"Si la Grèce sort aujourd'hui de la zone euro, demain ce sera l'Italie"

Katerina Igglezi est députée du Syriza, la principale formation d'opposition, et membre de la commission économique du Parlement. Elle analyse la politique du Premier ministre grec qui multiplie les entretiens avec les chefs d'Etat européens dans l'espoir d'assoupir les mesures d'austérité, et alerte sur les risques de détérioration sociale dans le pays.
Katerina Igglezi est députée du Syriza, la principale formation d'opposition, elle est membre de la commission économique du Parlement grec. Copyright Elisa Perrigueur
Katerina Igglezi est députée du Syriza, la principale formation d'opposition, elle est membre de la commission économique du Parlement grec. Copyright Elisa Perrigueur

Antonis Samaras rencontre ces prochains jours François Hollande et Angela Merkel. Il espère obtenir un délai pour mener à bien les réformes prévues par le plan d'aide européen. Comment jugez-vous son action ?
Antonis Samaras veut deux ans de répit pour économiser 13,5 milliards d'euros, mais « rallonger » encore ne changera rien. A Syriza, nous pensons qu'il faut suspendre ce plan d'économies, annuler et revoir le mémorandum. Il faut nous laisser le temps de renouer avec la croissance, or nous ne pouvons rien faire sous une telle pression économique ! Dans sa démarche actuelle, Antonis Samaras n'a aucune revendication. Il reste fidèle au mémorandum et dit oui à tout ce que lui impose Angela Merkel. Son seul but est de rester dans la zone euro et se ranger du côté des banques, même si cela se paie par la souffrance de ses électeurs. Il existe d'autres moyens pour relancer l'activité économique. A la rentrée, nous proposerons au Parlement des propositions de lois plus sociales. Nous voterons contre les nouvelles mesures d'austérité.

Après Nicolas Sarkozy, François Hollande avait suscité un espoir auprès de nombreux Grecs. Qu'en est-il aujourd'hui ?
Le président français avait annoncé de nombreuses mesures avant son élection. Il s'est effectivement montré plus ferme que Nicolas Sarkozy avec Angela Merkel, mais nous avons vite été déçus. Cet été, il s'est montré moins agressif que ce que nous avions espéré. Il est suiviste et ne s'élève pas contre ce qu'on nous impose. Nous continuons dans la même voie de l'austérité à l'échelle européenne.

Le gouvernement Samaras doit procéder à 28 privatisations d'ici 2015. Cette année, il en effectuera deux. Comment expliquer que ces privatisations soient difficiles à lancer ?
Nous trouvons au contraire que les privatisations vont très vite ! Le mois dernier par exemple, la banque agricole de Grèce (ATE Bank) a été très rapidement privatisée malgré les protestations salariales. Pour Syriza, les entreprises doivent rester dans le domaine public, elles rapportent encore de l'argent, nous pouvons en bénéficier.

Le chômage atteint 23% de la population dont plus de 45% chez les moins de 25 ans. Plus de 400.000 personnes travaillent sans être payées. La récession va atteindre 7%. La rentrée s'annonce très sombre...
Jamais nous n'aurions imaginé en arriver là. Le gouvernement veut encore baisser le niveau des retraites, le prix du gaz augmente et nous ne savons même pas comment les gens vont se chauffer cet hiver. Le pays est sous tension, et il y aura forcément des manifestations. A mon avis, ces mouvements sociaux seront pires qu'en février dernier, malgré les nombreux policiers présents dans les rues d'Athènes. Il y a déjà une manifestation générale prévue le 8 septembre prochain à Thessalonique. Ce n'est pas Syriza qui les influence, les mouvements émergent d'eux-mêmes, car les gens sont à bout. Nous les soutenons.

Quel impact aurait une sortie du pays de la zone euro ?
Syriza est toujours favorable à un maintien de la Grèce dans la zone euro. Tous les pays seront concernés, même si certains tentent de minimiser les conséquences d'une sortie de la Grèce et d'un retour à la drachme. Si nous sortons aujourd'hui, c'est l'Italie qui sortira demain. C'est la zone euro qui implosera. Cette crise n'est pas grecque, elle est européenne.

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Commentaires 45
à écrit le 25/08/2012 à 14:40
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L'euro d'aujourd'hui est un utopie. ça ne pourrait pas marcher. C'était la bêtise de Miterrand, Chirac et Sarko, mais c'est nous des contribuables qui payent pour ça.

à écrit le 25/08/2012 à 14:02
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Sortir de la zone euro, c'est maintenant. Un peu tard mais c'est pas trop tard.

à écrit le 25/08/2012 à 13:26
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La rigueur est forcement plus contesté la ou les gens n'ont que de quoi survivre. Il suffit de regarder dans les statistiques pour se rendre compte de la différence de revenus entre le Nord et le Sud. Quoi d'étonnant donc que les peuples se révolten...

le 25/08/2012 à 15:04
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Oui, un peu comme la France !!!

