"Les défauts sont difficiles à éviter" en Chine (Premier ministre chinois)

 |   |  465  mots
Ce que nous devons faire, c'est renforcer les contrôles, mettre correctement en oeuvre des mesures (de supervision) adéquates, et nous assurer qu'il n'y a pas de risque financier systémique ni de (contagion) régionale, a expliqué le Premier ministre, Li Kegiang, qui s'est dit prêt à accepter des défauts de paiement de sociétés chinoises. (Photo : Reuters)
"Ce que nous devons faire, c'est renforcer les contrôles, mettre correctement en oeuvre des mesures (de supervision) adéquates, et nous assurer qu'il n'y a pas de risque financier systémique ni de (contagion) régionale", a expliqué le Premier ministre, Li Kegiang, qui s'est dit prêt à accepter des défauts de paiement de sociétés chinoises. (Photo : Reuters) (Crédits : Reuters)
Les autorités chinoises sont prêtes à accepter des défauts de paiement sur des produits financiers, de tels incidents étant "difficiles à éviter", a indiqué jeudi le Premier ministre Li Keqiang, évoquant les dangers d'une "finance de l'ombre" minée par les créances douteuses.

"Nous attachons une grande importance aux risques financiers et aux dangers liés à l'endettement", a confirmé le Premier ministre, Li Keqiang, lors d'une conférence de presse après la clôture de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP), chambre d'enregistrement législative du régime.

"Comment serait-il possible que je puisse souhaiter voir des défauts de paiement sur des produits financiers? Mais, malheureusement, j'ai bien peur que des cas isolés de défauts de ce type soient difficiles à éviter", a-t-il poursuivi.

Premier défaut obligataire en Chine continentale

Un discours qui intervient juste après le cas emblématique du fabricant de panneaux solaires, Chaori Solar, qui a annoncé la semaine dernière ne pas avoir les moyens d'honorer le paiement de 89,8 millions de yuans (10,7 millions d'euros) d'intérêts sur des obligations qu'il avait émises en 2012.

Ce tout premier cas d'un défaut de paiement sur des obligations d'entreprises émises en Chine continentale est venu raviver les inquiétudes sur les produits d'investissement émis par des dizaines de trusts et sociétés de crédit, évoquant pour certains le spectre des "obligations pourries" américaines.

>> Lire Chine : un défaut obligataire pour l'exemple

"Laisser le marché jouer son rôle"

Alors que, ces dernières années, les gouvernements locaux et banques publiques intervenaient systématiquement pour aider les entreprises en détresse à honorer les paiements sur leurs obligations, l'Etat veut désormais "laisser le marché jouer son rôle", ont commenté la semaine dernière des médias officiels.

"Ce que nous devons faire, c'est renforcer les contrôles, mettre correctement en oeuvre des mesures (de supervision) adéquates, et nous assurer qu'il n'y a pas de risque financier systémique ni de (contagion) régionale", a expliqué le Premier ministre.

Inquiétude sur la santé du secteur financier

Li Keqiang a par ailleurs rappelé la détermination des autorités à endiguer l'essor de la "finance de l'ombre", ces sociétés de crédit informelles prospérant en marge du secteur bancaire et ayant alimenté une envolée des dettes des entreprises comme des gouvernement locaux.

>> Lire La Chine malade de son système bancaire

"Nous avons conduit l'an dernier un audit complet des dettes publiques, cela montre notre volonté de s'attaquer à ce problème. Nous en avons rendu publics les résultats, qui montrent que les risques (liés à cet endettement) restent dans l'ensemble sous contrôle", a insisté Li.

Selon cet audit national, l'endettement des gouvernements locaux chinois s'établissait fin juin à 17.900 milliards de yuans (2.100 milliards d'euros), un bond de 67% en deux ans et demi. Ce gonflement des dettes a été alimenté, selon les experts, par des coups de pouce locaux à l'activité, quitte à financer nombre de projets peu rentables.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :