Le parlement européen veut peser sur l'avenir de la monnaie unique

Depuis le traité de Lisbonne, les députés européens sont compétents pour légiférer en matière de coopération économique des Etats, ou de surveillance budgétaire. Ils ne veulent pas que la gestion de la crise de la zone euro reste l'affaire des Etats.
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Les discussions sur le renforcement des obligations budgétaires et la coopération économique entre les pays de la zone euro sont loin d'être réglées. Le 19 avril dernier, les députés européens de la commission des Affaires économiques du parlement ont adopté une

série de six textes

à ce sujet.

Le président de la Commission européenne souhaitait une adoption rapide de ces projets, mais, les parlementaires ne veulent pas bâcler le dossier. Les socialistes et les verts s'opposent à une lecture unique du texte.

Valeur ajoutée

Pour la première fois, les députés européens sont compétents pour décider, en concertation avec les pays de l?UE, d'une grande partie de la législation sur la surveillance et la coopération économique au sein de la zone euro.

Mais l?ambition du parlement européen risque de se heurter à la volonté des Etats de garder la haute main sur ces sujets sensibles. ?Si la co-décision (décision à parité entre les députés et les Etats, ndlr) a un sens, il faut que le parlement ait une valeur ajoutée?, a pourtant martelé la parlementaire européenne Sylvie Goulard (ADLE) devant la presse à Paris, lundi 16 mai.

La surveillance des économies des pays pourrait tout d?abord opposer parlementaires et gouvernements. La Commission européenne a proposé d?examiner les finances des Etats et de soumettre ses conclusions aux dirigeants des Vingt-Sept.

Mais, en dehors des critères de la dette et du déficit public, déjà prévus par le pacte de stabilité et de croissance, Bruxelles n?a pas donné de détails sur le contenu de son analyse. Or, le parlement européen propose d?évaluer les politiques des Etats en étudiant notamment le niveau de la dette privée, les potentielles bulles immobilières ou encore le coût du travail.

?La Commission n?avait pas mis de critères dans sa proposition parce que c?est une bombe. Mais le but est bien de compléter l?analyse en incluant l?endettement privé?, a expliqué Sylvie Goulard.


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