Londres face à son destin européen

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La Tribune Infographie (Crédits : La Tribune Infographie / SSAULNIER)
La lutte est ouverte outre-Manche entre les plus "europhobes", qui souhaitent un retrait de l'UE, et ceux qui veulent une réconciliation avec Bruxelles. David Cameron, Premier ministre, a, hier devant les Communes, affirmé l'ancrage de son pays dans l'Union européenne.

Le Royaume-Uni demeure un membre à part entière de l'Union Européenne. » Comme s'il y avait besoin de le rappeler, David Cameron a enfoncé quelques évidences ce lundi devant une chambre des communes chauffée à blanc. Le Premier ministre britannique, après la pose de son veto dans la nuit de jeudi à vendredi dernier à un accord européen, a tenu à arrêter immédiatement la dangereuse dérive dans laquelle il se trouve, presque par inadvertance. « Rien n'a changé. Etre dans l'Union Européenne est vital pour nos intérêts nationaux. Nous sommes dans l'UE et nous souhaitons l'être. »

Renégociation plus large

Ce besoin de rappeler qu'il n'est pas question pour lui de quitter l'UE s'explique facilement : il suffit d'écouter la frange la plus europhobe de ses députés conservateurs pour comprendre. Il y a deux mois, ceux-ci réclamaient à grands cris un référendum sur l'Europe mais avaient fait face à une fin de non-recevoir sans appel. Et soudain, voilà leurs voeux exaucés. L'isolement du Royaume-Uni est pour eux l'occasion d'entamer une renégociation beaucoup plus large sur les relations entre Bruxelles et Londres. Si pratiquement aucun d'entre eux n'appelle ouvertement à sortir de l'Europe, certains commencent à comparer la position du Royaume-Uni à celle de la Suisse plutôt qu'à celle d'un membre à part entière. « Je tiens à féliciter le premier ministre d'avoir montré l'esprit du bouledogue (symbole de l'indépendance britannique) », lance Andrew Rosindell, l'un des députés les plus antieuropéens qui poursuit : « va-t-il désormais discuter de nos intérêts de long terme avec les autres pays de l'Espace économique européen, comme la Suisse ou la Turquie ? » Nigel Dodds, autre eurosceptique, ajoute : « Quel est la prochaine étape pour changer notre relation avec l'Europe et s'éloigner d'une union politique, pour aller plus vers une zone de libre-échange ? » David Cameron leur a répondu sèchement : il n'est pas question de se comparer à la Suisse (« notre intérêt est d'être dedans, plutôt que dehors ») et n'a pas l'intention d'appeler à un référendum (« il n'y en a pas besoin puisqu'il n'y a pas de transfert de souveraineté de Londres vers Bruxelles »).

Si le leader britannique a tenu à calmer immédiatement leurs ardeurs, c'est aussi parce qu'une grande partie de la chambre des communes est furieuse du veto. À commencer par Nick Clegg, le vice Premier ministre, et leader des libéraux démocrates, le parti le plus europhile du Royaume-Uni. Brillant par son absence au parlement pendant le débat, il avait lancé la contre-attaque dimanche : « Je suis amèrement déçu, parce que je crois que le vrai danger est que le Royaume-Uni soit progressivement marginalisé et isolé à l'intérieur de l'Union Européenne. Je ne crois pas que ce soit bon pour l'emploi, que ce soit à la City ou ailleurs. » L'opposition travailliste parle également de « catastrophe diplomatique. » « C'est la plus grande erreur politique depuis une génération », accuse Ed Miliband, leur leader.

Redresser la barre

Mais comment David Cameron en est-il arrivé là ? En partie, l'explication remonte à 2005. Pour se faire élire à la tête des conservateurs, il avait passé un accord avec les eurosceptiques, promettant de se retirer du Parti Populaire Européen (PPE), le groupement de centre-droit du parlement européen. Ce sera chose faite, en traînant les pieds, en 2009. Cette décision apparemment sans graves conséquences s'est retournée contre lui quand il n'a pas été convié à un sommet des leaders du PPE à Marseille la veille de la réunion de Bruxelles la semaine dernière. Alors que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont rencontrés à plusieurs reprises les jours précédents, que le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, est passé par Francfort, Berlin, Paris, Marseille et Milan, David Cameron est resté dans la périphérie. C'est ainsi qu'il a pris à dépourvu les pays qui auraient pu être ses alliés - par exemple ceux qui ne sont pas dans la zone euro. Il doit désormais tenter de redresser la barre, et persuader ses partenaires que le Royaume-Uni n'a pas l'intention de rester isolé de façon permanente.

