Italie : de nouvelles forces politiques émergent lors des municipales

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Beppe Grillo, leader du mouvement 5 étoiles. Copyright AFP
Beppe Grillo, leader du "mouvement 5 étoiles". Copyright AFP
Le renouvellement de plus de 900 conseils municipaux en Italie a pris des allures de tremblement de terre. Les partis traditionnels sortent affaiblis du scrutins tandis que de nouveaux acteurs, notamment le parti du blogueur Beppe Grillo, émergent.

Dernière étape de ce week-end électoral européen : l?Italie. On votait en effet ce dimanche et ce lundi matin dans 942 municipalités de la péninsule, parmi lesquelles quelques grandes villes comme Vérone, Palerme, Gênes ou Parme. Neuf millions d'électeurs, soit un cinquième du corps électoral italien étaient appelés aux urnes. C?était un test électoral pour le gouvernement technocratique de Mario Monti soutenu par le centre-gauche et le centre et le parti de Silvio Berlusconi.

Le "mouvement 5 étoiles"

La grande sensation de ces élections, c?est l?émergence du « Mouvement 5 étoiles » de Beppe Grillo, un ancien humoriste devenu blogueur anti-Berlusconi. Ce parti, libertarien et antisystème, défenseur de la « démocratie Internet », n?est pas sans rappeler les Pirates allemands. Il est aussi un des partis les plus opposés à la politique de Mario Monti. Il séduit un grand nombre d?électeurs anciens abstentionnistes, déçus de la gauche et de la droite ou même de la Ligue du Nord. Fondé en 2009, il avait obtenu au niveau local quelques bonnes performances, notamment 7 % des voix aux régionales en Emilie-Romagne.

Nouvelle troisième force

Mais cette fois, le résultat est plus éclatant. A Parme, son candidat a obtenu 22 % des suffrages selon les premières projections et ira au second tour face au candidat du centre-gauche qui a obtenu 34 % des voix. A Gênes, le candidat de Beppe Grillo obtient 14 % et arrive en troisième position derrière le candidat centriste qui obtiendrait 16 %. A Vérone, même scénario, le candidat du « Mouvement 5 étoiles » obtient 12 % et arrive troisième. « Nous sommes le troisième pôle de la vie politique italienne », a proclamé Beppe Grillo juste après les premières projections.

Effondrement des Berlusconiens

Globalement, même si le centre-gauche est en tête à Parme et Gênes et que la Ligue du Nord a emporté Vérone dès le premier tour, c?est la faiblesse des partis traditionnels qui ressort de ce scrutin. Les candidats du parti de Silvio Berlusconi s?effondrent partout. Ils obtiennent 12 % à Gênes, 13 % à Palerme, 9 % à Vérone, 5 % à Parme ! Dans le nord, malgré le succès de Vérone, la Ligue du Nord, affaiblie par des scandales de corruption, recule fortement dans ses bastions traditionnels. A l?inverse, à Palerme, Leoluca Orlando, combattant anti-mafia et candidat de « l?Italie des Valeurs », le parti de l?ex-juge anti-corruption Antonio di Pietro, symbole de l?opération Mains Propres du début des années 1990, obtient 46,3 % des voix, devançant le candidat de centre-gauche de près de 30 points !

Si les résultats de ce scrutin local se confirment au niveau national en 2013, le tremblement de terre politique sera considérable dans la Péninsule. Encore une fois, la crise de la dette et l?austérité auront secoué les cadres traditionnels de la politique.

 

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Commentaires
a écrit le 08/05/2012 à 9:33 :
"Le vent se lève" en Europe ! Même si l'essentiel de la réussite des luttes des peuples ne s'obtiendra pas surtout et uniquement par les urnes, des faits révélateurs en Grèce puis en Italie annoncent l'éveil d'une nouvelle conjoncture politique internationale, comme prévu sauf chez les partisans-profiteurs du conservatisme libéral destructeur.

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