Réduire le réchauffement climatique pour 1% du PIB mondial

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Il est possible de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C, pour un coût total de moins de 1% du PIB mondial si des actions sont rapidement menées dans différents secteurs. C'est ce que montre une étude publiée le 26 janvier par le cabinet McKinsey.

Quelque 530 milliards d'euros devront être investis dans le monde d'ici à 2020 pour réduire les émissions de CO 2 de 70%, et 810 milliards d'euros avant 2030. C'est ce qu'affirme un rapport publié par le cabinet de conseil McKinsey, le 26 janvier.

Il souligne néanmoins qu'une action immédiate et transversale reste indispensable, car les émissions de CO 2 continuent d'augmenter.

Le rapport identifie trois principaux secteurs dans lesquels les émissions pourraient être réduites de manière rentable. La plus importante réduction, 14 gigatonnes (Gt), soit 40% du potentiel global, pourrait être atteinte en concevant des véhicules, des appareils domestiques et des bâtiments moins gourmands en énergie. Dans ces secteurs, le retour sur investissement se ferait au fur et à mesure, lit-on dans le rapport.

Le secteur de l'électricité peut également générer un tiers des économies (12 Gt) en passant aux énergies vertes, comme le vent, le soleil et les biocarburants, ainsi qu'en installant des systèmes de captage et de stockage de carbone (CSC, voir le dossier d'EurActiv.fr) dans les centrales au charbon, explique le rapport.
De plus, des économies de la même échelle pourraient être réalisées en stoppant la déforestation dans les pays en développement et en stimulant l'absorption naturelle du carbone via des activités de reforestation. En outre, l'étude identifie d'autres secteurs significatifs pour la diminution d'émissions, tels que le CSC en dehors du secteur des centrales électriques ainsi que des procédés de fabrication moins consommateurs d'énergie. Le rapport souligne l'importance des changements de mode de vie.

Le texte ne formule aucune recommandation politique sur la base de ces conclusions, mais les représentants des entreprises qui y ont contribué ainsi que les ONG présentes lors du lancement du rapport se sont accordés sur le fait qu'il constituait une base solide pour un accord international sur le climat.

Le commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas, a salué les résultats de l'étude, la qualifiant de contribution opportune au processus de Copenhague. Il a indiqué que ce document permettrait aux décideurs de prendre en compte les instruments appropriés dans les différents secteurs et fournirait de précieuses analyses aux dirigeants mondiaux, lors de la négociation d'un accord international, qui, selon lui, devra inclure des mécanismes de financement efficaces pour financer les réductions d'émission nécessaires.

Selon Per-Anders Enkvist, du bureau McKinsey&Co, les auteurs de l'étude considèrent qu'il est possible de maîtriser les investissements nécessaires pour atteindre les réductions d'émissions d'ici à 2030. "Nous ne pensons pas que la crise financière actuelle aura un impact", a-t-il déclaré.

Le directeur général du WWF, James Leape, a indiqué que l'étude fournissait un fondement factuel plus rigoureux que ce qui a pu être fait auparavant. Selon lui, un accord à Copenhague devra inclure des plafonds agressifs sur les émissions des pays industrialisés, tout comme un mécanisme robuste pour garantir que les pays en développement disposent des moyens financiers pour contrôler l'augmentation de leurs émissions.

En outre, il a mis l'accent sur les implications de l'étude quant au paquet de relance élaboré aux quatre coins du monde en réponse à la crise financière. Selon lui, les résultats ont montré que les investissements dans l'infrastructure devraient être destinés à l'amélioration de l'efficacité énergétique et devraient diminuer le prix des énergies renouvelables, posant le fondement d'une économie à faibles émissions de CO 2 et créant des emplois en parallèle.

Le Carbon Trust a salué le fait que le rapport constitue une information précieuse pour les négociations internationales sur le climat. Ce travail montre que la réduction de carbone peut être favorable aux entreprises, mais souligne également que le succès en matière de climat revient à refuser un cloisonnement dans des infrastructures consommatrices de carbone, en particulier en ce qui concerne les centrales électriques et l'industrie. "Des actions nationales et internationales sur les développements technologiques seront également vitales pour adopter une économie à faibles émissions de CO 2 avant 2050", a déclaré le directeur général du Trust, Tom Delay.

 

 

 

Un consensus politique fort
Il y a un consensus politique fort selon lequel un passage à une économie à faibles émissions de CO 2 est nécessaire à la fois pour lutter contre le changement climatique et pour que les entreprises restent compétitives. Mais la débâcle économique a suscité de nouvelles craintes que la situation financière ne ralentisse le développement des nouvelles technologies. En octobre 2006, Nicholas Stern a publié un rapport très remarqué, indiquant que la maîtrise du réchauffement climatique coûterait beaucoup moins que remédier à ses conséquences. Il a appelé à l'élaboration d'une réponse internationale qui impliquerait des économies se développant rapidement, telles que la Chine, et qui engloberait des systèmes d'échange de quotas d'émission, des mesures d'adaptation, des actions contre la déforestation ainsi que de la coopération dans le domaine technologique (EurActiv.com 31/10/06). En janvier 2007, le bureau de conseil McKinsey a initialement publié une courbe de réduction des coûts visant à fournir des données quantitatives au débat international sur les technologies les plus rentables pour atteindre les différents objectifs d'émission de CO 2. Le nouveau rapport de McKinsey (intitulé "Pathways to a low-carbon economy"), présente une version plus complète de la courbe des coûts mondiaux, et propose l'analyse de plus de 200 opportunités de réduction des émissions dans dix secteurs et vingt-et-une régions.

 

 

 

 

 

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
C'est quoi un consensus fort quand on sait qu'une grande partie des scientifiques et mêmes ceux associés au GIEC sont extremment reservés sur l'incidence du co2 antropique sur le réchauffement (de 0.6 petits degres depuis 1850 c'est à dire insignifiant,et là il y a consensus).Toutes les mesures recentes montrent que ce mini rechauffement vient de se terminer en même temps qu'un nouveau cycle d'éruptions solaires qui est en gestation.
3 solutions
Latribune repete ce qu'on lui dit d'écrire sans verifier
La tribune vends comme d'autres de la peur et du papier
La tribune possede des parts dans EurActiv
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Je veux bien que l'on parle de plans pour réduire le CO2. La réduction calculée ne tient malheureusement pas compte de l'augmentation de la population mondiale qui va passer de 7 à 9 milliards d'individus d'ici 40 ans environ. Soit 30% d'émissions de CO2 en plus. Mais si de surcroît les Chinois, les Indiens et d'autres se mettent à vivre à l'occidentale alors ce sera 100% d'augmentation de CO2. La technologie ne pourra rien contre de telles augmentations. Il ne faudrait pas oublier la relation mathématiques de la production de CO2 qui est égale à PCT, c'est-à-dire proportionnelle à la population P x consommation C par personne x le coefficient T qui est un coefficient minorateur obtenu grâce à la technologie. Si la technologie permet de gagner 40%comme le dit l'article, mais que la consommation par individu augmente (vie à l'occidentale) et que la population augmente aussi de 30%, cela donne : 1.3 P x 2C X 0.6T =1.56 PCT . Autrement dit, une augmentation de 56 % du Co2 en admettant que la technologie réussisse et que les investissements nécessaires soient faits. Dans le cas contraire nous aurons 1.3P x 2C x T= 2.6 PCT soit une augmentation de 260 %. Actuellement ce scénario semble en bonne voie, la progression du Co2 en 2008 a été exceptionnellement forte.

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