Mario Monti déterminé à l'épreuve de force avec les syndicats
Robert Lavéran, à Rome
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Mario Monti avait prévenu qu'en cas de blocage, il irait malgré tout de l'avant. Mardi soir, le président du Conseil italien a ainsi pris le risque de défier le syndicat Cgil qui a proclamé une première grève générale de seize heures pour s'opposer à la réforme du marché du travail qui sera dès demain présentée officiellement par le gouvernement. Au terme de deux mois de négociations réunissant l'ensemble des partenaires sociaux autour du ministre du Travail Elsa Fornero, la principale confédération de la péninsule avec plus de cinq millions d'adhérents a en effet appelé à la mobilisation contre ?les licenciements faciles?. Mario Monti a de son côté expliqué avec fermeté: ?nous regrettons que la Cgil n'ait pas approuvé le texte. Cela me désole et me préoccupe mais à un certain moment, nous nous sommes retrouvés dans une situation telle que pour obtenir l'approbation des uns, nous aurions perdu celle des autres?. A savoir les trois autres grands syndicats (Cisl, Uil, Ugl) et le patronat globalement favorable à la profonde modification du code du travail. ?Il s'agit d'une décision historique? s'est félicitée Emma Marcegaglia, la présidente de Confindustria qui a salué la réforme en profondeur des contrats, des conditions de licenciements et des amortisseurs sociaux.
Remise à plat
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Concrètement, le texte prévoit une remise à plat de l'actuelle règlementation ?avec la conviction de servir les intérêts des travailleurs du pays? a insisté Mario Monti. L'Italie fait face à un marché du travail bloqué, un taux de chômage des jeunes dépassant les 30% et une précarité endémique. Le projet gouvernemental stipule notamment que les contrats à durée déterminée ne pourront plus être renouvelés au délà de 36 mois sous peine d'une augmentation des contributions sociales. D'autres mesures visent aussi à limiter les contrats à temps partiel ou les emplois intermittents. Pour protéger davantage les jeunes qui entrent sur le marché du travail, un ?contrat d'apprentissage? sera établi en remplacement des stages non rémunérés. Parallèlement à cette limitation des emplois précaires, le gouvernement a assoupli les conditions de licenciement avec toutefois l'introduction, à partir de 2017, d'un nouveau ?modèle universel? d'indemnisation chômage? qui sera valable 12 mois et jusqu'à 18 mois pour les plus de 58 ans.
Robert Lavéran, à Rome
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