OMC : l'Inde "ne cèdera jamais" sur la sécurité alimentaire

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le ministre indien du Commerce, Anand Sharma, a sèchement rejeté le compromis américain, disant préférer qu'une telle exemption soit en vigueur jusqu'à ce qu'une solution permanente négociée soit convenue et non pour quatre ans seulement.
le ministre indien du Commerce, Anand Sharma, a sèchement rejeté le compromis américain, disant préférer qu'une telle exemption soit en vigueur "jusqu'à ce qu'une solution permanente négociée soit convenue" et non pour quatre ans seulement. (Crédits : Reuters)
Pas question de s'incliner sur la question de la sécurité alimentaire, a averti jeudi le ministre indien du Commerce, Anand Sharma, restant ferme sur son refus d'un compromis qui pourrait sauver un accord à Bali.

Rien. L'Inde ne cèdera rien sur le terrain de la sécurité alimentaire. C'est en tout cas ce qu'a assuré le ministre indien du commerce Anand Sharma, lors de la deuxième journée de la conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Bali:

"C'est une question fondamentale. Nous ne cèderons jamais". "C'est une position de principe pour l'Inde". "Le dernier accord (celui signé lors de la création de l'OMC et plafonnant les subventions agricoles). C'est un héritage d'un déséquilibre au détriment des pays pauvres"

L'Inde ne veut pas du compromis des Etats-Unis

Pour rappel, l'Inde, à la tête des 46 pays en développement du G33, demande la possibilité d'accroître ses subventions aux produits agricoles afin d'aider les agriculteurs et nourrir à bas prix les plus pauvres. Ce qui est actuellement sévèrement limité par l'OMC, car considéré comme une forme de dumping.

Les Etats-Unis, fervents opposants de l'Inde à ce sujet, ont proposé un compromis qui consisterait à offrir une "clause de paix" de quatre ans, selon laquelle aucune sanction ne serait recherchée contre les pays qui dépassent le plafond de subventions pour un programme de sécurité alimentaire.

Mais l'Inde ne veut pas céder d'un pouce et campe sur sa position. Anand Sharma explique que "plus de 700 millions d'Indiens ont légalement le droit" à une sécurité alimentaire:

"Le droit à la sécurité alimentaire est non-négociable. C'est un droit que les Nations unies reconnaissent". "L'Inde parle au nom de la vaste majorité des populations des pays en développement et des pays pauvres. L'Inde n'est pas seule".

Vendredi un compromis ou l'agonie de l'OMC ?

Or cette réunion, qui doit s'achever vendredi, est un peu considérée comme celle de la dernière chance pour sauver les négociations sur la libéralisation des échanges mondiaux, paralysées depuis l'échec du cycle de Doha en 2001. Faute de compromis, l'OMC elle-même sera menacée.

Ce qui n'est pas le but de l'Inde. En tout cas, son ministre du Commerce précise:

"Nous ne sommes pas venus ici pour provoquer la chute d'une organisation", a assuré le ministre indien. Mais "il vaut mieux ne pas avoir d'accord qu'en avoir un mauvais".

Verdict vendredi, dernier jour pour tenter de trouver un terrain d'entente, s'il en est.

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Commentaires
a écrit le 05/12/2013 à 23:15 :
qu'on affame ces obèses d'américains gavés de viande aux hormones ne serait-ce qu'une journée, et ils comprendront peut être ?
a écrit le 05/12/2013 à 22:18 :
Les Occidentaux se moquent d'affamer la planète pourvu qu'ils gagnent du fric :-)
a écrit le 05/12/2013 à 17:25 :
sans conteste, l'inde a raison...... toute la question est de savoir si l'inde subventionne son agriculture pour nourrir son peuple, ou pour exporter sa production.....

les américains, eux, subventionnent clairement pour exporter....... ce qui leur pose problème, c'est qu'ils ne peuvent pas le faire autant qu'il faudrait, pour vendre moins cher aux indiens......

et l'OMC est morte née....... elle a été le fossoyeur du monde..... il est grand temps de revenir à une approche plus pragmatique..... en régionalisant les accords par grandes zones géographiques......
a écrit le 05/12/2013 à 17:11 :
L'UE peut réfléchir à l'exemple de l'Inde et en tirer toutes les conséquences. Aussi bien en termes d'ouverture de son marché intérieur que de la démarche envers ses partenaires bilatéraux. L'UE n'est pas là pour prêcher une politique mais pour défendre les intérêts de ses états membres.

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