La BPI, un cannibale ?

 |   |  784  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : Bloomberg)
La présentation en Conseil des ministres de la Banque publique d'investissement (BPI) suscite des inquiétudes au sein de ses filiales. Que restera-t-il d'Oseo? du Fonds stratégique d'investissement (FSI)? Par ailleurs, les tensions entre l'Etat et la Caisse des dépôts risquent de fragiliser la nouvelle structure.

La BPI sera-t-elle cannibale? Moins d'une semaine après la présentation en Conseil des ministres du projet de loi instituant la Banque publique d'investissement (BPI), ses futures filiales (OSEO, le Fonds stratégique d'investissement [FSI] et FSI Régions, CDC Entreprises), ne se sont toujours pas remis du choc.

En interne, l'inquiétude est de mise depuis la lecture de la troisième partie du document présentant la BPI, intitulée «L'organisation, l'actionnariat et la gouvernance de la banque publique d'investissement», partie dans laquelle l'exécutif décrit avec précision les mécanismes décisionnels de la future structure.

Après avoir précisé que «la création de la BPI organisera conjointement l'ensemble des dispositifs publics d'accompagnement des entreprises, ce qui supprimera progressivement les incohérences qui peuvent parfois être constatées dans les zones d'intervention frontières entre deux entités [CDC Entreprises et FSI par exemple] ou entre l'action de l'Etat et des Régions» -ce qui devrait permettre de mettre fin aux querelles récurrentes de clochers entre tous ses acteurs-, le document détaille les prochaines méthodes de fonctionnement de la BPI «constituée d'une compagnie financière holding et de filiales qui correspondent à ses différents métiers».

L'omnipotence de la holding inquiète

«La compagnie financière holding sera chargée de fixer les orientations stratégiques du groupe après avis du comité national d'orientation; d'exercer le contrôle interne et le contrôle des risques; d'assurer le secrétariat général pour l'ensemble du groupe; de diriger les ressources humaines du groupe; d'évaluer les interventions des filiales; de veiller à l'optimisation de l'allocation de ressources entre les différentes entités du groupe; de piloter et d'animer le réseau régional au profit de l'ensemble du groupe; de mutualiser l'expertise sur les filières, de mettre en ?uvre les études et prospectives en lien avec le comité national d'orientation ;de piloter les relations institutionnelles, extérieures et la communication. Les filiales seront chargées de la mise en ?uvre opérationnelles des différents métiers, dans le respect de la gouvernance de chacune d'elles».

«Concrètement, la BPI vide Oseo de sa substance car elle n'aura plus la main sur ses moyens, sur ses choix en matière d'investissement. On aurait pu penser que la holding élabore la stratégie de long terme de la BPI, laissant l'opérationnelle aux mains de ses filiales. Il n'en est rien», regrette une source proche du dossier. Pour le FSI, les conséquences sont relativement moins importantes. Son portefeuille de participations ne devrait pas évoluer. En revanche, la BPI pourrait piocher dans son portefeuille de liquidités.

Une plus grande fluidité ?

Dans ce même document, l'exécutif précise que «cette organisation permet une grande fluidité dans l'organisation de la BPI et assure la cohérence de ses interventions tout en garantissant une séparation claire des chaînes hiérarchiques d'engagement concernant les outils de financement en haut et bas de bilan, séparation elle-même nécessaire pour éviter les conflits d'intérêts». Est ce un v?u pieux? «Comment voulez-vous accélérer les choses lorsque vous allongez la chaîne de décision. C'est absolument impossible, à moins d'un miracle», précise une autre proche du dossier. Outre le conseil d'administration de la BPI, les Régions, qui présideront le comité d'orientation, auront en effet leur mot à dire.

Jean-Marc Ayrault désavoué

Autre problème de taille, la structure même de la BPI. Parce qu'elle est détenue à égalité par l'Etat et la CDC, la BPI ne pourra pas lever d'argent sur les marchés aux mêmes conditions qu'Oseo. «C'est le b.a. ba que tout banquier connaît. Lorsque deux frères se présentent devant un banquier pour solliciter une demande de prêt pour leur entreprise commune, celui-ci applique automatiquement une majoration du taux d'emprunt. Parce que les affaires familiales sont parfois compliquées, les banques prennent des précautions d'usage pour limiter les risques».

Au regard des relations entre l'Etat et la CDC, il y a de fortes chances que les marchés aient le même réflexe qu'un banquier classique. Dans ce dossier, il faut bien avoir à l'esprit que le premier ministre Jean-Marc Ayrault a été désavoué. Quelques semaines avant la présentation de la BPI, il avait indiqué que l'Etat détiendrait 51% du capital de la BPI et la CDC 49%. Il avait aussi précisé que seule la partie dédiée aux PME du FSI devait être intégrée à la BPI. Or, la totalité du FSI a été incorporée à la nouvelle structure.

