Les métallos italiens fédèrent les mécontents de la politique de Monti

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Maurizio Landini, secrétaire général de la Fédération de la métallurgie italienne (FIOM)/AFP
Maurizio Landini, secrétaire général de la Fédération de la métallurgie italienne (FIOM)/AFP
Le médiatique secrétaire général de la Fédération des travailleurs de la métallurgie (Fiom), Maurizio Landini, pourfend la politique sociale du gouvernement. Et son organisation devient le fer de lance qui réunit l'ensemble des citoyens qui s'opposent à Mario Monti.

Pour avoir organisé la première grève générale contre le gouvernement de Mario Monti, Maurizio Landini est désormais beaucoup plus qu'un simple dirigeant syndical. Dans un pays en proie au doute et alors que la classe politique transalpine est totalement déconsidérée (seuls 4% des Italiens font confiance aux partis, selon un récent sondage), il apparaît de plus en plus comme le porte-parole d'une partie de la population inquiète et indignée.

Régulièrement invité sur les plateaux de télévision, le responsable de la Fiom (la branche métallo du syndicat Cgil), à l'allure adolescente malgré ses cheveux gris, se veut l'interprète d'un "changement de modèle social" et non plus seulement le leader de luttes ponctuelles et syndicales. "Comment ne pas voir les liens entre les batailles en faveur des droits et la démocratie dans le travail avec celles en défense des droits et de la démocratie dans la société", s'interrogeait-il vendredi dernier dans les pages du quotidien Il Manifesto à la veille de la grève générale et de la manifestation qui a réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes (50.000 selon les organisateurs) dans les rues de Rome.

La Fiom réussit à rassembler

Car aux côtés des métallurgistes, dans leurs bleus de travail, la Fiom est parvenue à agréger les étudiants en colère, les ouvriers et les précaires, les petits agriculteurs, les défenseurs des services publics, les opposants à la construction de la ligne Tgv Lyon-Turin et plus généralement certains électeurs de la gauche traditionnelle. Ces derniers ne se reconnaissent plus dans la ligne des partis que ce soit le modéré Parti démocrate dont quelques représentants minoritaires se sont joints au cortège ou les vieilles formations communistes qui espèrent profiter de la mobilisation et du mouvement. Même la maison mère de la Cgil craint d'être débordée.

L'objectif n'est pas seulement de contester la politique d'austérité de Mario Monti ou la volonté du gouvernement de modifier l'article 18 du code du travail qui réglemente les licenciements discriminatoires, mais il s'agit d'exprimer son refus de payer les frais de la crise à l'instar, dans une certaine mesure, des "Indignés" de Wall street ou de Madrid. En Italie, à travers la figure de Maurizio Landini, la Fiom, qui ne représentait autrefois que la vieille classe ouvrière de l'industrie lourde et qui compte encore plus de 350.000 adhérents, s'emploie ainsi à cristalliser un désarroi général. Notamment autour de sa bataille emblématique contre Sergio Marchionne, patron de Fiat, qui a sorti la Fiom des usines. Au cours des derniers mois, l'administrateur délégué de la firme automobile a en effet soumis à référendum des nouveaux contrats de travail prévoyant en substance une augmentation des rémunérations contre des conditions de travail plus dures.

La Fiom renforcée par son exclusion de chez Fiat

En cas de rejet, Sergio Marchionne menaçait de délocaliser les centres de production. La proposition a finalement été entérinée dans la douleur malgré l'opposition de la Fiom qui depuis n'est plus considérée comme un interlocuteur légitime par les dirigeants de Fiat et ne siège donc plus dans les réunions du groupe avec les représentants syndicaux. Paradoxalement, cette exclusion a renforcé la Fiom au niveau national et son leader qui tente de structurer une contestation diffuse dans le pays.

 

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