Noyer : plus d'argent pour aider les banques, mais pas pour les Etats

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Selon Christian Noyer, la Banque centrale européenne (BCE) se tient prête à augmenter son soutien aux banques commerciales, mais ne doit pas continuer à soutenir les gouvernements en difficulté.

Lors d'une conférence à Paris ce lundi, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a estimé que de grands programmes de rachats d'obligations souveraines par l'institution de Francfort allaient toujours "bien au-delà de son rôle de prêteur en dernier ressort".

Un rôle que la BCE ne rechigne pourtant pas à prendre quand il s'agit... de sauver les banques. A cet égard, Noyer a de nouveau assuré lundi que la BCE interviendra pour endiguer les crises de liquidité qui affectent la stabilité des banques européennes et maintenir la stabilité des prix à moyen terme.

Depuis le début de la crise des dettes souveraines, la BCE n'a pas cessé d'augmenter son soutien au secteur bancaire européen, en abaissant ses taux et en refinançant toujours plus les banques, et à des conditions de plus en plus favorables.

En octobre, les banques françaises ont ainsi emprunté plus de 100 milliards d'euros auprès de la BCE, soit le plus haut niveau depuis 2010. A l'échelle de la zone euro, ces opérations représentaient environ 640 milliards d'euros de prêts de la BCE. A ces montants, il faut également ajouter environ 80 milliards de prêts d'urgence aux banques irlandaises et grecques (les banques chypriotes sont également suspectées d'en bénéficier), via des opérations spécifiques (emergency liquidity assistance) menées par les banques centrales nationales, pour leur propre compte. Ces prêts étant bien sûrs soumis aux taux les plus bas du marché, les taux directeurs.

L'augmentation de la dépendance des banques aux refinancements de la banque centrale témoigne de la défiance des banques européennes entre elles, d'un manque de garanties collatérales de qualité dans le bilan des banques, et globalement d'un assèchement des liquidités. Ce qui n'est évidement pas bon signe, mais témoigne aussi d'un certain paradoxe.

Il faudra en effet expliquer un jour aux citoyens pourquoi, alors que Noyer demande aux gouvernements "la mise en place de réformes budgétaires et structurelles en temps et en heures", les banques, elles, bénéficient de garanties et de refinancements quasiment illimités.

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a écrit le 19/12/2011 à 15:18 :
MR stanilas ,commencez par expliquer (ou renseignez vous avant d'ecrire) que les financements par la BCE aux banques sont des credits qui leur permettent d'ajuster leur tresorerie au regard des durations de leurs creances ,ce qui expliquent qu'elles sont à la fois emprunteuses et preteuses auprés de la BCE .Les achats d'obligations d'etat sont eux de veritables financements à LT .
Réponse de le 19/12/2011 à 16:05 :
oui enfin bon ne me faites pas croire que tout va bien pour autant ! Les money market se réduisent à peau de chagrin, les banques sont à court de collatéral, les refis augmentent. Et quand ils ne suffisent pas, les BCN viennent à la rescoussent en échange de garanties du gouvernement.

Et je ne suis pas d'accord sur votre dernière phrase : les achats de dettes souveraines correspondent aussi d'un certain point de vue à une décote sur la dette pour les banques (puisque rachetées au prix du marché)
a écrit le 19/12/2011 à 15:13 :
il faudrait surtout expliquer aux gens que le refinancelment bancaire par la BCE correspond à des ajustements de "tresorerie " et ne sont pas de même nature que des préts classiques comme ceux faits aux etats en particulier .
Ainsi ,au même moment ou elles empruntent sur certaines durées et deposent sur d'autres à la BCE ....
Réponse de le 19/12/2011 à 16:07 :
problème de liquidité ou solvabilité ? Eternel débat auquel personne n'a la réponse à un instant t.

Mais le cas de l'Irlande et de la Grèce ou tout de même tendance à montrer qu'on a un problème de solvabilité. Dans ces deux cas au moins, la BCE est allée trop loin à mon sens.
a écrit le 19/12/2011 à 14:40 :
OK que la BCE préte aux banques mais que celles ci prétent aux entreprises et non aux états afin de faire repartir l'économie réelle, et bien sur à des taux raisonnables.
Réponse de le 19/12/2011 à 16:07 :
comment ? nationalisation ?
a écrit le 19/12/2011 à 14:32 :
Pour une fois Noyer ne dit pas que de conneries, à un détail près, la BCE ne doit pas faire n'importe quoi en matière d'admission de collatéral. Quand elle re finance les banques irlandaises ou espagnoles parr exemple, la BCE doit continuer à faire preuve de la plus grande rigueur dans le collatéral (garanties) qu'elle accepte en contrepartie des crédits qu'elle leur accorde.
Réponse de le 19/12/2011 à 15:02 :
Et quelles garantie les Espagnols peuvent ils donner ? Austericite= recession, recession= moins de revenu fiscal et+ de chomage. Ils sont deja a + de 20% de chomage, ca ne suffit pas ? Tant que les Allemands refuseront les Eurobonds et des prets massifs a peu d'interet de la BCE, la situation economique s'aggravera, n'a-t-elle pas deja atteintle point de non retour ?
Réponse de le 19/12/2011 à 16:08 :
c'est bien cette questio du collatéral qui me fait dire qu'on est dans un problème de solvabilité. La BCE fait comme si personne n'allait faire défaut. Ce qui me semble au mieux optimiste, au pire, une vaste illusion...
Réponse de le 19/12/2011 à 18:28 :
Pas de gilt surtout, pas d'obligations anglaises, premièrement parce que les anglais ne nous font pas de cadeaux, deuxièmement parce qu'ils (et depuis bien trop longtemps) prennent le beurre et l'argent du beurre et ..........la crémière (une assez belle fille pourtant) sans payer en plus.
Réponse de le 19/12/2011 à 21:51 :
D'accord avec vous Stanjourdan. Collateral, etes vous sur que ce ne sont pas plutot les Allemands qui ne nous font pas de cadeaux( a nous et aux autres Europeens) et qui, grace a un Euro faible, prennent le beurre, l'argent du beurre et...la cremiere avec leurs exportations qui s'emballent, leur economie en plein essor et leur chomage au plus bas ?
a écrit le 19/12/2011 à 13:49 :
la caste des banquiers se serre les coudes pour continuer à étrangler les peuples et les états. La BCE prête aux banques à des taux très bas pour que les banques puissent prêter aux états à des taux beaucoup plus élevés !!! c'est pas de l'arnaque ça ? refusons de payer la dette et mettons la BCE en faillite ( avant renégociation de ses missions )
a écrit le 19/12/2011 à 11:44 :
Si il se taisait un peu, Noyer, ca lui eviterait de dire des betises. La semaine derniere, il clamait haut et fort que les banques francaises etaient saines tet bien capitalisees, ellEs ne devraient alors avoir aucune difficulte a se capitaliser, les preteurs devraient se battre pour leurs preter de l'argent. De plus, si la BCE laisse tomber les Etats souverains et qu'ils font faillites, ils ne rembourseront pas leurs dettes aux banques qui leurs ont prete de l'argent et celles ci devront etre massivement soutenues. Ca revient donc au meme. Les investisseurs deraient-ils faire confiance a une telle girouette ?

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