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ÉconomieInternational

Ukraine : la tension monte entre Moscou, Kiev et les occidentaux

Photo de Romain Renier

latribune.fr

Publié le 02 mars 2014 à 12:46 - Mis à jour le 02 mars 2014 à 12:47

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De Washington à Kiev, en passant par Paris et Varsovie, les vives réactions se sont multipliées après l'aval donné à Vladimir Poutine par le parlement russe pour une intervention militaire en Ukraine. L'OTAN prévoit une réunion des 28 ambassadeurs et l'Onu songe à l'envoi d'observateurs.

Les Occidentaux faisaient monter la pression contre Moscou, après le feu vert obtenu samedi par Vladimir Poutine pour une intervention armée russe en Ukraine, où l'état d'alerte a été décrétée face aux menaces qui pèsent sur la Crimée et l'est du pays.

L'Alliance atlantique a décidé de convoquer dimanche une réunion d'urgence des 28 ambassadeurs des pays membres de l'OTAN, avant une Commission OTAN-Ukraine prévue dans l'après-midi, a indiqué samedi son secrétaire-général Anders Fogh Rasmussen. A la veille de la réunion d'urgence des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles, le chef de la diplomatie grec, dont le pays occupe la présidence tournante de l'UE, est attendu dimanche à Kiev où il rencontrera les nouveaux dirigeants ukrainiens. Il sera accompagné par son homologue britannique William Hague.

Washington met en garde Moscou

Dès samedi, les Etats-Unis ont exigé de la Russie qu'elle replie ses forces déployées en Crimée, dans le sud de l'Ukraine. Lors d'un appel téléphonique de 90 minutes, le président Barack Obama a affirmé à son homologue Vladimir Poutine qu'il avait violé la loi internationale en déployant des soldats russes en Crimée, et l'a appelé à "faire baisser les tensions en repliant ses forces dans leurs bases de Crimée".

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a renchéri, ajoutant que si rien ne changeait, "l'effet sur les relations entre les Etats-Unis et la Russie et sur la position internationale de la Russie sera profond".

Le ministre américain de la Défense Chuck Hagel a lui aussi parlé au téléphone avec son homologue russe Sergueï Choïgou. Il lui a dit que "sans changement sur le terrain, la Russie risque davantage d'instabilité dans la région, un isolement au sein de la communauté internationale et une escalade qui menacerait la sécurité de l'Europe et du monde", selon le Pentagone.

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Mobilisation des occidentaux

A l'instar des Etats-Unis, plusieurs pays occidentaux, dont la France, la Pologne ou la Grande-Bretagne, ont adopté une ligne très ferme face à la Russie, certains, comme le Canada, rappelant même leur ambassadeur et annonçant qu'ils pourraient renoncer à participer au G8 prévu en juin à Sotchi si Washington faisait de même.

Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni samedi en urgence, la représentante américaine, Samantha Power, a réclamé le retrait des renforts russes de Crimée et suggéré l'envoi d'"observateurs internationaux" en Ukraine

Le droit de "défendre ses intérêts"

Samedi, Kiev a mis son armée en état d'alerte après le vote à l'unanimité par le Conseil de la Fédération (Sénat) russe du "recours sur le territoire de l'Ukraine aux forces armées russes jusqu'à la normalisation de la situation politique dans ce pays". Un vote réclamé par Vladimir Poutine.

Pour le président russe, cela signifie que la Russie se donne le droit de "protéger ses intérêts et les populations russophones" en cas de "violences" dans l'Est de l'Ukraine et en Crimée, comme il l'a déclaré à Barack Obama au cours de leur conversation téléphonique. Le président américain lui a rétorqué, selon la Maison blanche, que le meilleur moyen d'y parvenir était de s'adresser directement au gouvernement ukrainien.

Tension extrême entre Moscou et Kiev

L'éventuel recours aux forces de la Flotte russe basée en Crimée, aux termes d'un accord bilatéral signé entre Moscou et Kiev, ou l'envoi d'autres troupes depuis la Russie, est désormais entre les mains de Vladimir Poutine:

"C'est le président qui prend la décision. Pour le moment, il n'y a pas de décision en ce sens", a affirmé son porte-parole Dmitri Peskov.

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Mais Kiev a accusé la Russie d'avoir déjà déployé des milliers d'hommes supplémentaires en Crimée, "6.000 hommes" supplémentaires, selon le ministre ukrainien de la Défense Igor Tenioukh. Kiev a en conséquence rappelé l'ensemble de ses réservistes de la l'armée.

"C'est l'alerte rouge. Ce n'est pas une menace, c'est en fait une déclaration de guerre à mon pays", a déclaré dimanche le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk."Nous appelons le président (russe Vladimir) Poutine à retirer ses forces armées et à s'en tenir aux obligations internationales et aux accords bilatéraux et multilatéraux entre la Russie et l'Ukraine", a-t-il ajouté."Si le président Poutine veut être le président qui a débuté une guerre entre deux pays voisins et amis, entre l'Ukraine et la Russie, il est tout près d'atteindre son objectif. Nous sommes au bord du désastre", a-t-il dit, s'exprimant en anglais lors d'un point presse au Parlement."La Russie n'avait aucune raison d'envahir l'Ukraine et nous pensons que nos partenaires internationaux et toute la communauté internationale soutiendront l'intégrité territoriale et l'unité de l'Ukraine et feront tout ce qu'ils peuvent pour arrêter le conflit militaire provoqué par la Russie", a-t-il encore dit.

(Article publié dimanche 2 mars à 10h00 et mis à jour à 13h47)

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