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Les sanctions internationales pèsent sur l'économie syrienne

Romain Renier

Publié le 14 novembre 2011 à 16:35

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En annonçant ce lundi qu'elle souhaite suspendre les activités de la Banque européenne d'investissement (BEI) en Syrie, l'Union européenne renforce ses sanctions à l'encontre du régime. Ces dernières, qui s'ajoutent aux effets directs de la révolte, commencent à peser sur l'économie.

En annonçant lundi qu?elle souhaite suspendre les activités de la Banque européenne d?investissement (BEI) en Syrie, l?Union européenne renforce ses sanctions à l?encontre du régime. Une annonce qui fait écho à la décision surprise, de la Ligue Arabe, de suspendre la Syrie de ses réunions.

Depuis le début de ses activités en Syrie en 1978, la BEI a distribué pour 1,7 milliard d?euros de prêts servant à financer des infrastructures. Elle a par ailleurs dégagé une enveloppe de 10,7 milliards d?euros, pour la période 2007-2013, à destination de projets dans neuf pays méditerranéens, dont la Syrie, dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen.

L?UE, qui a déjà pris des sanctions contre le régime de Bachar al-Assad en septembre dernier, en interdisant à ses entreprises tout nouvel investissement dans son industrie pétrolière, a franchi un nouveau pas en octobre en gelant les avoirs de la Commercial Bank of Syria en plus de ceux de dix-huit autres entités. Dans son communiqué du 13 octobre, le Conseil de l?UE annonçait vouloir "geler les avoirs d?une entité supplémentaire qui soutient financièrement le régime" en "s?assurant que le commerce légitime ne soit affecté que le moins possible".

Mais ce nouveau durcissement des mesures risque de peser un peu plus sur une économie déjà exsangue après huit mois de révolte et de restrictions économiques. D?autant plus que les prêts accordés par la BEI sont en principe destinés à soutenir les initiatives privées.

Avant le début de l?insurrection, la Syrie affichait de bons indicateurs économiques. D?après les estimations fournies par l?Organisation internationale du travail, le taux de chômage en 2010 se situait autour de 8,4% de la population active, contre 6% en 2005. Selon les estimations de la Banque Mondiale, la croissance a atteint l?an dernier les 3,2% et 6% l?année précédente. Mais l?économie, qui grâce à des progrès réalisés ces dernières années a entamé des négociations avec l?OMC en mai, marque aujourd?hui le pas.

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En interdisant à ses entreprises d?investir dans le secteur pétrolier et en mettant fin aux prêts de la BEI en Syrie, l?UE tape là où cela fait mal. D?après un rapport de l?institution financière, l?économie reste encore très dépendante de son secteur pétrolier qui représentait en 2010 20% de ses recettes publiques et 30% de ses recettes d?exportation. Et ces sanctions ne sont pas sans effet. D?après les derniers chiffres de l?Agence internationale de l?énergie, la Syrie produisait encore 420.000 barils par jour en mai dernier, contre moins de 300.000 aujourd?hui. Quant aux prêts accordés par la BEI en Syrie, 53% l?ont été dans le secteur de l?énergie (pétrole, électricité, gaz).

Autre secteur touché, le secteur touristique qui, selon Paul Salem, directeur du centre Carnégie pour le Moyen-Orient, emploie 11% de la population active, a été réduit à néant par les cycles de violence. Adib Mayaleh, gouverneur de la banque centrale, a même annoncé dés fin août une chute de 90% des recettes dans le secteur.

Une situation nouvelle qui accentue d?autres difficultés rencontrées par la Syrie, qui doit faire face depuis 2008 à la sécheresse qui touche son secteur agricole, fournisseur de 17,1% des emplois, d?après les derniers chiffres fournis par la CIA dans son Factbook 2011.

À lire également

  • Le pétrole syrien bientôt sous embargo
  • Un recours à la force en Syrie voué à l'échec, dit Assad

Le levier économique reste cependant la seule arme à disposition de l?UE, qui exhorte l?ONU à intervenir afin de protéger les populations civiles. Les projets de résolution visant à intervenir restent en effet bloqués par la Chine et la Russie qui rejettent toute idée d?intervention en Syrie. L?arme diplomatique n?est toutefois pas abandonnée par Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, qui, tout en déclarant qu?une intervention n?est pas à l?ordre du jour, s?est prononcé en faveur de l?envoi d?observateurs des Nations-Unies sur place pour veiller à la sécurité des populations.

Romain Renier

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