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Commentaires
a écrit le 28/01/2012 à 18:00 :
Charles de Gaulle avait raison... Il ne fallait jamais accepter le Royaume-Uni dans l'Union Européenne.
a écrit le 17/12/2011 à 14:35 :
Il faut bouter les anglais hors d'Europe! Quelle sera notre nouvelle Jeanne? (Bon, ce n'est pas facile de trouver une pucelle de 19 ans de nos jours....)
a écrit le 13/12/2011 à 19:22 :
Après avoir largement participé à creuser le gouffre au-dessus duquel nous sommes actuellement suspendus, les anglais, qui n'ont jamais joué le jeu de la construction Européenne, décide de ne pas participer au sauvetage de nos économies. Au delà du fait que les solutions trouvées vont, encore une fois, énormément participer à enrichir des banques qui se gavent de manière éhontée depuis le début de la crise, l'attitude de l'Angleterre est une véritable trahison qui révèle le véritable visage de ce pays. L?Angleterre devrait ne plus jamais être intégrée à un quelconque projet européen. Ces gens ne sont dignes ni de notre confiance, ni même de notre considération. Qu'on les laisse mourir sur leur île !
a écrit le 13/12/2011 à 14:35 :
Pourvu que les europhobes anglais réussissent et qu'on fotent dehors les Anglais qui n'auraeitn jamais dû entrer dans L'UE. Mais je ne crois pas que cela va arriver, car ils ont trop à perdre.
a écrit le 13/12/2011 à 14:18 :
CAMERON a tout cassé ce que SARKOZY e MMe MERKEL ont mis en route et il voudrait qu on le félicite moi je dis que cet homme est dangereux et que si la Grande BRETAGNE est isolée elle ne pourra en prendre qu a lui aussi je pense que SARKOZY a bien fait de le snober car ce monsieur voulait tout régenter alors que le boulot avait été fait par les autres alors Adieu LA GRANDE BRETAGNE restez chez vous et ne venez pas nous faire un enfant dans le dos.
a écrit le 13/12/2011 à 13:01 :
S'il vous plait, arrêtez d'écrire "Union Européenne", l'orthotypographie correcte est "Union européenne". Sinon, tant pis pour les anglais, ils resteront à la traîne, nous progresserons.
Vive l'UE !
a écrit le 13/12/2011 à 12:22 :
le pb est que plus des 2/3 des échanges inter européens passent par londres et l euro dépend plus de londres que de francfort ou bruxelles alors que le royaume uni refuse l euro comme monnaie nationale voilà le dileme pour l europe dire que la zone euro peut se passer des anglais est l une des plus grosses erreurs alors cet accord de bruxelles non seulement ne sert à rien sans londres mais il ne change nullement la donne l euro sera soit dévalué soit il disparaitra
a écrit le 13/12/2011 à 11:10 :
Qu'ils réforment leur système financier avec leur taxe stamp duty ... (rien que pour eux normal qu'ils ne veulent pas partager une taxe commune europeenne ou mondiale)
a écrit le 13/12/2011 à 11:04 :
Suivons l'évolution de la livre qui (déficit budgétaire + l'endettement du royaume + les perspectives douteuses d'une économie désindustrialisée) devra encaisser une mauvaise nouvelle de plus... Quand passera-t-elle sous la barre des 1 euro?
a écrit le 13/12/2011 à 10:02 :
il n'est pas du tout sur que les recettes habituelles anglaises vis à vis de l'UE lui soit bénéfique cette fois car Euro ou pas on est tous dans la même bateau. Si on coule les anglais avec leur inflation à plus 5% maintenant ne seront pas mieux lotis
a écrit le 13/12/2011 à 8:49 :
L'Angleterre n'est en Europe que pour le bénéfice et pas pour les contraintes.
De toute façon les anglais ont leurs paradis financiers à défendre tandis que la
France fait de la charité à tout va ..Ils ne sont pas fous les Anglais.
a écrit le 13/12/2011 à 8:44 :
Cameron doit aller à Canossa. Sinon c'est la pagaie en Grande Bretagne et le malheur pour ses habitants
Réponse de le 13/12/2011 à 9:53 :
je suis d'accord avec vous ,bien que ne soyons plus à l'époque de la querelle des investitures! .Tout simplement ,la zone euros représente 40 % du PIB Anglais , et la finance 10%.Cameron va vite en rabattre.
a écrit le 13/12/2011 à 8:32 :
Ben, les anglais vont devoir récolter se qu'ils ont semé...
Wait and see
a écrit le 13/12/2011 à 8:23 :
Il est strictement impossible de lire vos graphiques. Comme d'habitude...
Réponse de le 13/12/2011 à 10:52 :
Oui....ça fait peur!
a écrit le 13/12/2011 à 8:00 :
Avec les anglais,que nous connaissons bien depuis de nombreux siècles,il y a toujours eu des hauts et des bas, alors attendons sagement le retour des hauts.
a écrit le 13/12/2011 à 7:29 :
il on bien raison qu il reste bien tranquille l Europe n fais que foutre la merde et engraisse ceux qui étais déjà riche
Réponse de le 13/12/2011 à 8:38 :
Commentaire grotesque et sans interet, comment peut-on ecrire de telles inepsies dans les commentaires d'un journal economique?
Réponse de le 13/12/2011 à 8:45 :
Méfiez-vous des propos inconsidérés que vous écrivez. L'Europe a sans doute des défauts de construction, mais elle nous protège. Sans elle la crise nous aurait dértruits. Alors il faut maintenant s'employer à corriger les défauts. Ce sera plus efficace que la critique à tout va.
Réponse de le 24/01/2013 à 20:32 :
Les Anglais ont raison; c'est un simple constat, la communauté éuropéenne est un amalgame qui n'existe pas. A l'intérieur d'un même pays, un Parisien ne se reconnait aucun points en commun avec un Marseillais. Une bonne solution à mon avis serait un système fédéraliste. Je pense également que personne a envie de payer plus d'impôts pour maintenir en vie des pays comme la Grèce, le Portugal, l'Espagne ou la France, sans parler des pays de l'Est. L'Europe est en fait representée par l'angleterre et l'Allemagne qui mantiennent sous perfusion tout les autres pays

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