La reprise restera fragile en Europe selon l'OCDE

 |   |  731  mots
Pier Carlo Padoan, Secrétaire général et chef économiste de l'OCDE. Copyright AFP
Pier Carlo Padoan, Secrétaire général et chef économiste de l'OCDE. Copyright AFP (Crédits : AFP)
L'OCDE a indiqué ce jeudi qu'elle s'attendait à une croissance soutenue aux États-Unis et au Japon mais encore faible en Europe au premier semestre. L'institution internationale pointe du doigt la montée des prix du pétrole et les politiques d'austérité comme facteurs pénalisants la reprise.

Le début de la fin de la crise pour les pays du G7? L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a annoncé ce jeudi qu'elle révisait à la hausse ses prévisions de croissance au premier semestre 2012. Le club des pays riches (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) doit donc s'attendre à une croissance plus soutenue que précédemment anticipée. En novembre dernier et alors que la zone euro semblait au bord du gouffre, l'OCDE n'excluait pas en effet les scénarios les plus sombres.

"Les risques extrêmes ont diminué"

"Les perspectives à court terme se sont améliorées", mais "la reprise reste fragile", affirme désormais l'OCDE dans ses prévisions "intérimaires". Globalement, "la croissance devrait s'affermir au premier semestre de l'année" dans le G7, explique son chef économiste Pier Carlo Padoan. Selon cette étude, "les risques extrêmes ont diminué", notamment aux Etats-Unis mais aussi en Allemagne, qui bénéficie d'un "apaisement des tensions dans la zone euro", même si les incertitudes n'ont pas disparues.

Des situations disparates

L'OCDE relève ainsi un "découplage" entre "le Canada et les Etats-Unis d'une part, et l'Europe d'autre part", avec une croissance "soutenue" outre-Atlantique et "beaucoup plus modeste", "bien qu'à différentes vitesses", dans le Vieux Continent.

Aux Etats-Unis, le produit intérieur brut (PIB) devrait ainsi progresser, en rythme annualisé, de 2,9% au premier trimestre 2012 puis de 2,8% au deuxième trimestre (au lieu 1,7% et 1,9% dans les précédentes prévisions) notamment grâce à l'amélioration de la situation sur le marché du travail. Le rebond s'annonce également "fort" au Japon.

En Europe, l'austérité freine la reprise

En revanche, "la confiance reste médiocre dans l'ensemble de la zone euro", où la réduction des déficits "freine la croissance", explique l'organisation. Au sein même des trois principales économies de la zone euro, le rythme de la reprise diffère. "L'activité pourrait s'accélérer en Allemagne au cours du premier semestre", avec une croissance en rythme annualisé de 0,1% au premier trimestre puis 1,5% au deuxième (contre -0,3% et +0,8% prévus précédemment).

En France, l'activité "devrait plutôt stagner" en cette première moitié d'année, selon le rapport, qui table toujours sur un recul du PIB de 0,2% en rythme annualisé de janvier à mars, puis un rebond de 0,9% au printemps. C'est un peux mieux que dans les dernières prévisions (-0,5% puis +0,7%), mais la croissance demeure atone. L'Italie est sur une pente nettement plus négative, avec une récession attendue au moins jusqu'à mi-2012: -1,6% au premier trimestre puis -0,1% au deuxième en rythme annualisé (contre -0,8% et -0,6% prévus précédemment). La Grande-Bretagne, quant à elle, subira une contraction d'activité de 0,4% en rytme annualisé au premier trimestre, avant un rebond de 0,5% au deuxième.

Le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, a aussi appelé mardi les pays de la zone euro à accroître la taille de leur fonds de secours, estimant que la crise de la dette n'était pas terminée, les banques restant fragiles, la dette augmentant et les objectifs budgétaires étant loin d'être assurés. L'avenir du Mécanisme européen de stabilité (MES) et de sa dotation seront étudiés par les ministres des Finances de la zone euro qui se réunissent à partir de vendredi à Copenhague. Mardi dernier, l'OCDE avait estimé nécessaire de renforcer ce pare-feu à hauteur de 1000 milliards d'euros afin de couvrir les besoins des pays les plus vulnérables.

L'OCDE appelle les banques centrales au maintien de taux historiquement bas

A la lumière de la fragilité de la reprise, l'OCDE estime que les banques centrales doivent être préparées à maintenir des taux d'intérêt à des niveaux historiquement bas et à maintenir d'autres mesures anti-crise "pendant longtemps encore".

Les appels se sont multipliés pour que la Banque centrale européenne et la Réserve fédérale des Etats-Unis, dont les bilans ont atteint une taille sans précédent, commencent à envisager un retrait des mesures non conventionnelles qu'elles ont adoptées ces trois dernières années. Certains pays émergents qui se réunissaient jeudi en Inde se sont en outre inquiétés d'un excès de liquidité dans l'économie mondiale.

Ci-dessous, l'ensemble des prévisions de l'OCDE pour les pays du G7

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 30/03/2012 à 9:22 :
C'est là qu'est tout le problème : la zone Euro ne peut pas faire de QE comme les autres zones et pays. Par contre, l'inflation au RU va bien monter.
a écrit le 29/03/2012 à 19:34 :
Après la Grèce voilà l'Espagne qui vire au rouge . L'austérité imposée par l'Eurogroupe n'arrangera pas les affaires ,il y en a pour plusieurs années alors que les + riches continuent à se goinfrer . Il serait étonnant que les Français acceptent cela et ne montrent pas l'exemple aux autres pays .
4,5 M de chômeurs , + de 8 de Français sous le seuil de pauvreté , des injustices fiscales indécentes : il est temps de montrer son indignation f

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :