Englué dans la rigueur, le Portugal s'enfonce dans la récession

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L'économie portugaise s'est encore contractée de 0,4% au troisième trimestre. Les mesures sévères d'austérité laissent peu d'espoirs de rebond.

L'économie portugaise continue à s'affaiblir, et les derniers indicateurs confirment sa tendance à la récession. Le PIB a reculé de 0,4 % au troisième trimestre par rapport au second trimestre. La richesse nationale enregistre une contraction de 1,7 % en termes homologués par rapport à 2010 selon l'estimation de l'INE, Institut de la statistique, publiée ce lundi. La contraction du marché intérieur se poursuit et s'accélère, et la consommation des ménages recule. C'est là une conséquence directe des premières mesures d'austérité imposées par la « Troika » en contrepartie de l'enveloppe de 78 Milliards d'euros accordée par le FMI et l'Union européenne. Le gouvernement qui s'apprête à faire approuver par le parlement un budget d'austérité très difficile en 2012, prévoit une contraction de 2,8 % du PIB l'an prochain. Mais la fin de 2011 s'annonce plus difficile que prévue, d'autant plus que la consommation risque de se contracter à nouveau suite à la levée exceptionnelle d'un impôt sur les primes de Noël.

Quant aux mesures d'austérité pour l'an prochain elles ne laissent guère de doutes sur leurs caractères « sacrificiels » : suppressions des primes de vacances et de noël des fonctionnaires, gel de leur salaire et de leur avancement. La démonstration de force des syndicats de la fonction publique qui ont pu rassembler 180.000 personnes dans les rues de Lisbonne samedi a, d'ailleurs, démontré le ras-le-bol des fonctionnaires. Mais les mesures d'austérité ne vont épargner personne, entre augmentation de la TVA, fin des avantages fiscaux, ou restrictions des allocations. Sans oublier l'imposition d'une demi-heure de travail quotidien supplémentaire non rémunérée.

Inversion de tendance

Le nouveau Premier ministre Pedro Passos Coelho, en place depuis juin dernier, a réaffirmé pour sa part qu'il n'y avait pas de marge de manoeuvre pour assouplir la rigueur imposée. Le gouvernement maintient un objectif de déficit public à 5,9 % du PIB cette année, et de 4,5 % l'an prochain. Optimiste, le ministre de l'Économie, Alvaro Santos Pereira, a considéré que « 2012 sera l'année de la fin de la crise et la relance sera au rendez-vous en 2013 et 2014 ». Les syndicats émettent de sérieuses réserves quant à cette inversion de tendance. La CGTP (proche des communistes) et l'UGT (centriste) ont appelé à une grève générale unitaire le 24 novembre prochain. Les deux centrales s'opposent à l'austérité et à la réforme de la loi du travail, et s'opposent à des réformes structurelles comme celle envisagée dans les transports publics, qui devraient se traduire par des licenciements.

 

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Commentaires
a écrit le 10/12/2011 à 15:16 :
Ce que veulent les Merkozy ce n'est pas sauver l'Euro, c'est surtout préserver les avantages acquis pendant des années grâce à des règles très favorable pour eux et qu'ils ont dictée aux autres membres de l'Union Monétaire.
Nous avons en Europe une zone de libre échanges qui en fait a dégénère en und réserve pour les exportation de la France et surtout l'Allemagne.
Dû à l'excèdent commercial exorbitant (14 Milliards par mois) de l'Allemagne et les déficits des balances commerciales des autres pays, y compris de la France entre-temps, qui en découlent, les budgets de la plus part de ces pays sont forcement déficitaires, à cause du manque à gagner. Les économies de ces pays sont lentement mais surement en train d'être étouffées par la surpuissante économie allemande. Allemagne qui désormais flirte dangereusement avac l'Est.
Ces pays ainsi pris au piège ne peuvent plus se libérer, l'Euro ne peut être abandonné par un pays membre que si celui-ci cesse d'être membre de l'UE.
Aucune économie européenne ne pourrait survivre longtemps en dehors de l'UE.
C'est ce qui permet aux Merkozy le chantage qu'ils font sur les autres membres de la zone euro et qui va leur permettre d'imposer à nouveau des règles, qui en fait avantagerons en premier lieu et à nouveau l'économie allemande, puisque la plus forte.
Marche ou crève.
a écrit le 18/11/2011 à 7:59 :
Evidemment économie et rigueur signifie l'arrêt des gabegies et des gaspillages et donc une récession. Il faut savoir ce que l'on veut soit vivre au-dessus de ses moyens soit vivre normalement sans excès et sans gaspillages en préservant les ressources naturelles. Vivre normalement veut aussi dire un enfant et pas plus et plutôt moins, car les allocs vont aussi être rabotées.
a écrit le 15/11/2011 à 13:11 :
Tous les portugais...maitres nageurs sur la plage!
Sans compter les femmes de chambre.
Ils vont s'en sortir. C'était comment au temps du dictateur Salazar!
La misére est plus douce là ou il fait chaud...je sais de quoi je parle, j'ai une cote et même une jambe là bas!
Réponse de le 15/11/2011 à 16:28 :
pour y avoir vecu au temps de salazar ...expliquez moi en quoi c'etait doux???
a écrit le 15/11/2011 à 11:51 :
"Optimiste, le ministre de l'Économie, Alvaro Santos Pereira, a considéré que « 2012 sera l'année de la fin de la crise et la relance sera au rendez-vous en 2013 et 2014 »." : ah çà, pour être optimiste, il l'est ! Parce dans 2 ans, quand son pays aura été bien laminé par tous ces plans d'austérité, au milieu des autres pays de l'Europe bien laminés par tous ces plans d'austérité, on ne voit pas très bien comment la croissance pourra être au rendez-vous ...

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