Malgré la victoire d'Aung San Suu Kyi en Birmanie la route est encore longue

La lauréate du prix Nobel de la paix revendique la victoire des élections partielles qui se sont tenues dimanche en Birmanie. Une victoire qui marque une avancée considérable vers l'ouverture de ce pays au reste du monde mais qui n'est pas pour autant synonyme de liberté et de démocratie. Les militaires au pouvoir auraient en effet de leur côté intérêt à cette victoire, qui assouplirait des relations diplomatiques internationales tendues.
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L'opposante birmane Aung San Suu Kyi, dont la Ligue nationale pour la démocratie a revendiqué une large victoire aux élections partielles de dimanche, a salué le "début d'une nouvelle ère", lors d'un discours de victoire au siège du parti lundi.  Alors qu'aucun résultat officiel n'a encore été annoncé, la LND a assuré lundi matin avoir remporté au moins 43 des 44 sièges qu'elle briguait lors de ce scrutin historique, considéré comme un test pour la sincérité des réformes du gouvernement qui a succédé à la junte il y un an. "Ce qui importe n'est pas le nombre de sièges remportés, bien que nous soyons bien sûr extrêmement satisfaits d'en avoir gagné autant, (mais) le fait que les gens montrent autant d'enthousiasme dans leur participation au processus démocratique", a souligné la "Dame".

Au total 45 sièges étaient à pourvoir lors de ces partielles: 37 à la chambre basse du parlement (sur 440 députés), six à la chambre haute et deux dans des chambres régionales. Mais même si la LND remportait les 44 circonscriptions où elle présentait des candidats, le nouveau régime n'avait de toute façon rien à craindre. Le Parti de la solidarité et du développement de l'Union (USDP), créé de toutes pièces par l'ancienne junte, avait revendiqué environ 80% des sièges en 2010. Et un quart des parlementaires sont, en vertu de la Constitution, des militaires d'active désignés en marge du processus électoral.

Les anciens militaires de la junte au pouvoir avaient intérêt à voir la victoire de la lauréate du prix Nobel de la paix

Malgré tout, en tant que députée, Aung San Suu Kyi pourrait tenter d'influencer le nouveau régime de l'intérieur, d'ici les législatives de 2015. Le gouvernement, d'anciens militaires réformateurs arrivés au pouvoir il y a un an, tente de prouver que ses réformes justifient la levée des sanctions occidentales qui étranglent l'économie du pays. Au terme d'un processus de transition non violent et sous contrôle de l'armée, cette nouvelle équipe a proposé à la lauréate du prix Nobel de la paix d'intégrer l'échiquier politique officiel. Selon les analystes, le gouvernement avait lui-même intérêt à voir l'opposante triompher sous le regard de la communauté internationale.

En attendant les résultats officiels, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'est montrée prudente dimanche en commentant les élections, félicitant les Birmans y ayant participé.
"Il est trop tôt pour juger de la signification des progrès réalisés au cours des derniers mois et si ceux-ci se poursuivront", a déclaré Hillary Clinton, assurant que les Etats-Unis étaient "engagés à soutenir ces efforts".

Première étape vers une monnaie flottante

Par ailleurs, la Birmanie a lancé ce lundi son nouveau système de taux de change flottant contrôlé, en établissant un taux de référence du kyat à 818 pour un dollar, a indiqué la Banque centrale sur son site internet. Le taux officiel du kyat, ignoré de tous, était jusqu'à présent de 6 pour un dollar. La presse d'Etat avait annoncé la semaine dernière ce nouveau système, étape essentielle vers l'unification de ses multiples taux, dénoncés comme paralysant le développement du pays et son intégration sur le marché mondial.

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