L'économie des Philippines devrait pouvoir surmonter la tragique épreuve de Haiyan

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Tacloban, dans la province de Leyte, après le passage du typhon.
Tacloban, dans la province de Leyte, après le passage du typhon. (Crédits : Reuters)
Selon une étude HSBC, l'économie philippine pourrait surmonter rapidement les effets dévastateur du passage du typhon Haiyan.

Quel sera l'impact économique du typhon Haiyan qui vient de frapper les provinces centrales des Philippines en causant des dégâts considérables et le décès de 10.000 à 20.000 personnes ? Dans une étude publiée ce mardi matin, HSBC estime que cette catastrophe, qui intervient un mois après un fort tremblement de terre qui a frappé l'île de Cebu, « ne devrait pas ralentir la croissance » du pays.

Manille, principale zone économique du pays

Les régions frappées par le typhon, les îles de Leyte et de Visayas et le nord de celles de Cebu et de Negro ne constituent pas le cœur de la production industrielle du pays, principalement concentrée autour de la capitale, Manille. Cette métropole de quelques 21 millions d'habitants (soit 22 % de la population) concentre 35 % du PIB du pays. Les principales ressources de ces régions sont l'agriculture et l'industrie agro-alimentaire liée au riz, à la canne à sucre au blé et à la pèche.

Des ravages estimés à 1,7 milliard d'euros

Selon HSBC, 3,5 % de la production philippine de canne à sucre serait détruite. L'ensemble de la perte de production pour ces quatre industries s'élèverait, d'après la banque britannique, à 324 millions de dollars américains, soit 0,2 % du PIB philippin. Mais les dégâts seront néanmoins bien plus importants. Selon le gouvernement, le montant des pertes s'élèverait à 8 % de la richesse de la région. Si l'on prend en compte l'ensemble des régions touchées, le coût pour l'économie nationale serait de 1,4 % du PIB, soit environ 1,7 milliard d'euros. Un chiffre loin d'être négligeable (à l'échelle de la France, il s'agirait de 28 milliards d'euros).

Marges de manœuvre

Néanmoins, les équipes de HSBC estiment que l'économie philippine pourra surmonter l'épreuve. Ils insistent notamment sur les marges de manœuvre dont disposent le gouvernement et la banque centrale (Bangko Sentral Ng Pilipinas, BSP) pour redonner une impulsion à l'économie et favoriser la reconstruction. Le gouvernement a d'ores et déjà annoncé le déblocage de 23 milliards de pesos, soit 391 millions d'euros. Et si la perte de la production agricole peut alimenter l'inflation, HSBC estime que cette dernière ne sortira pas du « corridor » de 3 à 5 % toléré par la BSP (l'inflation est aujourd'hui à 3,5 % par an). Du coup, « la BSP pourra conserver des taux bas pour soutenir l'activité », estime la banque.

Un modèle économique original pour l'Asie

De façon plus générale, les deux piliers de la croissance philippines, selon HSBC, «  la croissance démographique et une gestion financière de l'Etat solide » devrait permettre au pays de surmonter l'épreuve. Les Philippines, comme l'Indonésie, basent en effet leur modèle économique, non pas sur les exportations, mais sur une forte consommation des ménages alimentée par une croissance démographique soutenue. Il y aujourd'hui 98 millions de Philippins, contre 74 millions voici quinze ans. Au premier trimestre 2013, le commerce extérieur a apporté une contribution négative à la croissance, ce qui n'a pas empêché le PIB philippin de croître de 7,8 % sur un an.

Besoin d'investissements dans les infrastructures

En revanche, le drame du typhon Haiyan souligne le besoin urgent d'investissement dans les infrastructures. Les Philippines, obsédées après la crise de 1997 par la gestion de sa dette, a sous-investi dans ce domaine. Avec une population en progression d'un tiers en quinze ans, les dépenses d'infrastructures ont reculé de 5,6 % du PIB à 3 % du PIB sur la même période. Du coup, la population est beaucoup plus vulnérable aux phénomènes naturels catastrophiques. Le gouvernement a prévu de ramener le ratio à 5 % en 2016. Les ravages de Haiyan pourraient donc enfin faire comprendre aux dirigeants de l'archipel qu'une bonne gestion de la dette n'est pas toujours suffisante.

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Commentaires
a écrit le 14/11/2013 à 1:34 :
Indécent comme article !!!!
a écrit le 13/11/2013 à 12:04 :
Je trouve sordide de parler déjà de se remettre ! C'est quand-même une catastrophe, agissons plutôt dans le sens de les aider plutôt que de dire "mais ils vont bien s 'en sortir" !!!!!!
Une honte !
a écrit le 12/11/2013 à 15:59 :
C'est dramatique !
a écrit le 12/11/2013 à 15:56 :
Avec ou sans nos euros?

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