La rue d'Athènes poursuit sa mobilisation contre le plan de Bruxelles

Les syndicats, les chômeurs et les communistes ont prévu de descendre ce mercredi dans la rue à Athènes pour dénoncer la cure d'austérité exigée par la "troïka" (UE-FMI-BCE) en échange du nouveau prêt de 130 milliards d'euros accordé à la Grèce. Les députés doivent dans le même temps débattre d'un accord d'échange de dette pour éviter une faillite imminente.
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Le défilé devait partir de la place Syntagma, dans le centre de la capitale grecque où est située le Parlement, à 16h00. Dans le cortège devraient également figurer des groupes de deux-roues en colère et des journalistes en grève. La police a placé des barrières métalliques devant l'Assemblée pour tenter d'éviter une répétition des émeutes du 12 février. Athènes avait été le théâtre de violences, plusieurs bâtiments étant incendiés et saccagés par des jeunes gens.

Mardi, après une nuit d'ultimes tractations à Bruxelles, les ministres des Finances de l'Eurogroupe ont annoncé un accord sur un second programme de renflouement, évitant à la Grèce de sombrer dans la faillite ou de sortir de la zone euro. Le Premier ministre, Lucas Papadémos, a annoncé mardi que la Grèce devrait avoir achevé l'échange de dette prévu dans le cadre de son plan de sauvetage de 130 milliards d'euros autour du 10 mars au plus tard. La conclusion de cet échange de dette fournira des fonds dont la Grèce a cruellement besoin. Le 20 mars, le pays doit procéder à un remboursement de dette de 14,5 milliards d'euros.

Dans le cadre de l'accord, il est prévu que les investisseurs acceptent une décote de 53,5% de la valeur de leurs obligations. Si le Parlement vote la loi, des Clauses d'action collectives (Cac) contraindront les investisseurs à accepter l'échange, une fois que le seuil d'une participation des deux tiers sera atteint, a indiqué un ministre mardi soir. L'échange de dette est une partie très importante du plan de sauvetage. Il s'agit de ramener la dette grecque de 160% du produit intérieur brut (PIB) à 120,5% en 2020.

Un pays sous tutelle

La récession étant plus forte que prévu, la Grèce anticipe désormais un déficit budgétaire 2012 représentant 6,7% du PIB, contre un objectif précédent de 5,4%, selon le projet de loi sur les nouvelles mesures d'austérité publié mardi sur le site web du Parlement. Par ailleurs, mercredi matin, Fitch Ratings a annoncé abaisser la note à long terme de la Grèce de CCC à C, tout en confirmant la note à court terme C. La note de la Grèce chez Fitch n'est désormais plus qu'à un cran au-dessus du défaut.

Le chômage atteint désormais presque 21%, l'économie, en récession depuis cinq ans, s'est contractée de 16% depuis 2008 et la criminalité est en hausse. De nombreux Grecs sont particulièrement mécontents de voir que des inspecteurs européens seront présents de manière permanente dans le pays pour vérifier que le gouvernement applique bien les termes du nouveau plan de sauvetage. Pour beaucoup de citoyens, il s'agit d'une ingérence sans précédent qui montre que les partenaires européens, et au premier rang l'Allemagne, ne font plus confiance à la Grèce.

Dans un éditorial publié mercredi, le journal conservateur Eleftheros Typos souligne que la faillite du pays est évitée "pour l'instant". Le quotidien prévient que le plan de sauvetage est voué à l'échec "si la mise en place d'un programme d'austérité drastique - qui a mené le pays à un cercle vicieux de récession, avec un taux de chômage inégalé et une chute des revenus des travailleurs et des retraités (...) - continue". Le Parlement doit également adopter un programme de trois milliards d'euros d'économies dans le budget pour 2012, plan déjà appuyé par les députés ce mois-ci.

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