-Islam, plutôt qu'à la Cour pénale internationale de La Haye.

14h14: Dans un entretien accordé à la chaine Al Arabiya, le chef de la CNT, Mustapha Abdeljalil affirme que le colonel Kadhafi aurait quitté Tripoli et pourrait se trouver aux alentours de Bab al-Aziziya, dans la banlieue ouest de la capitale libyenne. Il ajoute qu'après sa chute, le colonel aura droit à un procès "équitable" et qu'il serait déféré en priorité à la Cour pénale internationale de La Haye.

13h48  Le premier ministre libyen Baghdadi Al Mahmoudi se trouverait sur l'île de Djerba en Tunisie, selon la chaîne de télévision Al Djazira.

13h43 Nicolas Sarkozy condamne les appels "irresponsables et désespérés de Kadhafi à poursuivre les combats".

13h06 - Malte refusera que Mouammar Kadhafi ou d'autres dirigeants de son régime visés par un mandat d'arrêt international soient accueillis en exil.

13h00 - Alain Juppé annonce que Nicolas Sarkozy s'entretiendra avec Mahmoud Jibril, le premier ministre du Conseil national de transition dans l'après-midi. Le président de la République appelle également les forces loyales du colonel à rendre les armes.

12h10 - Tandis que David Cameron fait part à la presse de son voeu de voir le colonel Kadhafi affronter la justice de son pays, le gouvernement maltais déclare son intention de transférer tout responsable du régime Kadhafi qui tenterait d'accoster sur l'île devant la Cour pénale internationale de La Haye. Le chef d'Etat déchu tenterait en effet de se réfugier sur l'île méditerranéenne.

11h52 - Paris prépare l'après-Kadhafi

Le ministre français des Affaires étrangères propose une réunion du "groupe de contact" sur la Libye dans les prochains jours à Paris. Alain Juppé affirme par alleurs que les rebelles contrôlent une grande partie du pays et  déclare ignorer où se trouve Mouamar Kadhafi.

11h49 - Un nouveau gouvernement de transition sera nommé

"Le CNT va bientôt se déplacer de Benghazi à Tripoli et ils vont nommer un nouveau gouvernement de transition qui va gouverner le pays, et servir le peuple dans toutes les villes", a indiqué le chargé d'affaires Mahmoud Nakouh, qui dirige l'ambassade libyenne à Londres à des journalistes devant l'ambassade.

Ce nouveau Conseil national de transition (CNT) formé par les rebelles à Benghazi va être transféré à Tripoli.

Mahmoud Nakouh a indiqué n'avoir "aucune nouvelle" du colonel Kadhafi, ajoutant "je pense qu'il est encore dans le pays". Le représentant du CNT à Londres a également confirmé que deux fils du colonel Kadhafi, Seif al-Islam et Mohammed, avaient été arrêtés. "Ils sont bien traités et je pense que nous faisons de notre mieux pour gérer la situation pacifiquement."

Selon lui "il y a des poches de résistances qui soutiennent le colonel Kadhafi, des combats dans certaines zones, mais globalement, nos combattants contrôlent 95% de Tripoli".

Par ailleurs, selon une source militaire rebelle des responsables du CNT seraient en route pour Tripoli.

11h40 - L'OTAN appelle à une transition pacifique pour  "l'après-Kadhafi"

Le secrétaire général de l'Otan a appelé l'instance dirigeante de la rébellion libyenne (CNT) à "garantir que la transition se fera dans le calme".  Anders Fogh Rasmussen espère que "le pays (restera) uni et que l'avenir (sera) fondé sur la réconciliation et le respect des droits de l'Homme".

11h10 Le régime de Kadhafi ne contrôle pas plus de 10% à 15% de Tripoli

Le régime du colonel libyen Mouammar Kadhafi ne contrôle "pas plus de 10% à 15%" de la ville de Tripoli, a affirmé lundi matin le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini à la chaîne de télévision en continu Sky TG24.

