Shadow banking : Pékin évite le pire

Romain Renier

Romain Renier
Ce devait être la première catastrophe financière liée au "shadow banking", cette finance de l'ombre qui pèse, selon Moody's, 4.800 milliards de dollars en Chine. Elle n'aura finalement pas lieu cette fois-ci. Les particuliers qui avaient placé leur 3 milliards de yuans (360 millions d'euros) dans l'institution financière China Credit, qui devait financer une société minière dont la mine n'avait jamais vu le jour, ne perdront donc pas leur économies.
Un accord aurait en effet été trouvé pour couvrir la majeure partie de leur argent. Cet argent sera mis sur la table par un nouvel investisseur, prêt à racheter la dette de la société minière convertie en actions, car elle a finalement obtenu un permis d'exploiter dans une autre mine.
Ce premier choc annoncé devait permettre d'évaluer la solidité du système de financement chinois, dans lequel la finance de l'ombre, ici en cause, tient une place prépondérante. Mais il paraît évident que Pékin n'a pas accepté de prendre le risque d'un défaut.
Ce qui est inquiétant en soi. D'une part, parce que les soupçons sont grands sur la fragilité du système bancaire du pays. Or le fait que Pékin n'ait pas accepté de prendre le risque d'un choc montre la fébrilité des autorités chinoises.
D'autre part, parce qu'un tel choc aurait pu permettre d'envoyer un signe clair aux banquiers de l'ombre qui prennent des risques immodérés, en dehors de tout cadre. Cette finance informelle gêne Pékin, mais le pouvoir y voit en même temps un mal nécessaire qui permet d'alimenter l'économie en liquidités en parallèle d'un système bancaire officiel peu efficace.
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Le sujet du système financier chinois est l'un des points clés qui déterminera si oui ou non, la Chine réussira son tourant vers plus d'économie de marché et surtout, vers un rééquilibrage de la croissance nécessaire.
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