Un sommet UE-Afrique du Sud sous tension

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Les divergences sur la Libye, le Zimbabwé, la conférence climatique de Durban ou les accords commerciaux, formeront la toile de fond du quatrième sommet Union européenne-Afrique du Sud, ce jeudi à Skukura. Retour sur les points de tension et l'état des relations économiques entre Pretoria et Bruxelles.

Même s'il se tiendra dans le cadra paradisiaque de Skukura, au nord-est de l'Afrique du Sud, il y a de l'orage dans l'air du quatrième sommet entre l'Union européenne et le gouvernement de Prétoria. Les deux entités, qui voient dans ce sommet l'occasion de soigner leurs relations économiques à l'heure où l'Afrique du Sud s'affirme dans le cercle restreint des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), discuteront avant tout des accords économiques et commerciaux qui les unissent. Mais leurs relations tendues sur le plan diplomatique pourraient rendre difficile le climat des négociations, menées par le président Jacob Zuma et le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy.

Les chefs d'Etat discuteront lors de ce sommet d'un accord de coopération, qui pourrait aboutir sur une dotation européenne de 126 millions d'euros au ministère de la Santé sud-africain. L'objectif : renforcer le système de santé public en le rendant plus performant, par exemple en matière de lutte contre le sida et la tuberculose. Cet accord s'inscrirait dans le cadre des nombreuses poitiques d'aide au développement négociées avec l'UE, et qui se chiffrent à 980 millions d'euros pour 2007-2013, soit en moyenne 140 millions par an.

Premier bailleur et premier investisseur en Afrique du Sud, l'Union européenne a des relations privilégées avec le pays depuis la signature, en 1999, de l'Accord sur le commerce, le développement et la coopération (ACDC), renforcé en 2007 par un "partenariat stratégique". Mais c'est la première fois qu'un sommet s'ouvre avec de telles tensions.

Le désaccord sur la Libye

C'est l'épine dans le pied par excellence des rapports UE-Afrique du Sud. Alors que l'UE a fortement condamné les agissements de Kadhafi et l'a appelé à plusieurs reprise à quitter le pouvoir, Prétoria s'est vivement opposée aux pays membres de l'Otan dans la crise libyenne. Même si le pays, qui est membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, a voté la résolution 1973 pour autoriser le recours à la force pour protéger les populations civiles, il estime que l'esprit de l'accord a été bafoué et a condamné les bombardements de l'Otan. Depuis la chute du colonel Kadhafi, l'Afrique du Sud refuse toujours de reconnaître le Conseil national de transition (CNT), qui contrôle désormais la quasi-totalité du territoire libyen. 

La question zimbabwéenne

Encore un dossier sensible, où les positions de l'Union européenne et celles du président Zuma sont contradictoires. L'Afrique du Sud s'était opposée aux sanctions de l'UE à l'encontre du Zimbabwé suite aux élections controversées de 2009. Prétoria milite pour une levée des sanctions et estime que cela favoriserait la réussite du processus de transition au Zimbabwé, en montrant au président Mugabe que la communauté internationale ne prend pas parti pour un camp plus que pour l'autre. L'UE, elle, refuse pour l'heure de reconsidérer les sanctions à l'encontre du pays.

Le changement climatique

L'Union européenne et l'Afrique du Sud ont également des intérêts divergents en ce qui concerne le prochaine conférence de Durban sur le changement climatique, qui se tiendra du 28 novembre au 9 décembre. L'UE, qui s'est beaucoup impliquée dans les préparatifs de cette conférence, espère aboutir à un accord pour limiter les gazs à effet de serre, et compte sur l'Afrique du Sud, en tant que principale force politique africaine, pour convaincre ses voisins d'accepter des mesures légalement contraignantes.

Le partenariat UE-Afrique australe en question

Cette absence d'unité sur les dossiers diplomatiques pourrait rendre plus difficiles les discussions, informelles, sur le partenariat que l'UE envisage avec un groupe de sept pays d'Afrique australe. Pour conclure cet accord, en discussions depuis plusieurs années et qui devrait réformer les relations commerciales entre les deux zones, l'UE a besoin du soutien de l'Afrique du Sud, qui fait office de pays leader.

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