Dette grecque : pourquoi la décote de 50% risque d'échouer

Les discussions en vue d'un échange d'obligations comportant une décote de 50% entre le gouvernement grec et les investisseurs privés, devraient commencer ce mercredi à Francfort. Mais les détails de cette opération soulèvent d'ores et déjà des critiques.
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L'opération, dont le principe et la décote de 50% ont été décidés en commun dans la nuit de 26 au 27 octobre à Bruxelles par les gouvernements de la zone euro et les investisseurs privés détenteurs d'oblitations grecques, doit permettre de ramener la dette publique grecque à 120% du PIB du pays en 2020, au lieu de plus de 160% actuellement. Mais si le principe de la décote est sur les rails, la question de la participation volontaire des investisseurs privées reste floue.

Et pour cause : une grande partie de la dette souveraine grecque est désormais entre les mains d'institutions publiques et non d'investisseurs privés. En effet, selon des chiffres de Barclays, la BCE détiendrait environ 45 milliards d'euros de dette grecque, acquise via son programme de rachat d'obligations souveraines. De leur coté, les Etats de la zone euro et le FMI se sont également largement substitués au financement des investisseurs via des prêts bilatéraux. Enfin, près de 36 miliards d'obligations sont détenues par des fonds souverains grecs, et ne sont donc pas concernés.

Sur son blog, Olivier Berruyer se lance dans une simulation dont les résultats ont de quoi surprendre. En retirant d'office de l'opération les détenteurs publics de dette grecque, ainsi que les 15 millliards d'euros d'obligations devant être remboursée à  court terme, et en considérant que 50% des petits porteurs d'obligations et 80% des autres porteurs participeront à  cet échange, nous pouvons conclure que seulement 100 milliards d'euros seront -peut être- concernés par la décote. Ce qui permettrait d'effacer environ 50 milliards d'euros de dette et de la ramener à 115% du PIB.

Mais encore une fois, le diable est dans les détails, puisque le communiqué issu du sommet précise que "Les États membres de la zone euro contribueront à l'ensemble des mesures relatives à la participation du secteur privé à hauteur de 30 milliards d'euros. Sur cette base, le secteur public est disposé à fournir un financement supplémentaire au titre du programme pour un montant allant jusqu'à 100 milliards d'euros jusqu'en 2014, y compris la recapitalisation requise des banques grecques." En clair, les Etats devront mettre la main à la poche, notamment à cause de la participation des banques grecques. En grande difficulté, ces dernières sont incapables de subir des pertes sans une recapitalisation. De même d'ailleurs qu'un certain nombre d'autres banques européennes particulièrement exposées aux dettes souveraines.

Autrement dit, les pertes que l'on s'apprête à faire subir aux banques pour soulager la dette de l'Etat grec seront probablement compensées par la création de nouvelles dettes des gouvernements de la zone euro... pour recapitaliser les banques.

L'Europe, qui prétend apprendre de ses erreurs, ne tenterait-elle pas de résoudre la crise de la dette par davantage de dette ?

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Commentaires 20
à écrit le 16/11/2011 à 23:41
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Tout un peuple est pris en esclavage parce-que il fallait exporter a tout prix. Exporter surtout de l'armement, la Grèce était il y a à peine quelques années le 5me importateur d'armement du monde, et devinez d'où venait cet armement? Très juste, d'A...

le 17/11/2011 à 7:06
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Il suffit donc que les Grecs rendent l'armement qu'ils on achté à crédit à leurs créanciers, comme c'est la coutume en cas de cessation de payement. La mère Merkel, qui a obligé la Gréce à prendre un sous marins commandé mais non encore livré il a á ...

à écrit le 16/11/2011 à 17:31
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Bien sur qu'on rachète de la dette avec de la dette mais au niveau national Il me semble qu'en acceptant la décôte et en recapitalisant les banques on crée de la dette intérieure alors qu'en apporovisionnant l'economie grecque via le FESF (puits sans...

le 17/11/2011 à 8:16
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De la dette intérieure ? ou ça ? Dans tous les cas, l'argent vient bien de l'extérieur de la Grèce. Tout devra repartir du pays un bon matin... et avec des intérêts. cf cet article http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20111109t...

