Angela Merkel tempère les attentes sur le sommet d'aujourd'hui

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La chancelière allemande Angela Merkel a tempéré dimanche les attentes sur l'issue du sommet européen de dimanche concernant la crise de l'euro, réaffirmant que les décisions ne pourraient être prises que lors du sommet suivant de mercredi. Elle a rencontré ce matin Silvio Berlusconi avec le président Français. Après la Grèce, c'est au tour de l'Italie de susciter une inquiétude croissante.

"Pour moi il est important de répéter qu'aujourd'hui nous préparons les décisions de mercredi" car les négociations portent sur "des sujets parfois techniquement très complexes comme le fonctionnement du FESF", le Fonds de secours de la zone euro pour les pays en difficulté, a déclaré Angela Merkel à la presse dès son arrivée.
"C'est la raison pour laquelle il ne faut pas s'attendre à des décisions aujourd'hui de la zone euro mais seulement mercredi", a ajouté la chancelière.
Mme Merkel réaffirme d'autre part qu'"un changement de traité ne doit pas être tabou" dans l'Union européenne pour améliorer la discipline budgétaire commune des pays qui la composent. Elle entend mettre le sujet sur la table lors du sommet de dimanche.
Une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de tous les pays de l'Union européenne est débord prévue, puis dans l'après-midi une rencontre des seuls dix-sept dirigeants des Etats de l'Union monétaire.

Plus de dix heures de réunions ont été nécessaires samedi pour arracher un accord sur une recapitalisation du secteur bancaire à hauteur de 108 milliards d'euros, qui avait été pourtant largement agréée au niveau technique cette semaine. Et les travaux ont  peu ou pas avancé sur la formule qui sera retenue pour démultiplier le fonds de soutien à l'euro et pour réduire la montagne de dette grecque, même si une décote allant jusqu'à 60% des titres détenus par les investisseurs privés est en cours de discussion.

A son arrivée à Bruxelles, où il devait dîner avec Angela Merkel, le président de la BCE Jean-Claude Trichet, la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde et les président de la Commission et du Conseil européen, José Manuel Barroso et Herman van Rompuy, Nicolas Sarkozy s'est dit confiant dans l'issue des discussions.

"Il y a des progrès (...) D'ici à mercredi, il faut trouver une solution, une solution structurelle, une solution ambitieuse, une solution définitive, il n'y a pas d'autre choix", a-t-il déclaré en référence à la date du deuxième sommet qui réunira les dirigeants de la zone euro.

Des progrès ont été accomplis dans les discussions en cours sur la crise des dettes souveraines de la zone euro même si des solutions restent à trouver d'ici à mercredi prochain, avait déclaré samedi soir Nicolas Sarkozy. Prié de dire s'il était confiant dans l'issue des discussions, le président a répondu : "oui, sinon je ne serais pas là."

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel devaient rencontrer le président du Conseil italien Silvio Berlusconi ce dimanche avant que ne s'ouvre le sommet européen, à Bruxelles, a-t-on indiqué à l'Elysée.
La rencontre devait débuter à 9h30 dans les bureaux de la délégation française au Conseil européen.
L'Italie est sous une intense pression de ses pairs de la zone euro pour rassurer sur sa détermination à maintenir ses finances publiques sous contrôle et montrer aux marchés que le pays n'aura pas à avoir recours au fonds de soutien à l'euro.

BANQUES

Au terme de l'accord trouvé samedi, une soixantaine des plus grandes banques européennes devront se recapitaliser d'ici au 30 juin 2012 à hauteur de 100 milliards d'euros afin de détenir au minimum 9% de fonds propres "durs" core tier one.

Quelque 38% de cette somme, qui pourrait ne pas être publiée officiellement, devrait revenir aux trois pays déjà sous programme d'aide : Grèce, Portugal et Irlande.

Les banques devront par ailleurs marquer leurs titres de dette souveraine à leur valeur de marché et les établissements qui ne se plieront pas à cette série de règles seront interdits de verser des dividendes à leurs actionnaires et des bonus à leurs dirigeants.

Les Vingt-Sept ont par ailleurs évoqué samedi une réactivation des garanties offertes aux banques à l'automne 2008, au plus fort de la crise, pour leur permettre de trouver des financements à moyen et long terme, a-t-on appris de même source.

GRÈCE

Les ministres sont également longuement revenus sur le dossier grec et sur la manière de rendre la dette grecque soutenable sur le long terme.

Selon un rapport qui servira de base aux décisions des dirigeants de la zone euro, les créanciers privés de la Grèce pourraient devoir accepter une perte allant jusqu'à 60% sur leurs titres souverains.

Les ministres européens des Finances restent toutefois divisés sur le caractère volontaire ou non de la participation du secteur privé au nouveau plan de sauvetage à la Grèce.

Craignant de déclencher un événement de crédit aux conséquences imprévisibles, la France et plusieurs autres pays se montrent réticents à aller au-delà de l'enveloppe de 50 milliards d'euros négociée le 21 juillet dernier avec les banques, comme le réclame Berlin si besoin en forçant ces dernières à faire un effort supplémentaire.

Vendredi soir, Athènes a reçu une bouffée d'oxygène provisoire avec le feu vert européen au versement d'ici mi-novembre de la prochaine tranche d'aide internationale de 8 milliards d'euros, sans laquelle la Grèce ferait défaut sur ses titres souverains dans les prochaines semaines.

Le FMI doit toutefois encore lui-aussi valider ce versement, qu'il a conditionné à des décisions ambitieuses des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro pour réduire la montagne de dette grecque.