"Nous avons vu ces dernières heures se consolider une avancée de l'opposition au régime et nous pouvons dire qu'en ce moment pas plus de 10% à 15% de la ville est encore entre les mains du régime", a-t-il dit à propos de la situation dans la capitale libyenne.

"Autour de l'aéroport, qui est une zone clé, les dernières formes d'agression (de la part des forces loyales à Kadhafi, ndlr) sont en train d'être éliminées, des francs-tireurs (du régime, ndlr) sont arrêtés et dans certains cas ils se rendent", a poursuivi le chef de la diplomatie italienne.

Selon Franco Frattini, "de toute évidence l'arrestation des fils de Kadhafi a été un élément décisif". Le responsable de la diplomatie italienne a également assuré que l'hypothèse d'un éventuel exil de Kadhafi était désormais révolue et que le dirigeant libyen devait être déféré devant la CPI (Cour pénale internationale).

"Les offres d'exil (à Kadhafi, ndlr) ont été faites de manière plus au moins explicite de nombreuses fois. Désormais tous les délais ont expiré, le seul chemin est celui de la justice, la justice de la CPI", a déclaré M. Frattini. "Si Kadhafi avait accepté il y a un ou deux mois d'abandonner le pouvoir, l'idée d'un laisser-passer (pour l'exil, ndlr) aurait pu être examinée mais désormais, tous les délais ont expiré, il n'y a pas d'alternative à la reddition et au fait de se livrer à la justice", a assuré M. Frattini.

Le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo a annoncé lundi l'arrestation de Seif al-Islam, l'un des fils de Kadhafi, présenté dans le passé comme le futur successeur de son père, qui comme ce dernier fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes contre l'humanité.
"J'espère que Seif al-Islam sera rapidement transféré à La Haye pour être jugé selon les règles de l'état de droit", a poursuivi le ministre italien.
"Si Kadhafi continue à inciter dans les heures qui viennent à la guerre civile il sera le seul responsable d'un dramatique bain de sang", a poursuivi le chef de la diplomatie italienne qui a également lancé un appel aux rebelles "à ne pas s'abandonner aux vengeances", à éviter "des représailles" et à respecter "la dignité des prisonniers".

Franco Frattini a par ailleurs indiqué, dans une autre interview à la télévision publique RAI, que des techniciens du groupe pétrolier italien ENI se trouvaient déjà à pied d'oeuvre depuis plusieurs semaines à Benghazi pour aider les rebelles à remettre en service les installations pétrolières et d'exploitation du gaz. Avant le début de l'insurrection, ENI était le premier producteur pétrolier étranger en Libye, pays dont l'Italie est l'ancienne puissance coloniale.

10h20 "La fin du régime de Kadhafi" est proche, selon l'UE

7h20  Les rebelles déferlent sur Tripoli

Agitant des drapeaux rouges, noir et vert aux couleurs de l'opposition en signe de victoire, les insurgés ont atteint la place Verte située dans le centre de Tripoli. La place, jusqu'alors lieu de rassemblement des partisans du colonel libyen, a été rebaptisée "place des Martyrs" par les rebelles .

Six mois après le début des affrontements avec l'armée, la rébellion contrôle désormais tous les quartiers de la capitale à l'exception du complexe de Bab al Aziziah où se trouve la résidence de Mouammar Kadhafi, selon la chaîne de télévision Al Djazira.

"Nous sommes sur le point d'être délivrés du pouvoir du tyran. C'est tout nouveau pour moi. Je suis très optimiste", confie Laila Jawad, âgée de 36 ans.

De nombreux habitants de la capitale ont reçu un texto du Conseil national de transition (CNT, organe politique des rebelles) disant : "Dieu est grand. Nous félicitons le peuple libyen pour la chute de Mouammar Kadhafi."

