La Grèce n'atteindra pas les objectifs du plan de sauvetage

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La Grèce manquera les objectifs de déficit qui lui ont été assignés par ses bailleurs de fonds internationaux pour cette année et la suivante, selon les chiffres publiés dimanche par le ministère grec des Finances après l'approbation par le gouvernement du projet de budget 2012.

Le gouvernement socialiste de George Papandréou a annoncé dimanche que la Grèce manquera les objectifs du plan de sauvetage. Il a validé dans le même temps un plan visant à réduire drastiquement le nombre de fonctionnaires, contrepartie la plus controversée au déblocage de l'aide financière de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI).

Ce volet des réformes réclamées par les créanciers d'Athènes est le plus sensible aux yeux de l'opinion publique. Mais la Grèce ne peut se passer de l'aide financière internationale, dont une nouvelle tranche de 8 milliards d'euros est actuellement en suspens, dans l'attente des conclusions des inspecteurs de la "troïka" - UE, FMI et Banque centrale européenne.

Athènes s'attend désormais à ce que son déficit atteigne 8,5% du produit intérieur brut (PIB) cette année, alors que l'UE et le FMI avaient demandé que le déficit ne dépasse pas 7,6% du PIB. Le projet de budget prévoit que le déficit sera réduit à 6,8% en 2012, contre un objectif fixé à 6,5%.

Les Européens tentent d'éviter à tout prix un défaut de paiement de la Grèce sur sa dette, qui aurait des répercussions sur le secteur bancaire du continent - les banques détiennent une partie de la dette grecque -, sur l'avenir de la monnaie unique et pourrait provoquer en cascade une nouvelle crise économique mondiale.

Les prévisions de croissance retenues pour le budget 2012 tablent sur une contraction de 5,5% du produit intérieur brut (PIB) cette année et de 2-2,5% l'an prochain. Ces chiffres correspondent aux récentes projections du FMI, mais sont bien plus pessimistes que les projections utilisées pour calculer le plan de renflouement de 109 milliards d'euros le 21 juillet dernier, qui anticipait une croissance de 0,6% en 2012.

Une "réserve de travail"

Ce dépassement de l'objectif de déficit 2011 signifie que la Grèce aura besoin de deux milliards d'euros supplémentaires ne serait-ce que pour financer ses dépenses cette année.

Il implique également que les relèvements d'impôts et les baisses de salaires annoncées au cours des deux derniers mois par le gouvernement Papandréou n'ont pas suffi à redresser les finances du pays.

Les ministres européens des Finances qui se réunissent lundi et mardi à Luxembourg examineront le dossier grec mais ils devraient attendre le rapport des inspecteurs de la troïka avant toute nouvelle décision.

Ces quatre derniers jours, les dirigeants grecs ont enchaîné les discussions avec les experts UE-FMI-BCE.

Pour les convaincre de recommander le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide, Athènes s'est engagé à créer de nouveaux impôts, à baisser les salaires de la fonction publique de 20% en moyenne et à réduire le nombre de fonctionnaires de 20% d'ici 2015.

Parmi ces mesures d'austérité, profondément impopulaires alors que la Grèce en est à trois ans de récession, le licenciement annoncé de fonctionnaires passe particulièrement mal dans un pays où 20% de la population active travaille au service de l'Etat et bénéficiait jusque là d'une garantie d'emploi à vie.

Le gouvernement a approuvé la création d'une "réserve de travail", où 30.000 fonctionnaires seraient affectés d'ici la fin de l'année avec une baisse de 40% de leur rémunération. Au bout d'un an, ils seraient licenciés.

Grèves et manifestations sont prévues ces prochaines semaines à l'appel des syndicats, qui espèrent aussi "retourner" des députés socialistes. Pour l'heure, le gouvernement ne dispose que de quatre sièges de majorité au Parlement.

"Il reste trois mois capitaux avant la fin de l'année 2011 et l'estimation finale d'un déficit à 8,5% du PIB peut être atteinte si l'appareil d'Etat et les citoyens agissent en conséquence", écrit le ministère grec des Finances dans un communiqué, ajoutant que le projet de budget sera soumis lundi au parlement.

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a écrit le 04/10/2011 à 10:33 :
la Grèce est en faillite et il fo que les créanciers effecent au moins une partie des créances ! quelles autres solutions ? aucune , car le pays est en récession et l'état grec ne peut pas récupérer l'argent grec déposé en Suisse.....
a écrit le 03/10/2011 à 18:00 :
Je trouve que votre pseudo "bientôt presque tous pauvres" résume bien la situation actuelle ... Pourtant rappelons-nous : n'avaient-"ils"-pas dit (ceux de gauche et ceux de droite) :
"L'Euro vous apportera bonheur et prospérité".
Ils auraient été plus honnêtes en clamant :
"Bonheur et prospérité pour l'oligarchie financière et les actionnaires de multi-nationales" !!
a écrit le 03/10/2011 à 8:45 :
Dexia Nationalization Imminent?

http://www.zerohedge.com/news/dexia-nationalization-imminent

a écrit le 03/10/2011 à 7:51 :
est ce une surprise ?
a écrit le 03/10/2011 à 7:41 :
La bonne solution c'est de laisser les grecs et tous les autres mourir de faim pour satisfaire les créanciers. Les bras m'en tombent. Si les peuples se soulèvent et rétablissent la guillotine faudra pas faire semblant de s'en étonner.
Réponse de le 03/10/2011 à 8:45 :
ou bien il faut virer les incompetents qui gouvernent de pays (?).

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