FESF

Le dernier volet des discussions - la démultiplication du Fonds européen de stabilité financière (FESF) - n'a pour le moment été qu'à peine effleuré par les ministres, qui laisseront le soin de trancher cette questions aux leaders.

Vendredi soir, le ministre de l'Economie, François Baroin, a confirmé que la France continuait de penser que transformer le fonds en banque était la meilleure solution mais qu'elle n'en faisait pas "un point d'affrontement définitif".

Octroyer une licence bancaire au FESF lui permettrait d'avoir accès à des financements de la Banque centrale européenne et de multiplier sa capacité d'action par un facteur allant jusqu'à cinq.

Mais Berlin se refuse à cette possibilité, qui reviendrait à accepter que l'institution de Francfort finance les pays de la zone euro, l'un des dogmes explicitement exclus par les traités européens depuis la création de l'euro.

Les autres membres de la zone euro sont eux aussi divisés, la Belgique ou l'Espagne s'étant prononcés pour un rapprochement BCE-FESF alors que la Slovaquie ou l'Autriche ont indiqué que cette solution n'était plus étudiée.

Les dirigeants européens sont placés sous une intense pression par leurs partenaires internationaux pour agir de manière résolue contre la crise, à moins de deux semaines du sommet du G20 de Cannes où ils ont prévu de leur demander des comptes.

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Commentaires
a écrit le 23/10/2011 à 9:19 :
Ne crachons pas dans la soupe... Pour créer cette Europe et lui donner corps; nos gouvernants ont jugé bon d'employer une méthode ; qui nous voyons bien aujourd'hui est arrivée à son terme. Nous voyons une répétition de crises, qui malheureusement risquent de se poursuivre. Les sociétés occidentales ont épuisées leur système, à même temps que leur leader ship. Nous devons faire preuve de beaucoup de courage. Un, pour élaborer une nouvelle société capitalisme beaucoup plus régulée, deux, pour changer le leader; qui n'a jamais fonctionné autrement et qui par conséquence ne peut plus diriger un autre concept.
a écrit le 23/10/2011 à 8:10 :
Provisoire. Voilà la situation. le pire dans tout cela c'est que ceux qui affirment vouloir régler le problèmes sont les mêmes qui ont mis tout ce système en place et ont fermé les yeux des années durant. La Grèce doit être déclarée en faillite et reprendre sa monnaie nationale. Voire même peut-être le Portugal également.
Réponse de le 23/10/2011 à 9:20 :
Pas tout à fait d'accord avec vous... L'erreur historique remonte à Maastricht, lorsque le principe de la monnaie unique a été décidé. La France a alors accepté toutes les concessions face à l'Allemagne pour faire aboutir ce projet, notamment en calant le niveau de cette monnaie sur le mark. Encore une fois nous avons fait passer nos « grands idéaux humanistes » avant le concret qui est que la France ne peut pas fonctionner avec une monnaie aussi forte. Alors, on peut certes reprocher aux hommes politiques actuels d'avoir participé mais les grands responsables de cette situation sont Mrs Mitterrand et Delors qui ont sur le coup été d'une nullité absolue en matière stratégique. Ce choix a été une faute gravissime pour notre pays... Et je dis cela mais j'ai moi même voté pour à l'époque et je m'en mord aujourd'hui les doigts.
a écrit le 23/10/2011 à 5:09 :
J'aime beaucoup les photos de notre journal préféré. Je suis curieux de cette écharpe qui communique ce rhume que l'Europe a attrapée ou encore un président enrhumé (à plaindre qui va quand même le jour du seigneur -vous dire l'effort-parler argent dans un pays froid( à plusieurs points de vue).
a écrit le 23/10/2011 à 4:52 :
"Les banques devront par ailleurs marquer leurs titres de dette souveraine à leur valeur de marché et les établissements qui ne se plieront pas à cette série de règles seront interdits de verser des dividendes à leurs actionnaires et des bonus à leurs dirigeants"rien n'interdit de verser des stocks options,golden hello et parachutes dorés.encore du vent.il est temps que les banques assument leurs dettes et se mettent en faillite.la banque de france assurera l'intendance en attendant.depuis le temps qu'on les paye a rien foutre
a écrit le 23/10/2011 à 3:15 :
Les politiciens sont obligés de trouver une solution !
La Grèce est aussi un bastion de la défence militaire de l´ Europe !
a écrit le 22/10/2011 à 23:09 :
C'est quand même incroyable que les financiers et banquiers mettent une pression énorme sur les dirigeants pour trouver une solution d'ici à mercredi (!!!) alors que lorsqu'il s'agit de réformer les banques, la finance et les marchés on leur laisse jusque... 2019 !!!! Comment peut-on ainsi accepter de laisser 8 ans aux banquiers pour se réformer (Bâle III) quand ceux-ci demandent à l'Europe de réagir au quart de tour et de prendre des décisions à 1000 milliards d'euros en moins d'une semaine ????
Réponse de le 23/10/2011 à 5:12 :
Parce que il y a une mise en scène 'un peu comme le réveil soudain des agences de rating qui dégrade l'Espagne l'Italie et bientot la France à des moments stratégiques pour des intérêts surement bancaires et américains ...)
Je pense à une stratégie de choc pour nous faire avaler toutes les pilules qui pourront .
Réponse de le 23/10/2011 à 14:29 :
Si tu étais un temps soit peu cultivé, et que tu connaissais la fable "L'Ile des naufragés" et bien peut-être voteras-tu mieux la prochaine fois, à bon lecteur ! salut

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