Même sans réseaux sociaux, la NSA a violé les règles de protection de la vie privée

L'Agence de sécurité nationale des Etats-Unis a placé sur écoute des milliers de personnes, sans forcément en avoir reçu l'autorisation officielle du tribunal secret chargé de réguler ses activités.
Les documents déclassifiés montrent qu'entre 2006 et 2009, près de 17.800 numéros de téléphone ont été surveillés alors qu'environ 1.800 présentaient un intérêt éventuel dans le cadre de la lutte antiterroriste.
Les documents déclassifiés montrent qu'entre 2006 et 2009, près de 17.800 numéros de téléphone ont été surveillés alors qu'environ 1.800 présentaient un intérêt éventuel dans le cadre de la lutte antiterroriste. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Les révélations sur les pratiques de la NSA n'en finissent pas de pleuvoir ! Si elle aurait espionné la quai d'Orsay, Google, Petrobras et le réseau interbancaire Swift d'après la chaîne de télévision brésilienne Globo; la NSA s'en est également pris à des données personnelles individuelles. Des documents déclassifiés par l'agence mardi 10 septembre aux États-Unis montrent que celle a consulté des listes de numéros de téléphone, sans l'autorisation de la justice américaine, violant ainsi les règles protégeant la vie privée.

>> Google, le quai d'Orsay et le réseau Swift espionnés par la NSA

17.800 numéros sous surveillance

Les faits remontent à la période allant de 2006 à 2009: l'agence a progressivement fait gonfler une "liste d'alerte" de numéros appartenant potentiellement à des terroristes et les a placé sur écoute. Les documents déclassifiés montrent qu'entre 2006 et 2009, près de 17.800 numéros de téléphone ont été surveillés alors qu'environ 1.800 présentaient un intérêt éventuel dans le cadre de la lutte antiterroriste, a reconnu un haut responsable américain du renseignement.

Si ces documents ont été déclassifiés, c'est grâce à une décision de justice du 4 septembre ordonnant au gouvernement de porter à la connaissance d'une association de défense des libertés publiques qui en faisait la demande les manquements commis par la NSA dans le cadre de son programme de collecte de "métadonnées" téléphoniques. Résultat, le voile est désormais levé sur les échanges entre la NSA et le tribunal secret chargé de réguler ses activités - la Foreign Intelligence Surveillance Court - pour résoudre ces abus commis par l'agence de renseignement.

La NSA nie toute "violation intentionnelle de la loi"

Encore un coup porté à la réputation de l'agence de sécurité américaine, qui fait acte de contrition. "La NSA n'est pas parfaite dans l'exécution de programmes compliqués", a plaidé un haut responsable du renseignement hier, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, et insistant sur leur "supervision rigoureuse" et l'absence de "violation intentionnelle de la loi". pas sur que cela suffise pour faire revenir la confiance. Depuis les appels à la confiance du président américain, qui a affirmé le 9 août avoir "pris des mesures pour qu'il y ait (...) de réels garde-fous pour empêcher les abus et protéger les droits du peuple américain", c'est la seconde fois que la NSA est conduite à reconnaître avoir violé les lois protégeant la vie privée avec ce programme de collecte des métadonnées téléphoniques.

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Commentaire 1
à écrit le 14/09/2013 à 18:49
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