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ÉconomieUnion européenne

Quand l'Allemagne oublie son passé face à la crise de la zone euro

Florence Autret, à Bruxelles

Publié le 01 mars 2012 à 16:39 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 20:33

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Après 1989, l'Union monétaire germano-allemande s'est faite au prix de transferts massifs. La stratégie de la chancelière Angela Merkel contredit l'expérience de son prédécesseur, Helmut Kohl. Pourquoi ? Les préjugés anti-grecs ne sont pas seuls en cause.

Pas d'argent mais des réformes. C'est la potion allemande, désormais bien connue, pour les pays du Sud de l'Europe. Ils «ont reçu depuis 10 ans d'importantes ressources» financières de l'Union européenne (UE). «La bonne voie, pour ces pays, n'est pas davantage d'argent mais des réformes structurelles», a encore rappelé de Berlin une source gouvernementale à la veille du sommet européen de jeudi. Après la douloureuse déflation interne, la croissance reviendra, chante la fourmi allemande. En campant sur cette position, la République de Berlin n'est pas seulement de plus en plus en porte-à-faux avec une large partie des forces politiques et sociales en Europe. Elle est aussi en contradiction avec la République de Bonn.

Un choix contre toute logique économique

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Remontons vingt-trois années en arrière. 1989. Le Mur vient de tomber. Un autre démocrate-chrétien, Helmut Kohl, siège à la chancellerie qui n'est pas encore la grosse « machine à laver » berlinoise mais un modeste cube de verre noir posé à Bonn au bord du Rhin. L'opulente Allemagne de l'Ouest qui dispense des baisses d'impôts sur le revenu par dizaines de milliards de D-marks depuis quelques années se retrouve face à un problème totalement inattendu qui, à bien y regarder, ressemble sur plus d'un point à celui que l'Europe connaît aujourd'hui avec la Grèce. En même temps que la réunification politique, l'Allemagne de l'Ouest veut sceller l'union monétaire avec cette petite Allemagne, orientale et communiste et singulièrement plus pauvre qu'elle dont elle vient d'hériter. La productivité des travailleurs y est un tiers de ce qu'elle est à l'Ouest. Les usines sont vétustes, la production en berne. Mais Kohl ne veut pas traduire dans l'échange monétaire entre mark de l'Est et mark de l'Ouest cette «infériorité» orientale. Contre toute logique économique, il opte donc pour la parité : un mark de l'Est vaudra un mark de l'Ouest. Ce faisant, il grave dans le marbre en même temps que l'union monétaire entre les deux Allemagne un écart de compétitivité apparemment insurmontable qui n'est pas sans rappeler celui dont pâtissent aujourd'hui les Grecs ou les Portugais.

Florence Autret, à Bruxelles

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