Shadow banking : Pékin évite le pire

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Selon Moody's, le shadow banking pèse 4.800 milliards de dollars en Chine. (DR)
Selon Moody's, le shadow banking pèse 4.800 milliards de dollars en Chine. (DR) (Crédits : Reuters)
Le premier défaut massif qui devait ébranler la finance de l'ombre en Chine n'aura pas lieu. Un accord, dont on ne connaît les modalités mais qui garantit les créanciers, a finalement été trouvé.

Ce devait être la première catastrophe financière liée au "shadow banking", cette finance de l'ombre qui pèse, selon Moody's, 4.800 milliards de dollars en Chine. Elle n'aura finalement pas lieu cette fois-ci. Les particuliers qui avaient placé leur 3 milliards de yuans (360 millions d'euros) dans l'institution financière China Credit, qui devait financer une société minière dont la mine n'avait jamais vu le jour, ne perdront donc pas leur économies.

Le premier choc est évité

Un accord aurait en effet été trouvé pour couvrir la majeure partie de leur argent. Cet argent sera mis sur la table par un nouvel investisseur, prêt à racheter la dette de la société minière convertie en actions, car elle a finalement obtenu un permis d'exploiter dans une autre mine.

Ce premier choc annoncé devait permettre d'évaluer la solidité du système de financement chinois, dans lequel la finance de l'ombre, ici en cause, tient une place prépondérante. Mais il paraît évident que Pékin n'a pas accepté de prendre le risque d'un défaut.

Des doutes persistants sur la solidité du système financier

Ce qui est inquiétant en soi. D'une part, parce que les soupçons sont grands sur la fragilité du système bancaire du pays. Or le fait que Pékin n'ait pas accepté de prendre le risque d'un choc montre la fébrilité des autorités chinoises.

D'autre part, parce qu'un tel choc aurait pu permettre d'envoyer un signe clair aux banquiers de l'ombre qui prennent des risques immodérés, en dehors de tout cadre. Cette finance informelle gêne Pékin, mais le pouvoir y voit en même temps un mal nécessaire qui permet d'alimenter l'économie en liquidités en parallèle d'un système bancaire officiel peu efficace.

Le sujet du système financier chinois est l'un des points clés qui déterminera si oui ou non, la Chine réussira son tourant vers plus d'économie de marché et surtout, vers un rééquilibrage de la croissance nécessaire.

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Commentaires
a écrit le 28/01/2014 à 15:36 :
Pourquoi personne ne vient me rembourser quand je perds de l'argent moi pauvre épargnant minable juste bon à payer des impôts?
Réponse de le 29/01/2014 à 10:55 :
Parce que je suis la chêvre silencieuse qu'on peut usuellement traire en douce, avant quelques coups brutaux, sans que personne n'y voit à redire.
a écrit le 28/01/2014 à 13:24 :
Autant le dernier paragraphe est juste, autant la dernière phrase est remplie d'un espoir amusant...
a écrit le 28/01/2014 à 13:20 :
Et vous croyez que c'est nouveau ? Ça n'a jamais cessé, et ne cessera jamais !... Par conséquent, il est inutile de se catastropher pour ça.
a écrit le 28/01/2014 à 11:31 :
Depuis que le veau d'or est la liquidité, au lieu et place de la solvabilité, la cavalerie
financière fait prospérer les écuyers les plus fous, les autres maladroits se goinfrant de fonds creux ou de l'ombre ; tant que ça dure sans violente secousse, le carrousel continue. Les Etats en règlent
le rythme plus ou moins à leur guise, suivant qui ils sont.

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