Les patrons japonais retrouvent le moral

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Le Tankan, indice de confiance trimestriel du patronat japonais, publié ce lundi, met en évidence une remontée du moral des cercles dirigeants. L'embellie est générale, du secteur manufacturier au non manufacturier, traduisant un spectaculaire rebond de l'économie japonaise.

On craignait un enlisement du Japon dans la crise après la terrible catastrophe naturelle du 11 mars et l'explosion de la centrale nucléaire de Fukushima qui ont endeuillé l'Archipel. Il reste 80.000 réfugiés dont il n'est même pas sûr qu'ils puissent un jour retourner chez eux au vu des niveaux de contamination autour de Fukushima. Mais la région touchée ne représentait que 4% du PIB et 5,7% de la population. "Comme lors du grand tremblement de terre de Kobé en janvier 1995, l'activité économique a été assez rapide à rebondir après un choc ponctuel", estime Hiromichi Shirakawa, de Crédit Suisse. Le choc du 11 mars est un phénomène qui a des conséquences davantage sur l'offre que sur la demande, contrairement au choc Lehman.

Esprit de solidarité

Le séisme et le tsunami ont certes mis à l'arrêt, pour un temps, des fabricants de composants vitaux pour le reste de l'économie japonaise et mondiale. La pénurie d'électricité a guetté le pays, qui a forcé industriels et populations à des économies d'énergie drastique pendant l'été. Mais l'esprit de solidarité japonais a joué à plein dans les entreprises après la catastrophe. Cette dernière aura finalement servi de fédérateur pour les entreprises nippones, s'imposant de nouveaux horaires de travail et une baisse générale de leur confort pour maintenir les cadences de l'avant-11 mars. L'usage de l'électricité a baissé de 19% en juillet-août par rapport à l'été 2010. L'embellie signalée par le tankan est ainsi très impressionnante dans le secteur automobile (+ 65 points). "Six mois après Fukushima, les problèmes sur la chaîne de production ont disparu. Par exemple, la production dans le secteur du transport s'était effondrée de moitié en mars et avril, mais avait retrouvé  à 95% son rythme de février dès la fin juillet", estime Masayuki Kichikawa, de BOA-Merrill Lynch. "Les entreprises ont amélioré leur efficacité énergétique de 2 à 5% cet été", ajoute-t-il.

Tributaires des exportations

Cette embellie durera-t-elle ? Pour ce président de la filiale d'un groupe publicitaire européen à Tokyo, "la reprise ne durera pas, et je suis très pessimiste sur 2012. Ils ont beaucoup investi après le 11 mars pour montrer qu'ils étaient solidaires ; mais à l'approche de la fin de l'année fiscale en mars, ils feront comme chaque année machine arrière et cesseront d'investir pour préserver leurs bilans annuels." L'autre problème du Japon, ce sont les autres. Tributaire des exportations pour l'essentiel de sa croissance, L'archipel voit d'un mauvais ?il les difficultés de la zone euro et de son partenaire américain, sur fond de flambée du yen. "Si une crise financière déclenchée à partir de la zone euro peut être évitée, il est possible que la reprise soit solide", prédit Masayuki Kichkawa.

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