Le sort peu enviable des travailleurs sur les chantiers européens

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Des ouvriers polonais employés sur le site de l'EPR à Flamanville auraient été lésés en étant mal déclarés. En Europe, la protection des droits sociaux hors des frontières nationales reste fragile.

Ce devait être la vitrine du nucléaire français à l'international. Mais le projet devient un cas d'école européen révélateur de la difficile application des droits sociaux des travailleurs. Sur le chantier du réacteur nucléaire de l'EPR à Flamanville, on dénombre 200 entreprises, 3.300 salariés et une trentaine de nationalités, majoritairement des Polonais, des Roumains et des Portugais. Un patchwork international qui pourrait être la traduction grandeur nature de la mobilité des travailleurs que la Commission européenne ne cesse d'appeler de ses v?ux.

Mais si les activités économiques et les hommes voyagent avec souplesse en Europe, les droits sociaux peinent à suivre. Fin juin, 80 Polonais postés sur le chantier sont repartis précipitamment dans leur pays. A l'origine, une rupture de contrat entre Bouygues Travaux Publics et Atlanco, une société installée à Chypre qui lui fournissait des intérimaires pour la partie génie civil du site de l'EPR.

A qui la faute ?

Selon un porte-parole du constructeur français, la décision a été prise "suite à une injonction de l'Autorité de sûreté nucléaire". Faux, rétorque un responsable de l'organisation. En exerçant ses pouvoirs d'inspecteur du travail sur le site, l'ASN a repéré des anomalies liées à la protection sociale des travailleurs polonais, tout en pointant l'absence de déclaration de nombreux accidents du travail.

Malgré ses demandes répétées, le gendarme du nucléaire n'a pas pu obtenir les informations réclamées auprès de la société chypriote, dont certaines très basiques, comme le numéro de sécurité sociale des salariés. "Mais nous n'avons pas imposé à Bouygues le moyen de procéder à la régularisation", se défend un responsable de l'ASN.

De manière habile, l'entreprise de BTP a su se séparer d'Atlanco, devenu un partenaire embarrassant, sans laisser penser que celui-ci avait violé le droit du travail. L'enjeu est de taille car la loi française impose aux donneurs d'ordres, comme Bouygues, de vérifier la présence des déclarations sociales et fiscales de leur prestataire de services. "On a préféré rompre le contrat car Atlanco aurait mis trop de temps à faire la preuve de son innocence", a assuré avec aplomb un responsable de Bouygues à des parlementaires européennes venues sur place le 1er juillet pour demander des comptes.

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Commentaires
a écrit le 07/07/2011 à 11:59 :
Les pratiques du monde du BTP nous font vomir !!! Tous le monde sait que Bouygues est dupe. Aucun interet de passer par des sous traitants autres que l'arnaque sociale.

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