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 23/10/2012 à 11:42 :
De quel document parlez-vous ?
a écrit le 22/10/2012 à 19:43 :
winston CHURCHIL dit LES SOCIALISTES c'est comme chritophe COLLOMB ils savent quand ils partent sans savoir ou ils vont et,quand ils arrivent, ils ne savent pas ou ils sont.De beaux landemains nous attendent et avec BRIO!!!!!
Réponse de le 22/10/2012 à 20:44 :
"annes 60" de votre citation et ce que vousen faites, nous avons bien comprit que depuis 10 ans l'UMP savait qu'elle envoyait la France au désastre .. 8 Millions de demandeurs d'emplois, 5 Millions de travailleurs pauvres qui se lèvent tôt pour travailelr et gagner la misère, 3 Millions de chômeurs, les friches indsutrielles PLUS de 900 sites industriels fermés, la France reléguée à la 64ème place mondiale pour l'innovation, les cultivateurs ruinés et les cadres des entreprises du CAC 40 qui se suicident .. VOiLa pour le désastre programmé par l'UMP puisque eux savaient ou ils nous emmenaient !!!!
Réponse de le 22/10/2012 à 21:54 :
Eh oui, l'UMP, c'est l'autre grand parti socialiste français, le clone du PS, le parti officiellement socialiste. Mais quel que soit le parti, vous donnez la preuve que le socialisme échoue toujours. Du FN à Mélenchon, tous sont socialistes. Tous échouent ou échoueront invariablement. Quand va-t-on cesser cette expérience dont on sait d'avance le résultat ? Quand va-t-on retrouver la démocratie, avec un vrai parti d'opposition, un parti qui refuse réellement le socialisme, un parti qui propose de décollectiviser la France ?
Réponse de le 23/10/2012 à 12:27 :
L'UMPS est né en 1997, précisément lorsque le Président Chirac, conseillé par Dominique, son homme de confiance, abandonna Alain Juppé. Depuis le déclin s'est accentué. Tous, depuis, qui se sont succédés à la tete du Pays sont responsables SANS EXCEPTION.
a écrit le 22/10/2012 à 18:53 :
Assez impressionnant, le gouvernement découvre le mode de fonctionnement de la BPI après coup. On voit tout de suite le professionnalisme qui entoure la fonction. Les français auront de plus la joie d?apprendre qu'il finance à un coup supérieur les même service. tout sa pour faire plaisir a des politiques
Réponse de le 22/10/2012 à 23:51 :
peuvent etre sereins
a écrit le 22/10/2012 à 18:09 :
OSEO, FSI, CDC et maintenant BPI : des organismes publics qui pataugent joyeusement dans le recel de la spoliation fiscale. Et quelle efficacité impressionnante ! Les 5 millions de chômeurs les remercient vivement pour leur action au service du pays.
a écrit le 22/10/2012 à 17:49 :
Oseo ex Anvar est bonne à BOUCLER SANS MéNAGEMENT - Oseo ex Anvar est censé être la structure de l'innovation, Oseo, Fille de la Caisse des Dépôts, éparpille dans l?approximation et le désordre absolu, les FONDS publics qu?elle est censé bien gérer dans des officines de type CRITT, des machins et bidules inutiles, très couteux, voir très ruineux, dans de la publicité, on se demande en quoi elle est utile si ce n?est pour faire tourner une agence de pub « amie » ? Bref la Fance a sombré en matière d?innovation, et pour mesurer le désastre de l?innovation", il suffit de lire 2 rapports qui mettent en évidence la place de la France ne matière d'innovation : * Pour l?indice mondial global de l?innovation (GII) de l'INSEAD/OMPI, la France se positionne à la 24ème place au plan mondial, et 16ème européenne ** Pour l?indice mondial d'efficacité de l?innovation (GII), La France se positionne à la 64ème place au plan mondial, et 27ème européenne *** l'étude europa positionne la France dans la catégorie des "adeptes de l'innovation", à la 11ème place sur 27 pays européens - voici les liens des rapports en question : rapport europa : http://ec.europa.eu/enterprise/policies/innovation/files/ius-2011_en.pdf
et au 24ème rang mondial lire le rapport europa :
http://www.wipo.int/export/sites/www/freepublications/en/economics/gii_2012.pdf
QUEL DéSASTRE à mettre au crédit d'Oseo innovation, des CRITT, des pôles de NéGATiVE COMPéTiViTé !!!
a écrit le 22/10/2012 à 17:43 :
Cela ressemble à une embrouille d'envergure, le financement du fonctionnement de l'état est assuré par des banques privées et on crée une banque d'investissement publique pour financer les projets privés!.
J'ai du mal à comprendre.
Réponse de le 22/10/2012 à 18:01 :
Vous aussi, nous sommes donc déjà 2 !
Réponse de le 23/10/2012 à 5:19 :
C'est pourtant simple, l'état français n'a pas le début de l'ombre d'une queue d'un radis, Il emprunte du premier janvier au 31 décembre pour simplement fonctionner. La BPI n'est qu'une structure étatique de plus qui fonctionnera à 100% avec des dettes contractés auprès des prêteurs habituels tant qu'il y an aura...
a écrit le 22/10/2012 à 17:12 :
nos gouvernants font de la prose ... Quand ils ne déguisent pas . Les canards boîteux on sait où les trouver .
a écrit le 22/10/2012 à 17:11 :
Il est des choses qui m'échappent! On nous dit que nous avons les banques les plus solides du Monde ! Que nos Banques font leur travail de Banquier.... Alors pourquoi s'acharner à créer la BPI??? La nostalgie des nationalisation de Mitterrand ? Si quelqu'un veut bien m'expliquer c'est avec plaisir.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :