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Premier ministre néerlandais recherche soutien désespérément

Agathe Machecourt

Publié le 24 avril 2012 à 17:13

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Ne pouvant plus compter sur le parti d'extrême droite de Geert Wilders, qui a fait tomber le gouvernement et poussé le Premier ministre a présenter sa démission lundi, Mark Rutte a appelé ce mardi l'opposition à le soutenir dans son projet de budget de rigueur. Les grandes lignes de ce budget doivent être présentées à Bruxelles d'ici lundi.

C'est un acte presque désespéré. Lâché par son allié d'extrême droite, Mark Rutte se retouve contraint de se tourner vers l'opposition. Le Premier ministre démissionnaire néerlandais a ainsi appelé ce mardi le Parlement à soutenir les mesures de réduction du déficit public proposées par son gouvernement. "L'immobilisme n'est pas bon pour les Pays-Bas", a-t-il argué lors d'une allocution devant le parlement à La Haye. "Les problèmes sont trop graves", a-t-il poursuivi. "L'économie trébuche, le marché du travail est sous pression et la dette publique augmente plus vite que nous ne pouvons nous le permettre", a-t-il énuméré évoquant une "réalité à laquelle nul ne peut échapper". Le Premier ministre démissionnaire doit rallier en urgence une majorité à sa cause afin de pouvoir présenter un projet de budget 2013 dont les grandes lignes doivent être révélées à la Commission européenne d'ici lundi.

Un gouvernement à la recherche de 16 milliards d'euros d'économies pour satisfaire Bruxelles

Le temps presse donc. L'Europe attend de ce projet de budget des mesures de rigueur qui permettraient de ramener le déficit public en dessous de 3 % comme exigé par les critères de Maastricht. En 2011, les comptes publics affichaient un déficit de 4,7 % du produit intérieur brut (PIB). C'est pourquoi la coalition a planché ces dernières semaines sur l'établissement d'un budget qui permettrait de réaliser quelque 16 milliards d'euros d'économies budgétaires pour 2013. Et il a échoué.

Le rejet du projet, samedi, de Geert Wilders et de son parti d'extrême droite - jusqu'alors alliés du Premier ministre dans la coalition formée -, a en effet porté le coup fatal au gouvernement dirigé par Mark Rutte. Ce dernier a présenté sa démission lundi à la reine Beatrix.

"La règle des 3 % n'est pas sacro-sainte"

Alors que le Premier ministre a tenté, ce mardi, dans un discours catastrophiste, de convaincre les partis d'opposition de soutenir son projet de budget, Geert Wilders a, lui, défendu la préférence nationale. "Ma loyauté va en premier lieu aux Pays-Bas, et non à Bruxelles", a déclaré le leader d'extrême droite devant le parlement. "Nous sommes les maîtres de notre propre maison, les maîtres de notre propre pays", a-t-il insisté, rappelant que "la règle des 3% n'est pas sacro-sainte pour nous".

Celui qui a fait chuter le gouvernement néerlandais ce week-end a d'ailleurs dénoncé un paquet de mesures qui "étouffent trop le citoyen". Le régime sec proposé par le gouvernement de centre-droit mêle hausse de la TVA, gel des salaires des fonctionnaires et réduction des budgets de santé et d'aide aux pays en développement

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La remise en cause du principe de Maastricht n'est cependant pas l'apanage du PVV, le parti de Geert Wilders. Pour le chef de file du parti travailliste PvdA - deuxième force politique du pays avec 30 sièges de députés sur 150 - Diederik Samsom, le bon choix serait peut-être de ne pas "s'accrocher à tout prix aux 3%". Acculé et cherchant l'ouverture, le parti de Mark Rutte VVD s'est dit "prêt à négocier" tout en précisant qu'il était "évident" que le déficit public devait être réduit.

Élections anticipées en septembre

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La démission du gouvernement ouvre de fait la voie à de probables élections anticipées. Ces dernières pourraient se tenir le 12 septembre, a annoncé le Premier ministre démissionnaire. Ce qui ne convient pas à plusieurs partis d'opposition, dont le parti travailliste PvdA, et au PVV, qui souhaitent que les électeurs puissent se prononcer avant l'été. Le conseil électoral, chargé d'organiser les élections avait proposé la date du 5 septembre. La question sera tranchée vendredi par le Conseil des ministres.

Agathe Machecourt

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