Bercy dévoile son plan export

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Copyright Reuters (Crédits : E.Rouy)
Pour stimuler les exportations tricolores, le gouvernement améliore les soutiens publics existants. C'est l'une des principales nouveautés du projet de loi de finances rectificatives (PLFR) 2012 présenté ce mercredi en Conseil des ministres. Le secteur aéronautiques est principalement ciblé. Le déficit de la balance commerciale a frôlé les 70 milliards en 2011. Seul un ralentissement de la croissance, dû à une baisse de la consommation des ménages et de l'investissement des entreprises, éviterait à la France d'afficher un déficit comparable en 2012.

Marchés étrangers nous voilà ! Ce mercredi, lors du Conseil des ministres, le gouvernement a présenté le projet de loi de finances rectificatives 2012. Parmi les mesures principales, on peut citer l'amélioration du dispositif de soutiens financiers à l'export.

Comment Bercy a-t-il procédé ? « Ces premières mesures visent notamment à enrayer le repli des banques françaises des activités de financement export. Ce repli pénalise fortement les entreprises françaises, quelle que soit leur taille, qui sont confrontées à des financements plus rares et plus chers. Pour faire face à cette situation, un mécanisme de refinancement privé des crédits à l'exportation, avec une garantie à 100% de la Coface Compte Etat en cas de défaillance de la banque privée prêteuse, sera mis en place afin d'améliorer la liquidité des financements », explique le document rédigé par Bercy.

Une "contrepartie" réclamée aux  banques

En contrepartie, un terme à la mode actuellement, les banques bénéficiant du dispositif devront en répercuter les avantages sur les clients des exportateurs français, tant en termes de volumes de financements qu'en termes de prix.

Deux nouveaux dispositifs sont également en préparation, ciblant les exportations d'aéronefs, « qui constituent l'une des principales sources d'exportations françaises », précise le ministère de l'Economie. Il s'agit d'une garantie de change et d'un rehaussement à 100% d'une garantie de crédit pour certains aéronefs qui n'en bénéficient pas jusqu'à présent.

Selon les Douanes, stables depuis le début de l'année, les exportations aéronautiques se sont fortement redressées au troisième trimestre 2012 (+18,8 %, après -4,3 % au deuxième trimestre). Elles culminent à 13,9 milliards d'euros pour représenter plus de 13 % des ventes de l'industrie manufacturière. L'excédent aéronautique s'élevait au niveau record de 6,2 milliards, après +4 milliards au trimestre précédent.

Grand ménage dans le soutien public à l'export

Parallèlement, plusieurs autres améliorations seront prochainement mises en place. Bercy évoque la rationalisation et la simplification des soutiens financiers export au bénéfice
des PME et ETI, afin que la Banque publique d'investissement (BPI) puisse leur proposer les produits les plus pertinents. Le ministère propose aussi un mécanisme de financement public direct des exportations, « à l'instar de ce qui se pratique dans de nombreux pays européens (Allemagne, Italie, Suède, Finlande...), qui pourra être utilisé de manière exceptionnelle, lorsque les entreprises françaises sont en compétition avec un concurrent bénéficiant d'un tel soutien ».

La part de marché de la France dégringole en Europe

Selon une récente étude de l'institut COE-Rexecode, les exportations françaises de biens et de services ont reculé de 0,3% sur un an au cours du deuxième trimestre 2012. Sur la même période, celles de la zone euro ont progressé de 5,7%. Résultat, la part des exportations françaises dans les exportations européennes de biens et services en valeur a fléchi à 12,9%, un nouveau record à la baisse. En 2011, le déficit de la balance commerciale a frôlé les 70 milliards. A condition que la facture énergétique soit stable cette année, seul un ralentissement de la croissance, dû à une baisse de la consommation des ménages et de l'investissement des entreprises, permettrait à la France de ne pas afficher un déficit comparable en 2012.

 

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Commentaires
a écrit le 19/11/2012 à 14:26 :
Nous avons formé des diplômés à l'export qui n'ont pas été employés. Qui peut justifier cela?
a écrit le 14/11/2012 à 23:35 :
Un maitre mot organisation
a écrit le 14/11/2012 à 19:36 :
et une usine à gaz , une ....
a écrit le 14/11/2012 à 18:27 :
On pourrait exporter les hauts fonctionnaires et les parlementaires, mais je propose un aller simple.
a écrit le 14/11/2012 à 14:29 :
Il y a essentiellement l'Allemagne qui contribue à la progression des exportations de la zone euro. COE rexecode ne détaille pas les chiffres... En ce qui concerne la France, je crains qu'aucun autre pays ait réalisé une aussi mauvaise performance. - 0.3 % dans un contexte de progression, c'est vraiment mauvais. Depuis la fin des années 90, la part des exportations de la France dans la zone euro à baisser de + de 25 %.
Réponse de le 14/11/2012 à 19:31 :
Vous oubliez l'Italie qui , historiquement , est exportatrice nette
Réponse de le 14/11/2012 à 20:24 :
Oui, L'Italie et son industrie. Comme je l'écrivais, je crains a part la grece, il n'y pas un autre pays dans la zone qui peut rivaliser avec la france. Le benelux se bat assez bien. Mais il n'y a pas de détails.

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