Les soupçons de recours aux armes chimiques en Syrie se précisent

Tiphaine Honoré

Tiphaine Honoré
L'information circule depuis dimanche. François Hollande avait alors fait part de ses soupçons quant à de récentes attaques au gaz toxique, contre les rebelles syriens. Les États-Unis pourraient aujourd'hui en avoir la preuve.
Le Département d'Etat américain examine les éléments pointant la responsabilité du régime de Bachar al-Assad, a indiqué lundi sa porte parole Jen Psaki, comme le montre un reportage de France 24.
Des déclarations qui corroborent les propos du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sur l'antenne d'Europe 1 dimanche.
La Coalition Nationale Syrienne (CNS), la principale force d'opposition, avait déclaré la semaine dernière que des hélicoptères du gouvernement avaient largué les 11 et 12 avril du gaz chloré sur le village de Kfar Zeïta, tenu par les insurgés, dans la province de Hama. La CNS précise que les armes toxiques auraient été utilisées à neuf reprises depuis le début de l'année, dont six au cours du mois d'avril. La télévision officielle syrienne a quant à elle imputé l'usage de ce gaz au Front al-Nosra, affilié à al-Qaida.
Ce sont des barils d'explosifs remplis de chlore à l'état gazeux, d'aspect "jaune-verdâtre et à l'odeur âcre" selon un article du Monde, qui ont été bombardés. Ce gaz endommage les voies respiratoires et peut provoquer l'asphyxie, à forte dose. Le quotidien ajoute que la CNS aurait demandé une enquête à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), censée détruire le stock syrien. Samedi 19 avril, la coordinatrice spéciale de la mission conjointe de l'ONU et de l'OIAC, Sigrid Kaag, avait fait savoir que la Syrie avait transféré hors du pays ou détruit 80% de ses armes chimiques déclarées.
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Le régime syrien s'était engagé à se débarrasser de l'intégralité de son arsenal chimique à la suite d'une attaque commise dans la plaine de la Ghouta, en périphérie de Damas, le 21 août 2013. Il est censé ne plus disposer d'aucune de ces armes toxiques d'ici la date butoir du 27 avril.
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C'est en tout cas ce qui avait été convenu -après une correction de calendrier fin février- dans l'accord avec les États-Unis et la Russie, en septembre. Sauf que, contrairement au sarin, le gaz chloré de figure pas sur la liste des armes chimiques que Bachar al-Assad a déclaré l'an dernier à l'OIAC.
Tiphaine Honoré
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