Le fils aîné du "guide", Mohammed Kadhafi, a confirmé dans une interview à Al Djazira son arrestation et son placement en résidence surveillée à Tripoli. Annoncée par le CNT, la capture de Saïf al Islam, le plus jeune fils du colonel libyen, a été confirmée par le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo.

La CPI a émis en juin des mandats d'arrêt à l'encontre de Mouammar Kadhafi, de Saïf al Islam et du chef des services de renseignement Abdallah al Senoussi, inculpés pour crimes contre l'humanité.

Deux messages sonores de Kadhafi

Alors que les forces rebelles progressaient vers le centre de la capitale, Mouammar Kadhafi a une nouvelle fois invité les Libyens à "sauver Tripoli" dans le deuxième message sonore diffusé dimanche par la télévision publique.

"Il s'agit d'une obligation pour tous les Libyens. C'est une question de vie ou de mort", a dit Kadhafi dont la garde rapprochée s'est rendue en début de soirée dimanche aux rebelles.

"Je crains que si nous n'agissons pas, ils brûlent Tripoli", a indiqué le colonel libyen qui règne sans partage depuis 42 ans dans le pays. "Il n'y aura plus d'eau, de nourriture, d'électricité et de liberté."

Son porte-parole, Moussa Ibrahim, a pour sa part mis en garde contre un règlement de comptes des rebelles.

"Un massacre va être commis à Tripoli si l'un des deux camps l'emporte parce que les rebelles viennent emplis de haine. Que notre dirigeant parte ou démissionne, il y aura dans tous les cas un massacre."

Le "guide" libyen est prêt à négocier en personne avec le chef de file des rebelles, a précisé Moussa Ibrahim, faisant état de 1.300 morts dans la capitale dimanche.

A Benghazi, fief de l'insurrection dans l'Est, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre ville et ont piétiné des portraits de Kadhafi.

"C'est fini!", a crié un homme, sortant en trombe d'un immeuble, un téléphone portable vissé à l'oreille.

Préparé depuis des mois, le soulèvement de la capitale a été coordonné par des cellules de l'opposition sur place. Selon une source diplomatique à Paris, les cellules rebelles de Tripoli n'ont fait que suivre les plans établis il y a des mois et répondu au signal.

Transition pacifique et immédiate

Le président américain Barack Obama a estimé dimanche que le régime libyen montrait des signes d'effondrement et a appelé de nouveau Mouammar Kadhafi à quitter le pouvoir afin de mettre un terme au bain de sang.

"La façon la plus sûre de mettre un terme au bain de sang est simple : Mouammar Kadhafi et son régime doivent reconnaître que leur règne est terminé. Kadhafi doit regarder la réalité en face, il ne contrôle plus la Libye. Il doit abandonner le pouvoir une fois pour toutes", a indiqué le chef de la Maison blanche dans un communiqué.

"En ce moment historique et décisif, le CNT doit continuer à faire preuve de l'autorité nécessaire pour conduire le pays vers une transition qui respecte les droits du peuple de Libye", a estimé Obama, actuellement en vacances sur l'île de Martha's Vineyard (Massachusetts).

Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a pour sa part appelé à une transition pacifique et immédiate en Libye et s'est dit prêt, pour y parvenir, à travailler avec les rebelles qui combattent depuis mi-février les forces Kadhafistes.

L'Alliance atlantique a également annoncé qu'elle continuerait à protéger la population civile en Libye conformément à la résolution 1793 du Conseil de sécurité de l'Onu adoptée le 17 mars qui autorise les Etats membres à prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les populations civiles.

"Il semble que l'on s'approche de la fin", indique Anthony Skinner, analyste chez Maplecroft. "Mais de nombreuses questions demeurent. La plus importante est de savoir ce que Kadhafi va faire maintenant. Va-t-il s'enfuir ou va-t-il se battre?"

"Sur le long terme, que va-t-il se passer ? Nous savons qu'il y a de profondes divisions au sein de la rébellion et nous ne savons pas encore s'ils seront capables de former un front uni pour diriger le pays."

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