Le plan d'austérité imposé à la Grèce divise le Parlement européen

La gauche s'indigne de la dureté des mesures imposées aux Grecs. Une critique qui trouve certains relais à droite. Mario Monti met en garde contre l'idée d'une "exclusion" d'Athènes. Pour la Commission, il n'y a pas d'alternative.

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Seance Pleniere. Intervention de Guy Verhofstadt, President du groupe ADLE Copyright Reuters

" Oui, on a demandé une diminution des salaires et des pensions. Mais vous avez une alternative ? Le défaut ? Une faillite ? Le Parlement grec l'a très bien compris ". Le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, est quelque peu sorti de ses gonds mercredi devant le Parlement européen, après une salve de critiques à l'encontre des mesures de rigueur draconiennes imposées à Athènes par la troïka de créanciers internationaux. La crise grecque et l'austérité qui règne un peu partout dans l'UE ont donné lieu mercredi à un échange de vues musclé dans l'hémicycle de Strasbourg entre partisans et défenseurs de la rigueur. A cette occasion, l'eurodéputé vert Daniel Cohn-Bendit a tiré à boulets rouges sur les fonctionnaires et membres de la Commission européenne, accusés de mettre "une pression inacceptable" sur le peuple grec en échange d'une aide financière. "Si ce sont les talibans néo-libéraux qui règnent en Europe, alors c'est mal parti!", a fait valoir Cohn-Bendit. "La troïka agit de façon criminelle en Grèce en lui imposant toujours plus de mesures d'austérité. On ne peut pas mettre en permanence ce peuple à genoux", a ajouté l'ancien leader de mai 68.

Une sortie qui n'a pas plu au commissaire slovaque, qui a rétorqué qu'il n'y a pas de " talibans néo-libéraux à la Commission, mais des fonctionnaires qui travaillent dur pour éviter une banqueroute de la Grèce ". Ces fonctionnaires travaillent "jour et nuit, sans pause estivale et sans congé" dans ce but et "la Grèce n'a pas d'allié plus proche que la Commission", a ajouté Sefcovic. Ce dernier a rappelé " l'effort de solidarité sans précédent" de l'Europe, qui a investi "au total plus de 300 milliards d'euros" pour secourir la Grèce.

Si les propos de Daniel Cohn-Bendit ont été jugés excessifs par beaucoup, il n'en reste pas moins que le cas grec continue à susciter de nombreux commentaires. Le groupe socialiste a ainsi annoncé l'envoi en Grèce d'une "troïka alternative", composée de trois membres, chargée de proposer un "autre programme" pour réduire le déficit, en particulier en "luttant véritablement contre l'évasion fiscale". Dans les rangs des groupes des libéraux et des conservateurs, les conditions dans lesquelles sont imposées les mesures d'austérité à Athènes ne font pas non plus l'unanimité. L'UE "essaie d'imposer la stabilité par la force. C'est en contradiction avec tout ce qui a été fait sur ce continent depuis 1950", s'est inquiétée la libérale française Sylvie Goulard. Le chef de groupe des conservateurs (PPE), Joseph Daul, a pour sa part jugé "très insuffisantes" les mesures de relance promises par les instances européennes pour contrebalancer les coupes budgétaires.

Toute l'ambigüité du problème grec a sans doute été résumée lors de l'intervention du chef du gouvernement italien, Mario Monti, qui était lui aussi présent à Strasbourg. Ce dernier a reçu un concert de louanges de la part des eurodéputés, qui ont salué ses efforts pour redresser les finances publiques italiennes. Lors de son intervention devant la plénière, l'ancien commissaire européen a admis que la cure d'austérité réclamée aux Grecs était du jamais vu en Europe, mais qu'elle faisait suite à des décennies de gabegie politique également sans équivalents. "La dureté avec laquelle la Grèce est traitée aujourd'hui peut nous pousser à considérer cela comme exagéré, et ça l'est probablement. Mais il ne faut pas oublier que les politiques menées en Grèce pendant de nombreuses années ont été un catalogue parfait des pires pratiques en Europe", a-t-il lancé. Mario Monti a toutefois mis en garde contre la tentation de sanctionner Athènes et d'exclure la Grèce de la zone euro. "Nous ne pouvons pas nous permettre que l'euro devienne un facteur de désagrégation et de séparation entre citoyens européens. Ce risque existe", a-t-il conclu.

Un article de l'Echo de Bruxelles. Plus d'information en cliquant ici

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Commentaire 1
à écrit le 18/02/2012 à 9:02
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Il ne faut pas oublier de rendre hommage à nos vaillants sénateurs qui souvent à 84 ans (et même plus) travaillent avec ardeur, désintéressement et abnégation pour le bien être des français. La France est le pays qui compte le plus d'élus et de fonc...

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