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ÉconomieInternational

Italie: Monti pourrait repartir à l'assaut du pouvoir

latribune.fr (avec AFP)

Publié le 10 décembre 2012 à 13:05 - Mis à jour le 10 décembre 2012 à 13:11

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Le président du Conseil démissionnaire, Mario Monti, pourrait ne pas se retirer de la vie politique. Les centristes sont à la manœuvre pour présenter sa candidature et ainsi faire barrage à un éventuel retour de Silvio Berlusconi.

La démission attendue d'ici Noël du président du Conseil italien Mario Monti accroît sa marge de manoeuvre pour se présenter aux législatives anticipées de 2013, à moins qu'il n'opte pour un poste d'arbitre à la place du l'actuel président de la République Giorgio Napolitano dont le mandat expire en mai.

Pour le moment, l'ex-commissaire européen et économiste de 69 ans, fidèle à sa réputation de sobriété et prudence, novice en politique, ne se prononce pas sur son avenir mais certains chroniqueurs, citant son entourage, le disent tenté par l'aventure. Dans une interview à la Repubblica, il se déclare "très préoccupé non pas pour (son) propre sort mais pour ce qu'(il) voit": le risque de dérive populiste, de tempête financière et que l'Italie perde sa crédibilité retrouvée depuis qu'il a remplacé Silvio Berlusconi il y a 13 mois. Le Cavaliere s'est dit finalement prêt ce week-end à briguer un nouveau mandat.

En attendant, les centristes ont accéléré la constitution d'un front favorable à une candidature de Mario Monti, qui a désormais les coudées franches pour se démarquer de son "étrange majorité", selon ses propres termes, qui regroupait centre, droite de Berlusconi et gauche modérée.

L'épouvantail Berslusconi

"Face à une droite populiste" de nouveau guidée par Berlusconi, "le travail de notre groupe (Mouvement vers la Troisième République) qui a à coeur l'intérêt du pays et tente de rassembler autour de la figure de Monti devient encore plus important", a expliqué au quotidien Corriere della Sera, Lorenzo Dellai, président du département de Trente (nord). Ce dernier ambitionne, aux côtés du président de Ferrari Luca di Montezemolo, de fédérer les laïcs "modérés" et les centristes catholiques notamment issus du parti UDC de Pierferdinando Casini.

"Casini, (le président de la chambre des députés, Gianfranco) Fini et Montezemolo veulent le parti du loden" en allusion au manteau favori de Mario  Monti, dénonce dans un éditorial Il Giornale, propriété de la famille Berlusconi.

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Selon Fabio Martini de La Stampa, un groupe de travail formé d'experts en communication et sondages, est déjà à pied d'oeuvre en toute discrétion "pour mesurer l'impact électoral d'une éventuelle liste 'Monti pour l'Italie' ".

Un sondage de l'institut SWG publié le 7 décembre à la veille de la confirmation par M. Berlusconi de son retour au premier plan accordait à Mario Monti une cote de popularité de 33%. Il s'agissait de son plus mauvais score, lié à la mauvaise santé de l'économie (récession, chômage et impôts en hausse et consommation en berne). Mais un autre sondage Ispo fin novembre créditait un éventuel parti dirigé par M. Monti de 35% des suffrages ce qui le mettrait à égalité avec le Parti démocrate (PD, gauche) de Pier Luigi Bersani. S'il devait se lancer dans la course au poste de chef de gouvernement, M. Monti le ferait "pour ne pas dilapider le trésor d'initiatives et culture politique mis de côté en un an de gouvernement et (...) au nom des citoyens qui pendant tous ces mois ont fait tant de sacrifices", selon des propos cités par le Corriere della Sera.

Des defections dans le camp Berlusconi pour rejoindre Monti

Grâce à sa réputation internationale de "sauveur de l'Italie", M. Monti pourrait bénéficier de défections dans le camp Berlusconi. L'ancien chef de la diplomatie Franco Frattini et le maire de Rome Gianni Alemanno sont cités comme transfuges potentiels. M. Monti est également fortement soutenu par le Vatican et l'Eglise italienne dont le chef le cardinal Angelo Bagnasco a loué lundi l'oeuvre du "gouvernement technique qui a mis à l'abri l'Italie de capitulations humiliantes et hautement risquées". Silvio Berlusconi a feint l'indifférence et joué les matamores: "qu'il se présente s'il le veut, je n'ai pas peur de lui". Mais en bon animal politique, il sait les risques auxquels il s'est lui-même exposé en se lançant dans une sixième campagne électorale alors que les sondages lui octroient au maximum 15% des suffrages.

Une altrenative: Monti président

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D'autres experts voient mal M. Monti renoncer à sa position de technocrate "super partes" et soulignent qu'en menant sa propre liste, il entrerait directement en concurrence avec M. Bersani, donné vainqueur par les sondages. Bruno Tabacci, un ancien parlementaire chrétien-démocrate rallié à la gauche, a prédit un avenir politique à M. Monti mais plutôt pour succéder à Giorgio Napolitano à la présidence de la République. "Il pourrait être un excellent président d'autant que sa dimension européenne serait une garantie que l'Italie ne sauterait pas dans le vide", a-t-il déclaré lundi sur la chaîne Rai News. Quelle que soit l'option que choisira Mario Monti, il est donc improbable que l'ancien recteur de la prestigieuse université milanaise Bocconi retourne dans l'ombre.

latribune.fr (avec AFP)

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