à écrit le 16/11/2011 à 15:02
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Décote de 50 % insuffisante. Il faudrait une décote de 80 % pour que la Grèce puisse retrouver des couleurs et un peu d'espoir. Pour l'Italie, une décote de 25 % est à présent nécessaire même si les banques françaises et les assurances-vie risquent d...

à écrit le 16/11/2011 à 13:21
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"L'Europe, qui prétend apprendre de ses erreurs, ne tenterait-elle pas de résoudre la crise de la dette par davantage de dette ?" Enfin, les journalistes viennent de comprendre ce qui se passe depuis 2007 ! Les politiques keynésiennes menées depuis l...

à écrit le 16/11/2011 à 13:20
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La coeur de la zone euro est attaqué il faut réagir, hier l'Italie et la France, les Pays Bas, la Finlande et l'Autriche (pays à l'économie "germanisée" et solide), demain l'Allemagne. Il faut mettre les marchés au pas.

le 16/11/2011 à 15:19
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C'est pourquoi le Populisme marche si bien dans ces pays. S'inspirer de la méthode Anglo-Saxonne paraît être le bon choix,encore faut-il que les syndicats deviennent lucides,constructifs,ouverts aux dialogues,et renoncer aux divers conforts et sinéc...

le 16/11/2011 à 17:38
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prenez des cours d'économie et de bons sens

à écrit le 16/11/2011 à 12:35
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Et ben...il aura fallu un certain temps aux journalistes financiers pour comprendre...la desinformation n a pas fini. Etre journaliste n est pas etre le porte voix des politiques qui presentent une verite qui les arrangent...a des gens un peu niais

à écrit le 16/11/2011 à 11:30
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En fait si je comprend bien, ce que l'on cherche désespérément c'est la quadrature du cercle, faire disparaitre les dettes sans que personne n'y perde. Au moyen age on appelait ces gens des alchimistes, ils essayaient de transformer le plomb en or. I...

à écrit le 16/11/2011 à 11:13
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En fin de compte, la Grèce ne s'en sortira pas trop mal. Seuls les détenteurs privés grecs perdront de l'argent s'ils acceptent la décote de 50%, les banques grecques seront recapitalisées et l'Etat finira par rembourser qu'une partie de l'argent prê...

le 16/11/2011 à 13:11
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Tout à fait d'accord !

à écrit le 16/11/2011 à 10:58
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super ! mais dites-moi le sommet du 26 27 octobre, c'était il y a trois semaines non ? A votre avis personne n'avait analysé et publié bien plus tôt le coup du risque élevé d'échec de l'échange volontaire pour atteindre 100 milliards ? l'argument de...

à écrit le 16/11/2011 à 10:26
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Arrêter svp les scénaris pseudo réalistes ! par contre j'ai une belle affaire ...Voulez vous acheter des sub-prime grecques ? avec une offre promo plus attractive ,'j'offre 80 % de réduction sur le prix de la tonne vaseline...

à écrit le 16/11/2011 à 10:24
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Effectivement, bonne question de la Tribune, Je poste à nouveau un de mes commentaires daté du 19/10/11. " Pour aider la Grèce ou autres, pour acheter des obligations d'Etats largement endettés, sur le marché secondaire,pour aider à recapitaliser le...

à écrit le 16/11/2011 à 9:58
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Ca donne le frisson. Moi qui etait pro Euro, je commence a me demander s'il ne vaudrait pas mieux en finir une bonne fois pour toute mais est ce possible ?

le 16/11/2011 à 14:32
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L'euro n est pas le probleme, comme toute monnaie il n est qu un outil. Le probleme est ailleurs, si on va cherche loin la fin de Breton Woods et du Steel Glass Act sont les erreurs fondatrice de ce tumulte... Ensuite au niveau politique la "bouli...

le 16/11/2011 à 16:36
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Juste un rappel des critères de Maastricht: 1. Interdiction d'avoir un déficit public (État + sécurité sociale) annuel supérieur à 3 % du PIB, 2. Interdiction d'avoir une dette publique (ensemble des emprunts contractés par l'Etat) supérieure à 60 % ...

le 16/11/2011 à 17:28
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@Chris : une monnaie est un outil certes, mais que ce passe-il si l'outil est mal configuré ? Les règles monétaires actuelles sont contestables à bien des égards. Ca serait long de développer, mais une simple observation du système financier permet...

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