à écrit le 25/08/2012 à 10:04
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La Grèce n'a aucun espoir de pouvoir concurrencer l'Allemagne.La France n'y arrive pas.On aura beau argumenter que c'est la faute aux fonctionnaires et aux syndicalistes. Les pays à économies hyper efficaces n'attendront pas les plus faibles. A chacu...

à écrit le 24/08/2012 à 16:00
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Cette dame, certes pleine de bonne volonté, est dans la désillusion la plus totale. les dicours des responsables grecques sont inquiétants. combien de temps faudra-t'il à la Grèce pour construire une industrie et pour combien de centaines de milliard...

le 24/08/2012 à 19:33
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Ça se discute...

à écrit le 24/08/2012 à 15:28
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...et après demain le Portugal, l'Espagne puis la France...jusqu'à ce que l'Allemagne soit l'Europe à elle toute seule!

à écrit le 24/08/2012 à 14:59
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C'est tout de même étonnant de constater la façon dont tous les grecs rendent responsables tous les autres acteurs, privés comme publics. Je suis pour ne prêter, en ce qui concerne la BCE et le FMI, que les sommes strictement nécessaires aux rembours...

le 24/08/2012 à 16:25
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la dette actuelle est excessive et ne peut plus guère être payée : les français ne parlent que de crise depuis 30 ans, même avec une croissance à 1 %, alors de là à s'imaginer plusieurs années de récession à -6 %... Il faudra abandonner une partie de...

à écrit le 24/08/2012 à 14:53
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Que vient faire l'Italie dans ce discours ? Au total, elle ne coûte rien à l'Europe et ne demande rien. C'est un pays riche qui peut parfaitement se débrouiller seul. Alors cet amalgame avec la Grèce est n'a aucun sens.

à écrit le 24/08/2012 à 14:11
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Comment un si petit pays (économiquement s'entend, bien entendu) peut-il créer autant de vagues ?!! La Grèce est-elle en mesure d'avoir au moins des comptes équilibrées (hors remboursement de la dette et interêts) ?? Si oui, alors on peut l'aider à ...

à écrit le 24/08/2012 à 14:10
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Mais pourquoi ne crée -t-on pas une structure de défaisance comme on l'avait fait pour le credit lyonnais à l'époque, mais au niveau européen : la grèce placerait ses entreprises à nationaliser dans cette structure, et serait pour cela payé en retour...

le 24/08/2012 à 15:38
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On ne comprend pas très bien votre idée de nationaliser des entreprises grecques. le problème de l'endettement grecque qui occupe l'Europe concerne les dettes souveraines de la Grèce. Des vagues de nationalisations aggraveraient au contraire le probl...

le 24/08/2012 à 16:21
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Vous abordez la question Grecque sous l'angle de la nationalisation de ses entreprises, afin de récupérer des sous... Le problème c'est qu'en cas de méga récession (PIB -20 % en quelques années, c'est vraiment une crise considérable!), tout ceci ne v...

à écrit le 24/08/2012 à 11:09
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Ah quel bordel partout !

le 24/08/2012 à 12:19
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Ces tribulations de nos politiques a quoi servent elles ???

le 24/08/2012 à 15:51
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la météo est nulle!la croissance est nulle.hollande est nul.l'equipe de france est nulle.gérard lenormand est nul.la télé est nulle.mon compte en banque est nul.tout est si gris,si nul....

à écrit le 24/08/2012 à 11:07
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ce cinema va t il encore perdurer ??

à écrit le 24/08/2012 à 10:50
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L'Europe a été bâtie avec une logique "tous ensemble en même temps". La Grande-Bretagne s'est choisie un régime à la carte et au moment de la création de l'euro, certains pays ont choisi de ne pas y participer. La logique d'une Europe à géométrie de ...

à écrit le 24/08/2012 à 10:50
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La Grèce a pris l habitude de bien vivre grâce à l argent de l UE et l'on comprend qu'ils s'y accrochent. Sans l euro la chute sera encore plus lourde, les Grecs importent 2 fois plus qu'ils n 'exportent alors avec une monnaie faible...

à écrit le 24/08/2012 à 10:21
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Ils font tout pour que la gréce ne sorte pas de l'euro,quitte à appauvrir la france enfin je veux dire les français les plus pauvres,mais cette euro et cette europe finira trés trés mal il ne peut en être autrement,les seuls bénéficiare de cette eu...

à écrit le 24/08/2012 à 1:43
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Étonnant !!! Elle préfère garder sa paye de fonctionnaire en euros !!!! Ah ben ça alors ? Les nôtres en plus .... Je résume , nos impôts contribuent eux a régler nos quelques fonctionnaires ( bon jusque la , ça fait mal mais on s y est habitués ...),...

le 25/08/2012 à 7:54
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Les fonctionnaires, les Grecs, les Roms ... OUH : Méchants... Responsables de la crise ! Les Ultra-riches, le système bancaire...AH... Gentils ...

