Le nouveau premier ministre géorgien en veut-il aux milieux d'affaires ?

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Le milliardaire Bidzina Ivanichvili, Premier ministre de Géorgie, souhaite voir l'ancien pays soviétique intégrer l'Otan et l'Union européenne. (Reuters)
Le milliardaire Bidzina Ivanichvili, Premier ministre de Géorgie, souhaite voir l'ancien pays soviétique intégrer l'Otan et l'Union européenne. (Reuters) (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Ancien oligarque russe et depuis deux mois premier ministre géorgien, Bidzina Ivanichvili perturbe les milieux d'affaires par sa main lourde avec l'opposition et en matière fiscale.

Vengeance clanique, remise en cause des réformes libérales, retour dans l?orbite de Moscou? La communauté d?affaires et les diplomates occidentaux ne sont guère rassurés par les premières mesures prises par le nouveau gouvernement de Bidzina Ivanishvili, qui a pris les rênes du pouvoir le 25 octobre dernier. Les multiples arrestations de ministres, de gouverneurs régionaux et de députés proches du président Saakachvili donnent l?impression que l?Etat de Droit régresse dans ce petit pays qui n?a véritablement décroché de l?orbite russe qu?en 2004. Personne ne croit que la cohabitation entre Saakachvili, dont le mandat s?achève en octobre prochain et son premier ministre va fonctionner.

«Le gros problème des Géorgiens, c?est qu?ils ne savent pas partager le pouvoir ou faire des compromis, c?est la mentalité locale. Celui qui est le plus fort prend tout, en affaires comme en politique», explique Ludovic Girod, un entrepreneur français installé dans la capitale Tbilissi depuis six ans. «Les contrôles fiscaux sur les entreprises se sont multipliés ces dernières semaines, ce qui donne l?impression que le gouvernement n?aime pas le business.» La communauté d?affaires étrangère éprouve une grande reconnaissance envers le président Saakachvili pour l?assainissement du climat d?investissement. «La corruption et la criminalité omniprésentes jusqu?en 2004 ont rapidement disparu», note Antoine Bardon, président de la chambre de commerce franco-géorgienne. «On doit à Saakachvili d?avoir mis la Géorgie sur la voie d?un Etat moderne. Les coûts d?accès au marché sont extraordinairement faibles, la fiscalité est très basse et 95% des produits importés d?Europe sont exonérés de droits de douane grâce à un accord avec Bruxelles.»

La Géorgie, partenaire stratégique de l'Union européenne

Ancienne république soviétique du Caucase, la Géorgie est un pays de 4,5 millions d?habitants presque deux fois grand comme la Suisse mais où le PIB par habitant est treize fois moindre. Le pays revêt une importance stratégique pour l?Europe car il fait partie du «corridor énergétique» permettant de faire sortir les hydrocarbures du bassin Caspien en évitant la Russie et l?Iran.

La Société Générale est le principal investisseur français dans le pays après pris en 2006 le contrôle de Bank Republic, l?un des principaux établissements du pays. «Les deux premières années ont été bonnes, mais après la guerre avec la Russie [en 2008], la Société Générale a perdu de l?argent et n?est redevenue rentable que depuis 2010», explique une source bancaire. Dans sa poussée vers l?Est avec un partenaire de Dubaï, le distributeur Carrefour a déjà ouvert une grande surface à Tbilissi et envisage d?en ouvrir trois autres, ainsi qu?une chaîne de supermarchés si la sauce prend. Parmi les principaux groupes français présents en Géorgie figurent Lactalys, Veolia, Sanofi Aventis, Schneider Electric, Alstom, Areva, Louis Dreyfus et Publicis.

Conscient que la répression contre le camp du président risquait de l?isoler diplomatiquement, le premier ministre Bidzina Ivanichvili affirme qu?il ne s?agit que de «rétablir l?Etat de droit». Et rappelle que son camp a aussi fait les frais d?un indéniable harcèlement du pouvoir avant les élections. Ce milliardaire qui a fait fortune en Russie dans les années 1990 assure aussi qu?il n?est en rien sous la coupe de Moscou. «J?ai revendu tous mes actifs russes avant d?être élu», explique-t-il à La Tribune. «Mon argent est désormais investit dans des actions principalement européennes et américaines.» En matière de politique étrangère, il insiste sur «deux priorités : l?intégration dans l?Union Européenne et dans l?OTAN», deux points extrêmement irritants pour Moscou, avec qui il cherche néanmoins à rétablir le dialogue. Mais selon une source diplomatique à Tbilissi, «les Géorgiens n?ont aucun levier sur Moscou. En plus, le Kremlin n?a aucune envie de voir sur sa frontière Sud un pays florissant, démocratique et ayant éradiqué la corruption.»

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Commentaires
a écrit le 31/12/2012 à 17:10 :
un hollandais de plus avec les mêmes résultats, rien.
Dommage pour les géorgiens.

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