La France épinglée par Bruxelles pour ses piètres performances à l'exportation

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Malgré une pression politique intense de l'Italie, la Commission européenne tente d'exercer ses nouveaux pouvoirs que lui ont conférés les réformes de la gouvernance adoptées en 2011. Elle pointe notamment la réduction de la part de la France et du Royaume Uni dans le commerce international.

"Il ne s'agit pas de blâmer les uns ou les autres", a assuré le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, en présentant mardi sa très attendue analyse des "déséquilibres" économiques entre pays européens. Ce n'était probablement pas l'avis du Premier ministre italien Mario Monti qui a man?uvré pour éviter la stigmatisation de la Péninsule. Dans une première version du rapport qui n'a pas été rendue publique, l'Italie était en effet singularisée comme un des quatre « cas pressants » aux côtés de la Hongrie, de Chypre et de l'Espagne. En cause : la dégradation constante de sa compétitivité depuis le milieu des années 1990. Cette perspective n'a pas plu à Rome qui l'a fait savoir. Dans la version présentée mardi par le commissaire européen et adopté par la Commission, les douze pays présentant des performances particulièrement inquiétantes sont réunis en un seul et même groupe.

Mauvaise performance du Royaume Uni

Parmi eux, la France dont la place dans le commerce mondiale s'est particulièrement dégradée ces dernières années. Entre 2005 et 2010, elle a reculé de près de 20% selon la Commission. Aucune des autres grandes économies européennes n'a connu un tel recul, à l'exception du Royaume-Uni (-24%). La part de marché de l'Allemagne n'a reculé que de 8%. La dégradation des exportations françaises pèse elle-même sur la position externe. Alors qu'entre 2007 et 2010, l'Allemagne affichait un excédent de la balance des paiements courants de 5,9%, le déficit français s'établissait à 1,7%.

N'en déplaise au commissaire aux Affaires économiques et monétaires, cet exercice dit d' « alerte précoce » consiste bel et bien à désigner les faiblesses ou les déviances des uns et des autres par rapport à une série de dix indicateurs allant du coût unitaire de travail à la balance des paiements courants en passant par la dette publique ou privée. C'est la première fois depuis l'entrée en vigueur de la réforme de la gouvernance économique européenne, en décembre 2011, qu'il est actionné. En fait d' "alerte", il s'agit d'une procédure très progressive et qualitative au terme de laquelle un pays peut encourir une sanction, tout sauf théorique. Dans le cas de la France, elle pourrait atteindre 2 milliards d'euros.

Prescriptions impératives

"Nous n'avons pas de modèle prescriptif. Nous voulons juste analyser ce qui peut poser problème pour la solvabilité d'un pays ou la stabilité de la zone euro", explique une source européenne. Dans les mois à venir, "nous allons mieux analyser les causes derrière ces pertes de parts de marché et l'empilement des dettes", a expliqué Olli Rehn depuis Strasbourg où se réunissait la Commission européenne. Ce passage au crible des performances ou contre-performances est un préalable à des recommandations par pays plus précises. Celles-ci, si elles ne sont pas repoussées par les ministres des Finances des Vingt-Sept, sont transformées en prescriptions impératives. C'est leur non-mise en ?uvre qui peut éventuellement déboucher sur une amende.

Le grand tabou de cet exercice reste le formidable excédent de l'Allemagne. La Commission ne s'interdit certes pas en théorie de signaler un excédent excessif. Mais en pratique, la limite haute de la balance des paiements courants a été fixée à 6%, juste au-dessus du solde allemand (5,9%). « Ce seuil peut sembler élevé. Il a été discuté » au plus haut niveau, a reconnu mardi une source européenne. « Nous n'ignorons pas le problème, (mais) la priorité est la réduction des déficits », a-t-elle ajouté.
 

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Commentaires
a écrit le 14/02/2012 à 23:48 :
Et bien s'ils n'ont que ça à nous reprocher, c'est rien par rapport à ce qui se passe en réalité. Il s sont tous sur une autre planète.. où à l'asile..

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