Londres songe à privatiser ses autoroutes
Tristan de Bourbon, à Londres
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Le Premier ministre David Cameron prouve une fois de plus qu?il était prêt à satisfaire les demandes du patronat britannique. Dans un discours largement attendu, il a en effet mis sur la table la privatisation des autoroutes nationales. "Nous avons besoin de bonnes routes et nous devons prendre en compte des approches innovantes pour leur financement", a-t-il expliqué dans un discours prononcé lundi. "Pourquoi les autres infrastructures, comme l?eau, sont-elles financées par les capitaux du secteur privé à travers des entités privées réglementées de manière indépendante, tandis que les routes exigent du financement public ?", s'est-il interrogé.
Une valeur de 100 milliards de livres en cas de privatisation totale
Le Premier ministre a proposé plusieurs moyens de réduire le spectre d?action de l?Etat. "Le péage est une option, mais uniquement pour les nouvelles constructions, pas pour celles déjà existantes", a-t-il voulu rassurer. "Mais nous devons être plus ambitieux. Nous devons chercher de manière urgente les options pour obtenir un investissement privé important de la part de fonds souverains étrangers, de fonds de pension et d?autres investisseurs", a-t-il argumenté.
Ces idées viennent tout droit de la Confédération de l?industrie britannique, le lobby des principales entreprises du pays. A la suite de la publication en 2010 d'un rapport de la banque NM Rotschild suggérant que l?Etat pourrait empocher 100 milliards de livres (118 milliards d?euros) dans le cas d'une cession intégrale de l'ensemble de ses actifs routiers, le directeur exécutif du patronat John Cridland avait suggéré en novembre dernier qu?"en échange de la mise en place de péages, nous pouvons nous charger de la construction d?autoroutes. Cela bénéficiera directement aux échanges intérieurs."
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Un rapport publié au même moment par la RAC Foundation, un centre de recherche autrefois lié au Royal Automobile Club, avait pointé les importants retards en la matière du pays et expliquait que les dix principaux projets aujourd?hui suspendus engendreraient d?importants revenus : plus de 6 livres pour chaque livre investie. D?où l?empressement des opérateurs privés à vouloir prendre la place de l?Etat?
Tristan de Bourbon, à Londres