à écrit le 24/08/2012 à 0:31
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C'est pas totalement faux... La porte qu'empruntera la Grèce pour sa sortie ouvrira la voie à l'Italie. Le seul fait d'y songer fait l'effet d'une grosse vague de turbulation au sein de l'EURO

le 24/08/2012 à 9:27
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Alors la il faudrait tout de même qu'in nous explique pourquoi l'Italie alors que de pays bcp plus faibles comme le Portugal, l'Espagne, l'Irlande on en parle pas! Pourquoi donc toujours cette méfiance vis à vis des transalpins qui pour l'instant on ...

à écrit le 23/08/2012 à 23:02
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l'euro, elle s'en fout, ce qu'elle veut, c'est de l'argent...

à écrit le 23/08/2012 à 19:23
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« Si la Grèce sort aujourd'hui de la zone euro, demain ce sera l'Italie ». C'est supposé être un argument contre la sortie de la Grèce, ça ? Si non seulement vous sauvez votre peuple et, en plus, le peuple italien, n'hésitez plus !

le 23/08/2012 à 20:47
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Il ne faut pas oublier que le monde existait déjà avant l'Euro et qu'il existera toujours après. Finalement, son seul intérêt aura été de gaspiller des milliards pour rien.

à écrit le 23/08/2012 à 19:02
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Quoi que l'on puisse dire on ne peut nier l'évidence : "Lorsque des millions de personnes se rendront compte que l'on ne peut plus vivre comme par le passé, la révolution sera logique et inévitable" Livre d'une jeunesse complètement désabusée "les c...

le 24/08/2012 à 14:23
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entièrement d'accord avec vous

le 25/08/2012 à 15:07
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et le droit d'adoption ?

à écrit le 23/08/2012 à 18:45
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Ce que craignent tous ces gens c'est de perdre leur belle situation aussi bien les fonctionnaires que les élus (la plupart désignés par les partis sur des listes). Dans sa configuration actuelle, l'UE n'est plus viable. de nombreux pays, dont certain...

à écrit le 23/08/2012 à 18:29
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Bine sur qu'elle parle comme ça ,pour faire pression ,pour esseyer de foutre la trouille aux autres mais son raisonnement stupide n'impressionne personne,c'est un discours en creux ,pour soi meme,le destin de la Grece n'est plus au mains des grecs ,a...

à écrit le 23/08/2012 à 18:25
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Comment peut-t-on prendre au sérieux cette dame du parti d'extrème droite greque? ...je ne pense pas que la Grece puisse peser autant que l'Italie au niveau économique!

le 23/08/2012 à 21:00
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C'est quoi ce commentaire? Parlez donc des idées et laissez les étiquettes en dehors de ça.

le 24/08/2012 à 16:29
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C'est un partie de la gauche dure ...

à écrit le 23/08/2012 à 18:23
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Cette dame n y connait visiblement rien en matiere de geopolotique. De 1 L italie est infiniment plus riche que la grece. De 2 l interet economique de la grece en zone euro reste a demontrer, pour l italie c est une evidence.

le 23/08/2012 à 20:31
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@polonium. Les soi-disant évidences ne sont pas des arguments. Et non, en toute logique, l'appartenance de l'Italie à la zone Euro n'a rien d'une évidence : l'industrie italienne a depuis plus de dix ans la même monnaie que l'industrie allemande. Or,...

le 23/08/2012 à 21:03
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Il n'est malheureusement pas certain que ces mêmes politiques y renoncent. D'une part, ils ont l'ego d'autant plus chatouilleux qu'ils ne paient pas les conséquences de leurs erreurs, mais bénéficient des largesses qu'elles ont permis. D'autre part, ...

le 23/08/2012 à 21:42
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@simple citoyen. En effet, si certains ont souffert de la non ajustabilité - pardonnez ce terme barbare - des monnaies entre 17 pays, d'autres en ont profité et largement. En fait, surtout un : l'Allemagne. Laquelle fait tout pour maintenir cet Euro ...

le 24/08/2012 à 0:37
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En Europe, le pays qui a le plus intérêt à l'éclatement de la zone est bel est bien l'Italie ! Bénéficiant d'une économie qui tient la route mais d'une dette qui pèse beaucoup trop sur celle ci. (Le budget est alloué en grande partie au remboursement...

le 24/08/2012 à 2:09
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tout les pays de l'Europe du sud sont gangrenés par une sphère fonctionnaire et politique aussi inutile que dispendieuse, alors que les allemands travaillent

le 24/08/2012 à 9:19
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Il est certain qu'au vu des efforts qu'on nous demande d'accepter , et à l'argent que les élus se mettent dans les poches , il y a de quoi vous dégoûter de l'Europe!!!

le 24/08/2012 à 10:44
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@Jean07 : en France, les efforts n'ont pas encore été demandés... Pour les grecs, c'est une autre histoire!

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